Londres — Whisper House (Critique)

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Musique et lyrics : Dun­can Sheik
Livret et lyrics : Kyle Jar­row
Mise en scène : Adam Lenson
Avec Simon Bai­ley, Nicholas Goh, Simon Lip­kin, Niamh Per­ry, Dianne Pilk­ing­ton

Résumé : Durant la Sec­onde Guerre Mon­di­ale, un gamin qua­si-orphe­lin — son père pilote est mort au com­bat et sa mère en est dev­enue folle — est recueil­li par une tante boi­teuse, recluse dans un phare qu’on dit han­té sur la Côte Paci­fique et ayant pour unique com­pag­nie un assis­tant dis­cret d’origine japon­aise. S’engage alors une angois­sante intrigue faite de secrets de famille, amours impos­si­bles et exal­ta­tion patri­o­tique, une spi­rale vers le drame inspirée par quelques malins esprits.

Notre avis : Sur le papi­er, Whis­per House a tout pour réus­sir : une intrigue et des per­son­nages dis­posant d’un fort poten­tiel dra­ma­tique, une troupe large­ment créditée dans le West End et surtout des musiques de Dun­can Sheik (Spring Awak­en­ing, Amer­i­can Psy­cho) qui est par­ti­c­ulière­ment à l’aise avec les atmo­sphères lour­des de non-dits.

Mal­heureuse­ment, le spec­ta­cle ne parvient pas à envoûter son pub­lic. Comme sou­vent au théâtre, les fan­tômes sont plus ridicules qu’inquiétants, vague­ment plus graves et pâles que les autres per­son­nages, inter­agis­sant avec eux par des mou­ve­ments exagérés ten­tant vaine­ment d’exprimer leur puis­sance avec une cer­taine poésie cor­porelle. Ils sont deux, un cou­ple con­damné à l’amour éter­nel, seuls à chanter tan­dis que les autres effectuent les “clips” et les chœurs. Les chan­sons, avant tout nar­ra­tives et sans esprit, se suc­cè­dent et se ressem­blent. Elles com­men­cent par une intro gémis­sante portée par une gui­tare dont on peine à devin­er la mélodie, puis explosent dans un refrain hurlé par-dessus l’orchestre qui se déchaîne. A la pre­mière écoute, ça a l’aspect du Spring Awak­en­ing mais sans en avoir la saveur. Pour finir, les secrets de famille sont éven­tés… dans tous les sens du terme.

Bref ça tombe à plat ou plutôt ça tourne en rond, lit­térale­ment, autour du puits au milieu de la scène représen­tant le phare. Les places à £15 ne se vendent pas, c’est un véri­ta­ble [#spoil­warn­ing] naufrage !