Les Folies Gruss

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Carrefour des Cascades – 75016 Paris.
Prolongations jusqu’au 29 mars 2026. Du jeudi au samedi 21h, les samedis et dimanches à 15h. Tous les jours durant les vacances scolaires à 15h et 21h.
Toutes les infos sur le site des Folies Gruss.

Quand les arts équestres de la plus célèbre famille de cirque de France rencontrent la comédie musicale, c’est une folie ! Mieux ce sont les Folies Gruss !

Pour son retour parisien, la Compagnie Alexis Gruss est parvenue une fois encore à se renouveler, offrant un spectacle inédit, innovant, dépoussiérant totalement le genre et démontrant –si besoin était– l’étendue de ses nombreux talents.
Avec ses cinquante étalons, de dix races différentes, son nom prestigieux, sa longévité –plus de cinquante créations à son actif–, il fallait une idée originale pour mettre à l’honneur la Compagnie fondée en 1974 par le grand Alexis.

La disparition du patriarche, il y a presque deux ans, a involontairement donné naissance au fil conducteur du spectacle 2026 : « Un hommage à papa, avec tout ce qu’il nous a transmis » explique Firmin au centre de la piste. Autrement dit, une remontée du temps à travers les numéros mythiques qui ont fait la réputation de la troupe ces dernières décennies.

Véritable pièce de théâtre, mise en scène par Stephan Gruss, une douzaine de tableaux variés, revient ainsi sur la saga de cette tribu pas comme les autres, le tout, parsemé de chansons originales, interprétées par tous les membres de cette famille unique. Tous jouent leur propre rôle : celui d’artistes qui inventent, travaillent, se souviennent et partagent, celui de descendants, qui doutent, apprennent, s’entrainent et transmettent, celui d’hommes et de femmes, dont l’amour de l’art, la passion des chevaux et le souci de la transmission restent l’éternel moteur.

©-Olivier Brajon

Le ton est donné dès le tableau d’ouverture : Une cinquantaine de chevaux, ibériques, lusitaniens, chevaux de trait, pur-sang arabes… évoluent dans un merveilleux carrousel qui vaut, à lui -seul, le détour.

S’en suit un émouvant hommage à Gipsy Gruss. L’épouse du grand Alexis, a quasiment tout fait sur la piste. L’occasion pour ses enfants et petits-enfants de la mettre à l’honneur, en interprétant avec tendresse un entrainant « Elle l’a fait ». Accompagnant leur prestation, des photos et vidéos d’époque sont projetées. La toile du chapiteau devient écran. Aujourd’hui encore, du haut de ses 80 ans, elle continue à présenter un numéro de liberté. Avec grâce et élégance. L’histoire continue !

©-Olivier Brajon

Place ensuite à un festival : Sketchs, démonstrations et acrobaties équestres ou aériennes se succèdent sans le moindre temps mort. La voltige cosaque avec Charles, et les jockeys présentés par Jeanne et Célestine, alternent avec les chevaux cabrés de Maud. Alexandre et Olivia impressionnent avec leurs poses équestres tandis que Firmin et Svetlana s’envolent dans les airs. « Chaque scène révèle un pan de notre patrimoine familial » confie Stephan Gruss qui présente une impeccable cabriole, avec maestria et pédagogie. La nouvelle génération n’est pas en reste : La benjamine Jeanne Gruss et sa cousine Venecia Flores, s’emparent des cordes lisse ou volante avec une simplicité déconcertante.

Tout cela s’effectue évidemment en musique. Nouvelle venue sous le chapiteau, la chanteuse Margot Soria donne de la voix, interprétant des titres originaux spécialement écrits et composés pour le spectacle. Contrairement à bon nombre de musicaux, un orchestre de sept musiciens, sous la direction de Sylvain Rolland, est d’ailleurs présent tous les soirs, surplombant la scène en forme de fer à cheval. Ils rythment, impulsent et font raisonner les cuivres, indispensables au cirque !
Notamment lorsque la quinzaine de membres de la troupe envahit la scène, chantant, dansant et mimant les obligatoires préparations physiques quotidiennes. Sur une chorégraphie dynamique de notre ami Gregory Garell, « Répéter ! » vient rappeler, si besoin était, que derrière les sourires se cache l’effort, derrière la facilité apparente, des heures de travail, derrière le maquillage, la sueur, et parfois les larmes.

Le temps d’un remarquable ballet de frisons en liberté sous la chambrière de Maud, et le jeune Alexander Malachikhin offre un numéro de sangles aériennes qu’il faut bien qualifier d’époustouflant. Quand la poésie et la beauté se marient avec la force…

Deux heures sont passées, cinquante ans aussi, Alexis Gruss n’est plus là, mais il est omniprésent, veillant depuis les étoiles sur ceux qu’ils appelaient « ses petits amours ». Des petits amours qui rappellent en chanson que l’avenir de la Compagnie est assuré, et l’héritage entre de bonnes mains.

« Comment préserver notre ADN ? Cette particularité d’avoir sur la piste toute une famille d’artistes aux talents multiples et une cavalerie exceptionnelle » s’interrogeait l’an dernier Firmin Gruss. La réponse est là. Avec une nouvelle génération qui s’approprie d’ores et déjà la piste, les Gruss, offrent un spectacle à leur image : authentique, drôle, et généreux. Du grand, du très grand cirque.

 

 

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