Close (Critique)

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Close, la pre­mière créa­tion immer­sive en France, par Big Dra­ma.
Du 9 avril au 4 mai 2019
Lieu : Paris 11 (adresse pré­cise révélée lors de la réser­va­tion)
Du mar­di au dimanche
Horaires : 19h30 et 21 h 30, sauf dimanche 16h30 et 18h30
Réser­va­tions : www.close.paris

Résumé : Bien­v­enue au Phénix, dernier refuge de folie et de lib­erté dans le Paris de la Grande Guerre. Chaque soir, quand vient le cou­vre-feu, les artistes, les révo­lu­tion­naires et les mar­gin­aux se retrou­vent au dernier endroit où l’on peut encore faire la fête : le Phénix. Dans leur cabaret, ce sont par­fois les femmes qui se bat­tent et les hommes qui se maquil­lent. Ici, la guerre n’existe pas : per­son­ne ne vous deman­dera votre nom, ni où vous devriez être. Alors que le monde est en train de bas­culer, vous n’aurez plus que votre instinct pour choisir votre camp. Dans ce spec­ta­cle, il n’y a ni scène, ni couliss­es. Vous êtes libres de choisir où aller, qui suiv­re et à quelle porte écouter. La mai­son est pleine de secrets, et vous pour­riez bien chang­er le cours de l’histoire.

Notre avis : Depuis quelques années, le théâtre immer­sif, de plus en plus pop­u­laire dans les pays anglo-sax­ons, gagne pro­gres­sive­ment la France. Dans ce type de pro­duc­tions, le spec­ta­teur est immergé dans l’ac­tion, est au plus proche des comé­di­ens, peut explor­er dif­férents espaces et peut par­fois même inter­a­gir avec cer­tains per­son­nages. D’autre part, divers­es actions ont lieu simul­tané­ment dans divers espaces. Mal­heureuse­ment, on a par­fois en France ten­dance à qual­i­fi­er de théâtre immer­sif ce qui est en réal­ité du théâtre déam­bu­la­toire (où le pub­lic suit une seule action prin­ci­pale en pas­sant d’un espace à un autre avec les comé­di­ens). Avec Close, la com­pag­nie Big Dra­ma tient ses promess­es de théâtre immer­sif en plongeant le spec­ta­teur au cœur du Phénix, une mai­son close parisi­enne, en 1917. Dans cette mai­son « close », proclamée mai­son « libre », les filles se pré­par­ent au mariage de Blanche qui va épouser Vadim, un sol­dat par­ti au front. Les spec­ta­teurs, por­teurs de masques (ou plutôt de loups), afin de garan­tir une cer­taine dif­féren­ci­a­tion et un espace de neu­tral­ité, sont les invités de cette fête. Dans cet espace répar­ti sur plusieurs niveaux et pièces, le spec­ta­teur pour­ra assis­ter au con­cert dans la salle prin­ci­pale où artistes se suc­cè­dent pour le diver­tir de chan­sons polis­sonnes, explor­er les cham­bres et les alcôves ou encore, pour les invités VIP, assis­ter Blanche dans ses pré­parat­ifs. Le spec­ta­teur doit se laiss­er aller, ne pas ten­ter d’être un spec­ta­teur en total con­trôle de la nar­ra­tion qui lui est présen­tée, et accepter s’il le souhaite, de faire par­tie de cette his­toire, car, plus qu’im­mer­sif, Close est aus­si par­tic­i­patif et inter­ac­t­if. La com­pag­nie Big Dra­ma, inspirée par les pro­duc­tions de la com­pag­nie anglaise Punch Drunk (The Drowned Man à Lon­dres, Sleep No More actuelle­ment à New York et Shang­hai), a mis beau­coup d’at­ten­tion dans les détails, fonc­tionne avec un texte écrit, certes, mais aus­si avec une part d’im­pro­vi­sa­tion. L’am­biance, la gouaille, la fausse légèreté tein­tée de drame sont bien ren­dues par une troupe poly­va­lente. On aurait envie que ça dure un peu plus longtemps, con­naître un peu plus ce qui arrive aux per­son­nages après ce moment partagé avec eux. Mais c’est peut-être aus­si ça une expéri­ence de théâtre immer­sif : laiss­er au spec­ta­teur une marge de lib­erté y com­pris dans son imag­i­na­tion.