Londres — Death Takes a Holiday (Critique)

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Livret : Peter Stone et Thomas Mee­han
Musique et Lyrics : Mau­ry Yeston
Mise en scène : Thom Souther­land

Résumé : Sub­juguée par la beauté de Grazia qui aurait dû périr dans un acci­dent de voiture, la Mort épargne la jeune fille. Puis pour com­pren­dre les ressorts de son inhab­ituelle man­sué­tude, elle s’in­vite en week-end chez les par­ents de Grazia sous les traits d’un char­mant prince russe, Niko­lai. L’Hu­man­ité prof­ite de ce moment de répit — peu après l’hécatombe de la Grande Guerre — mais Niko­lai sème le trou­ble chez ses hôtes et leurs proches, cer­tains suc­com­bant à son charme, d’autres prenant con­science de sa per­ni­ciosité. Lorsque Niko­lai reprend enfin la route vers sa faucheuse mis­sion, il emporte Grazia qui s’a­ban­donne par amour et le temps reprend un cours qu’il n’aurait jamais dû quit­ter.

Notre avis : La Mort prend des vacances, cela sonne un peu comme Mar­tine à la mer… mais sous ce titre triv­ial se cache une œuvre pro­fonde, une ode à la vie et à l’amour. Par­mi ses récentes adap­ta­tions — sa créa­tion date de 1924 — on peut citer Ren­con­tre avec Joe Black avec Brad Pitt en 1998 et ce musi­cal éponyme en 2011 (cliquez ici pour lire notre entre­tien avec Mau­ry Yeston).

L’amour plus fort que la mort est un thème uni­versel sub­limé ici par la par­ti­tion lyrique de Mau­ry Yeston (Nine, Titan­ic) et une mise en scène toute en finesse et beauté de Thom Souther­land (Rag­time, Titan­ic, Grey Gar­dens…). Sur scène, côté cour et jardin, deux colon­nades piv­o­tent et s’emboîtent habile­ment pour for­mer par­fois un patio, un intérieur ou une façade, baignés d’une lumière qui repro­duit le cycle du soleil. Les beaux cos­tumes d’époque parachèvent l’at­mo­sphère aris­to­cra­tique de fin de siè­cle où la douceur de Light In The Piaz­za côtoie les ténèbres du Fan­tôme de l’Opéra.

La troupe regorge de tal­ents indi­vidu­els et excelle dans des choré­gra­phies pleines de sens et les chorales dra­ma­tiques ou drôles. Dans les rôles prin­ci­paux, l’envoûtant Chris Pelu­so (Miss Saigon) et la déli­cieuse Zoë Doano (Les Mis­érables) for­ment le cou­ple idéal, visuelle­ment et vocale­ment, comme on peut s’en ren­dre compte sur la vidéo ci-dessous.

N’hésitez donc pas à faire un écart par Off West End pour voir cette mag­nifique œuvre dans une mise en scène… mor-telle !

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