Canada — Dirty Dancing

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Rachel Boone (Baby) et Christo­pher Tier­ney (John­ny) dans la tournée nord-améri­caine de Dirty Danc­ing – The Clas­sic Sto­ry On Stage © Matthew Mur­phy

Après une tournée tri­om­phale à tra­vers le monde, Dirty Danc­ing – Le clas­sique sur scène sera présen­té au Cen­tre Vidéotron dans une ver­sion orig­i­nale anglo­phone (sous-titrée en français) un soir seule­ment, le 25 mai 2018.

Le livret de la pro­duc­tion a été écrit par Eleanor Berg­stein et la tournée nord-améri­caine sera mise en scène par James Pow­ell, avec des choré­gra­phies de Michele Lynch inspirées des choré­gra­phies orig­i­nales de Kate Cham­pi­on.

Qui ne se sou­vient pas du clas­sique « Dirty Danc­ing », mieux con­nu au Québec sous le nom — un peu étrange — de « Danse las­cive » ? Ce film musi­cal, à petit bud­get, a fait fureur dans les années 80. La bande orig­i­nale a fra­cassé des records et a même eu droit à un Oscar pour la meilleure chan­son de film ; « (I’ve Had) The Time of My Life ».

La comédie musi­cale d’Eleanor Berg­stein a été pro­duite pour la pre­mière fois en 2004 – la même année que la sor­tie du film « Dirty Danc­ing 2 » — par Jacob­sen Enter­tain­ment, en Aus­tralie, avec un bud­get de 6.5 mil­lions.

Un rap­pel : Dirty Danc­ing se situe à l’été 1963. Baby — de son vrai prénom Frances — fille d’une riche famille juive, passe ses vacances avec sa famille dans la région des Catskill, dans l’É­tat de New York. Elle se trou­ve mêlée à la vie des employés de la pen­sion et con­fron­tée à un monde qui lui est com­plète­ment étranger, celui de la danse. Mal­gré le désac­cord de son père, elle va con­naître une his­toire d’amour avec John­ny, le pro­fesseur de danse de l’étab­lisse­ment issu d’un milieu social très dif­férent de celui de la jeune femme.

Notre avis (Mon­tréal 2016) :
Soir de pre­mière pour la tournée nord-améri­caine de Dirty Danc­ing à Mon­tréal et, dès les pre­mières notes de « This Mag­ic Moment », la foule est en délire ! Cette pre­mière chan­son inter­prétée par un duo aux très jolies voix sera une des rares de la soirée à être chan­tée « live ». Nous auri­ons aimé, tout au long du spec­ta­cle, avoir la chance de réen­ten­dre ces puis­santes voix. Hélas, nous sommes restés sur notre faim. L’u­til­i­sa­tion de chan­sons pré-enreg­istrés dans Dirty Danc­ing enlève quelque peu la magie d’une comédie musi­cale. De plus, comme la pro­duc­tion utilise des musi­ciens « live » sur scène… pourquoi ne pas en avoir prof­ité ?

L’ar­rivée de John­ny Cas­tle sur la scène a déclenché, encore une fois, des cris stri­dents de la part de la gent fémi­nine. Il faut dire que l’ex­cel­lent Christo­pher Tier­ney a des airs de Patrick Swayze. Mais son tal­ent ne s’ar­rête pas à la ressem­blance du défunt Patrick, loin de là ! Ce jeune inter­prète casse la baraque à chaque pas de danse : il est le dieu de la scène. Son acolyte, Rachel Bonne (Frances « Baby » House­man), nous démon­tre égale­ment un grand tal­ent pour le jeu et la danse. Son petit air inno­cent a ravi le pub­lic. On ne peut pass­er sous silence le fait que le choix des inter­prètes a été beau­coup calqué physique­ment sur le cast du film. C’est ce qui fait en sorte que l’on com­pare tou­jours avec la ver­sion ciné­matographique. La décou­verte de cette tournée est, sans nul doute, la splen­dide Jen­ny Win­ton en Pen­ny John­son. Son tal­ent incom­pa­ra­ble pour la danse vaut, à lui seul, le déplace­ment. Le trio Boone — Tier­ney — Win­ton porte entière­ment le spec­ta­cle sur ses épaules.

Pour situer le pub­lic dans les dif­férents tableaux, nous avons eu droit à des pro­jec­tions de qual­ité mais iné­gales En effet, les pro­jec­tions étaient d’une réal­ité sai­sis­sante où l’on y retrou­vait tous les lieux mémorables du film : Keller­man’s Resort, dans les mon­tagnes Catskill, dans le chalet des employés du com­plexe, bref, une vraie réus­site, sauf, pour les scènes — ris­i­bles — où John­ny apprend à « Baby » le fameux « saut » dans les champs de blé ou bien à la riv­ière.

Dans ce spec­ta­cle, les numéros de danse sont à couper le souf­fle, prenant le dessus sur le reste. On doit vous avouer que nous avons préféré les par­ties dan­sées au reste du spec­ta­cle. Les danseurs volent lit­térale­ment le show car, sans eux, le spec­ta­cle serait vide… Mer­ci aux choré­graphes pour ces nom­breux numéros féeriques et par­ti­c­ulière­ment « Do You Love Me? » où la foule était, encore une fois, dans une extase inde­scriptible.

Pour le numéro final tant atten­du — « (I’ve Had) The Time of My Life » — , une énorme décep­tion du côté vocal. Les deux inter­prètes, qui nous avaient habitués durant le spec­ta­cle à des envolées incroy­ables, ont man­qué de dynamisme et de puis­sance, comme s’ils avaient tout don­né et étaient épuisés pour les dernières notes. En revanche, le numéro de danse et le « saut » étaient des plus extra­or­di­naires.
Autre décep­tion du spec­ta­cle : l’ab­sence de paroles sur la chan­son « She’s Like The Wind », qui nous est offerte en ver­sion instru­men­tale seule­ment.

Dirty Danc­ing reste un bon diver­tisse­ment avec beau­coup de dia­logues, peu de chan­sons « com­plètes », mais les com­para­isons avec le film sont très évi­dentes et cer­tains seront pos­si­ble­ment déçus.