Le cabaret blanche (Critique)

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  de Cristos Mitropou­los et Léo Guil­laume, avec la par­tic­i­pa­tion d’Ali Bougher­a­ba

Mise en scène Cristos Mitropou­los et Léo Guil­laume, choré­gra­phie Camille Favre-Bulle, décors Olivi­er Hébert et Annie Giral, cos­tumes Vir­ginie Bréger et Chris­t­ian Cour­celles, acces­soires Gré­go­ry Aiban, lumières David Dar­ri­car­rère, son Math­ieu Cacheur, arrange­ments musi­caux Patrick Gavard-Bon­det, Stéphane Bou­ba Lopez, Djamel Taouacht

Avec  Camille Favre-Bulle, Syl­vain Deguil­lame, Pierre Babo­lat, Ben­jamin Fal­l­et­to, Patrick Gavard-Bon­det, Stéphane Bou­ba Lopez, Cristos Mitropou­los, Djamel Taouacht

1914, pre­mière guerre mon­di­ale. Pip­po Pépino, fils d’immigré ital­ien, rêve d’intégrer un rég­i­ment en tant que tam­bour-major et ain­si de retrou­ver son cousin enrôlé au Front. Le voy­age qu’il entre­prend l’amènera alors dans les couliss­es du Cabaret Blanche, énig­ma­tique et fameux cabaret parisien dont il a tant enten­du par­ler…

Le Cabaret Blanche est une épopée bur­lesque et poé­tique, touchée par la grâce du ciné­ma muet. Venez décou­vrir à tra­vers cette his­toire orig­i­nale une galerie de per­son­nages décalés, touchants et drôles, mais aus­si un réper­toire de chan­sons oubliées qui se révè­lent éton­nam­ment mod­erne, en lien avec notre temps et qui n’a pas per­du de sa force, de son cynisme et de sa poésie.

Mes­dames et Messieurs, bien­v­enue au Cabaret Blanche !

Notre avis : Cristos Mitropoulous et Léo Guil­laume pro­posent un spec­ta­cle à la tonal­ité orig­i­nale. Une œuvre qui, certes, s’appuie sur des airs exis­tants, mais qui sont pas ou peu con­nus et ne nuisent pas à la per­cep­tion de l’histoire comme étant inno­vante. Nous suiv­ons ain­si le par­cours de Pipo qui, alors qu’il cherche son cousin qui fait la guerre (lui a été réfor­mé), va ren­con­tr­er la troupe inter­lope du Cabaret Blanche dirigé par celui/celle qui lui donne son nom. Une femme trav­es­tie inquié­tante, veil­lant sur sa sœur Vio­lette. Cette dernière n’aura d’yeux que pour Pipo, bien sûr. Les deux jeunes gens parvien­dront-ils à échap­per aux griffes acérées de Blanche ?

D’emblée la scéno­gra­phie frappe par son inven­tiv­ité et la poésie qui s’en dégage. Une struc­ture métallique fig­ure le cabaret, mais aus­si une bouche de métro, une loge, etc. Tout un tra­vail soigné et intel­li­gent avec les objets. L’intrigue  l’est tout autant, même si cer­tains élé­ments dra­maturgiques nav­iguent dans un flou qui n’apporte rien : la rela­tion entre Blanche et Vio­lette, par exem­ple. Le trau­ma­tisme que Blanche a vécu restera mys­térieux, là aus­si c’est un peu dom­mage. Toute­fois l’écriture s’avère sophis­tiquée, mélangeant plusieurs tem­po­ral­ités. Ain­si ce chœur antique com­posé de trois hommes qui inter­prè­tent des airs décalés, issus d’un réper­toire bien plus mod­erne que celui inter­prété par Sandex, l’homme de con­fi­ance du cabaret (et hom­mage direct aux Dranem et con­sorts) qui, lui, régale l’assistance avec des chan­sons exhumées du pre­mier tiers du XXème siè­cle. De belles idées ponctuent le spec­ta­cle, remar­quable plus par des moments pure­ment poé­tiques que par un ensem­ble homogène. Ce spec­ta­cle fait mon­tre d’une ambi­tion rafraîchissante, servie par des comé­di­ens qui ne sont jamais meilleurs que lorsqu’ils délais­sent une sorte d’outrance un peu atten­due pour dévoil­er leurs fêlures. Un spec­ta­cle à décou­vrir.