L’Arche (Critique)

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Texte : Olivi­er Denizet et Suzanne Legrand.
Mise en scène : Suzanne Legrand, Vic­tor Lock­wood et Olivi­er Denizet.

Avec : Avec Olivi­er Denizet en alter­nance avec Vic­tor Lock­wood (Arnaud), Louise Lar­ret (Jen­nifer), Suzanne Legrand (Léa), Quentin Morant (Vladimir), Sofia Naït (Noémie), Daniel Njo Lobé (Bap­tiste), Jonathan Pin­to-Rocha en alter­nance avec Arnaud Saint-Père (Richard), Zacharie Saal (Roc­ca), Isabelle Turschwell en alter­nance avec Vir­ginie Bracq (Sarah), Paul Vignes (Hakim).

Pen­dant un déluge mod­erne dû au réchauf­fe­ment cli­ma­tique, un met­teur en scène au chô­mage est engagé par un pro­duc­teur véreux pour relancer la car­rière de Léa Crys­tal, chanteuse aphone, star déchue de la Pop Académie. Il doit mon­ter une comédie musi­cale improb­a­ble des années 70 : L’Arche de Noé. La troupe, résul­tat d’un cast­ing fait trop vite, est con­sti­tuée d’une bande de comé­di­ens galériens, névrosés et blessés par la vie.

À tra­vers cette expéri­ence humaine unique qu’est la créa­tion d’un spec­ta­cle et ce micro­cosme qu’est une troupe de théâtre, cha­cun va peu à peu com­pren­dre les caus­es soci­ologiques et pro­fondé­ment humaines de la cat­a­stro­phe naturelle qui est en train d’engloutir leur monde. Le théâtre sera finale­ment soulevé par les eaux et par­ti­ra voguer comme une arche. Entraî­nant sa car­gai­son de drôles de bêtes et le pub­lic vers un avenir meilleur. Comédie bur­lesque à l’humour déjan­té L’Arche tente de met­tre en avant le lien entre notre pol­lu­tion intérieure et celle que nous faisons subir à la nature.

Notre avis :

L’Arche est une pièce de théâtre musi­cal déjan­tée qui nous emporte dans l’aven­ture d’une troupe de comédie musi­cale nais­sante con­sti­tuée d’artistes aux pas­sifs respec­tifs plus ou moins laborieux. Les 10 per­son­nages sont plus loufo­ques les uns que les autres, et leur his­toire dépeint les tra­vers de la pro­duc­tion privée du spec­ta­cle vivant (artistes rémunérés en faux cachets, pri­or­i­sa­tion de la rentabil­ité face au bien-être d’une troupe, effets sec­ondaires de la célébrité, pro­duc­teur véreux, manip­u­la­tion, com­péti­tion et escro­querie sont au ren­dez-vous).

On rit beau­coup, les comé­di­ens sont bons pour la plu­part, et le par­ti pris d’une mise en scène immer­sive est assez réussie. Les artistes sont attachants et se démar­quent cha­cun par leur per­son­nal­ité, leur tal­ent, et par la con­nivence qui sem­ble régn­er entre eux.

Le livret aurait cepen­dant mérité plus de solid­ité et de cohérence dans son pro­pos. On a par­fois du mal à saisir la final­ité de l’en­chaîne­ment des péripéties qui nais­sent devant nous, au risque de par­fois per­dre l’at­ten­tion du spec­ta­teur. La musique et les paroles man­quent légère­ment de dynamisme et de richesse, et les chan­sons n’aident pas tou­jours à faire avancer l’his­toire. Un peu plus de musique jouée en live comme annon­cé en début de spec­ta­cle aurait été la bien­v­enue. Enfin, le mes­sage écologique n’est présent que par quelques allu­sions qui passent à la trappe, sans grand rap­port avec l’in­trigue prin­ci­pale. Mal­gré cela, on passe sans aucun doute un très bon moment à la fois léger, authen­tique et drôle, grâce à des artistes séduisants et à leur maîtrise du sec­ond degré.