20 ans de REC : les artistes de la 42ème rue du 8 septembre. Dong Michaxu

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Dong Michaxu © Guo Hu

Quelle fut votre pre­mière émo­tion, ou votre plus grande émo­tion liée à une comédie musi­cale ?
Quand j’étais à l’université à Pékin, j’ai eu la chance d’incarner un rôle prin­ci­pal dans une troupe de la comédie musi­cale Mam­ma Mia! J’avais l’impression qu’on aurait la pos­si­bil­ité d’ou­bli­er tous les soucis de la vie en chan­tant et en dansant. C’était comme un par­adis, même quand on répé­tait. À ce moment-là, je me suis ren­du compte que c’est ça, le sen­ti­ment d’aimer quelque chose. Puis un an après, on m’a invité à met­tre en scène la comédie musi­cale Rent à l’école. Cette expéri­ence m’a fait réfléchir à la vie, à la mort, au plaisir et à la douleur. J’ai pleuré plusieurs fois à cause de l’histoire et aus­si pour les expéri­ences que j’ai vécu avec l’équipe. Je me suis dis que c’est bien ça que je voudrais faire dans ma vie. Vivre les émo­tions!

Pour vous quels sont les ingré­di­ents pour une comédie musi­cale par­faite ?
Pour moi, le plus impor­tant c’est de racon­ter l’histoire, même en chan­tant et dansant. On devrait tou­jours rester dans la nar­ra­tion. Comme ça le spec­ta­teur peut rester con­nec­té dans une émo­tion cohérente. Un bon rythme pour la nar­ra­tion avec de la musique et de la danse assure une comédie musi­cale par­faite. Et puis une bonne com­po­si­tion car la musique est l’âme de la comédie musi­cale. C’est la musique qui tourne dans notre tête après avoir vu le show. La musique nous rap­pelle les sen­ti­ments ressen­tis pen­dant le show et les moments où les per­son­nages nous ont fait vibr­er. Et puis bien sûr une bonne mise en scène, un bon décor, des beaux cos­tumes sont autant d’in­gré­di­ents pour obtenir à coup sûr une belle comédie musi­cale.

Vous faîtes par­tie de la généra­tion émer­gente, quel sens cela a‑t-il pour vous ?
J’imagine que cela veut dire que l’avenir nous réserve de mul­ti­ples pos­si­bil­ités. Je me suis dis qu’il faut faire l’effort de me per­fec­tion­ner sans cesse pour pou­voir mieux inter­préter les dif­férents per­son­nages. Et je crois qu’un jour, nous pour­rions créer de belles choses qui appar­ti­en­nent véri­ta­ble­ment à notre généra­tion et notre époque.

Quel rôle rêvez-vous d’incarner ?
Un soir j’ai fait un rêve : j’avais 40 ans et j’étais sur scène en train de chanter « The Amer­i­can Dream » dans Miss Saigon, en dif­férentes langues ! Le rôle drôle et en même temps pathé­tique d’Engi­neer, m’a tou­jours fasciné, dès ma décou­verte du spec­ta­cle.

Si vous pou­viez deman­der à un auteur com­pos­i­teur d’écrire un rôle spé­ciale­ment pour vous, quel serait-il ?
Ce qui m’a­muse c’est jouer tous les gen­res de rôles. Parce qu’ils m’offrent des occa­sions d’être quelqu’un d’autre, de vivre leurs vies. C’est fasci­nant. Mais si un auteur com­pos­i­teur souhaitait bien écrire un rôle pour moi, j’imagine que le rôle serait peut-être inspiré par moi. Ma per­son­nal­ité serait celle du per­son­nage, avec ma vision sur la vie et le monde. Wow, ce serait une expéri­ence mer­veilleuse.

Sur quel pro­jet tra­vaillez-vous en ce moment?
Je suis en pleine répéti­tion d’une comédie musi­cale orig­i­nale qui s’appelle Léonard, au bout du con­te. On va jouer du 25 au 28 sep­tem­bre 2019 au Théâtre de la Jon­quière. J’adore créer ce spec­ta­cle avec la troupe !