C’est Nina Qui M’a Dit (Critique)

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Résumé :
Frank Zap­pa a dit : « Le Jazz n’est pas mort, il a juste une drôle d’odeur ». Et cette « drôle d’odeur », c’est celle d’Alix et Camille, deux amies per­dues de vue qui se retrou­vent pour pré­par­er le mariage d’Alix.

« Les chanteuses de Jazz telles que Nina Simone ou encore Ella Fitzger­ald étaient des femmes fortes, qui géraient leur car­rière d’une main de fer et para­doxale­ment menaient une vie sen­ti­men­tale chao­tique, allant de décep­tions en peines de coeur. C’est exacte­ment de cela dont on veut par­ler.
En chan­tant du Jazz, nous voulons garder à l’esprit que ce style musi­cal est né d’une envie d’égalité et de jus­tice et que le com­bat des femmes per­dure pour les mêmes raisons.» Clotilde Tardy et Alis­sia Esteve

Notre avis :

Camille et Alix étaient très proches mais elles ne se sont plus revues depuis des années. Camille apprend qu’Alix va se mari­er en faisant la con­nais­sance d’Holly, une de ses nou­velles amies. De nom­breux sou­venirs vont remon­ter à la sur­face et cette soirée lais­sera des traces…

En par­lant de l’Alix d’hi­er et d’aujourd’hui, les jeunes femmes évo­quent la rela­tion entre Camille et Alix et font émerg­er des non-dits accu­mulés pen­dant plusieurs années. Plus glob­ale­ment, cet échange leur per­met aus­si de faire part de leurs points de vue respec­tifs sur le rôle de la femme dans la société, sur ses attentes, ses choix… Les dia­logues de C’est Nina Qui m’a Dit alter­nent entre humour, amer­tume, pointes de provo­ca­tion. La mise en scène et les éclairages soulig­nent effi­cace­ment ces change­ments de reg­istre et d’am­biance.

Clotilde Tardy et Alis­sia Esteve ont eu la bonne idée d’inclure des touch­es de jazz dans le spec­ta­cle, met­tant en avant le réper­toire de chanteuses de tem­péra­ment telles que Nina Simone, artiste mil­i­tante. Les deux comé­di­ennes font hon­neur à des artistes qui sem­blent les avoir inspirées et mar­quées.

C’est Nina Qui m’a Dit se révèle être un spec­ta­cle bien moins inno­cent que ce que les pre­mières scènes lais­sent augur­er. Le spec­ta­teur devra bel et bien se méfi­er jusqu’au bout des apparences afin de le savour­er pleine­ment !