Rencontre avec Bobby Cronin, auteur-compositeur américain

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Bob­by Cronin © DR

Bob­by Cronin, quel est votre par­cours ? Com­ment est né votre désir d’écrire pour le théâtre musi­cal ?
Je viens de Boston, je suis le plus jeune d’une fratrie de cinq, dans une famille ouvrière catholique irlandaise. Apparem­ment, j’ai chan­té avant de par­ler. J’ai tou­jours aimé la musique mais ce n’é­tait pas bien vu dans ma famille. Mais je me suis accroché à mes rêves et j’ai trou­vé le moyen d’ap­pren­dre mon art, notam­ment à Yale Uni­ver­si­ty.
Je me sou­viens très bien de la pre­mière fois que j’ai enten­du une chan­son d’un musi­cal. J’avais env­i­ron six ans et ma mère chan­tait « Bosom Bud­dies » de Mame avec son amie pour un évène­ment car­i­tatif à l’é­cole. La chan­son était très dif­férente de la musique pop, rock, dis­co ou rétro qu’on écoutait chez moi. Je lui ai demandé ce que c’é­tait et elle m’a répon­du : « ça vient d’un musi­cal, quand on utilise de la musique et des chan­sons pour racon­ter une his­toire ». A par­tir de là, j’ai écouté Annie, et le reste fait par­tie de l’his­toire !
J’ai com­mencé ma car­rière comme acteur et met­teur en scène. J’ai changé de voie en 2007 quand les gens ont com­mencé à enten­dre les chan­sons que j’écrivais comme un hob­by. En fait, j’ai écrit des chan­sons dès mon enfance. Je met­tais en musique des arti­cles que je lisais dans les jour­naux. J’in­ven­tais des chan­sons pour exprimer mes sen­ti­ments. Je l’avais tou­jours fait mais je ne l’avais jamais partagé.

Quelles sont vos influ­ences dans le théâtre musi­cal ?
J’aime Jea­nine Tesori qui adapte tou­jours son style à la spé­ci­ficité de chaque pro­jet. J’aime tout ce que font Ahrens et Fla­her­ty. La nature épique de Web­ber et ses somptueuses mélodies. Le style accrocheur de Jer­ry Her­man. Les hymnes rock de Jonathan Lar­son. Les chan­sons-mono­logues de Jason Robert Brown, influ­encées par la pop, avec leurs mag­nifiques mélodies. L’o­rig­i­nal­ité de William Finn alliée à sa capac­ité à nous tir­er des larmes. Lin-Manuel Miran­da m’in­spire incroy­able­ment avec tout ce qu’il fait ! Et, bien enten­du, le grand Sond­heim. J’ai aus­si écouté en boucle The Secret Gar­den, Les Mis et Miss Saigon quand j’é­tais étu­di­ant. J’ai été très influ­encé par la force de Rent. Et Parade. Et le tra­vail visuel lié à la nar­ra­tion dans The Who’s Tom­my m’a mar­qué à jamais.

Com­ment définiriez-vous votre style ?
J’es­saie d’at­tribuer une couleur musi­cale à chaque pro­jet. J’ai eu la chance de tra­vailler dans le ciné­ma égale­ment et cela a influ­encé mon écri­t­ure théâ­trale. Je me défi­nis comme « con­tem­po­rain ». Je dirais que j’aime les choses qui accrochent le pub­lic, tant dans les paroles que la mélodie. J’aime le sur­pren­dre avec une fin inat­ten­due ou une coda, pour remet­tre en ques­tion ce qu’il pense con­naître.
J’écris en par­tant de la per­spec­tive d’un per­son­nage, en me glis­sant dans sa peau, sachant qu’à un moment don­né, les enjeux dans une scène devi­en­nent trop impor­tants, ce qui l’oblige à chanter. Le per­son­nage doit avoir besoin de quelque chose, ou alors un sen­ti­ment extrême­ment impor­tant à exprimer : un pre­mier amour, un moment de célébra­tion, ou une ques­tion qu’il se ose à pro­pos d’une déci­sion à pren­dre, etc.

Pou­vez-vous nous par­ler de votre tournée inter­na­tionale ?
J’ai été en con­tact avec des artistes très tal­entueux via Skype et je suis surex­cité à l’idée de faire cette tournée. Par­ticiper à des ques­tions-répons­es sera fun, j’adore expli­quer au pub­lic d’où est venue l’idée pour telle ou telle chan­son. Il y a de nom­breuses chan­sons de mes pro­jets Mary & Max et The Cov­er qui seront inter­prétées pour la pre­mière fois ain­si que des chan­sons de mes films. Je suis telle­ment con­tent de les inter­préter en live plutôt que dans un stu­dio d’enregistrement, même si c’est un de mes endroits préférés !

Retrou­vez Bob­by Cronin (avec Kim Ande­mat­ten, Frédéric Bro­dard, Clara Chevaller­au, Jes­si­ca Gabrielle, Aude Gilliéron, Bastien Jacque­mart, Lisan­dro Nesis, Per­le Solvès) aux évène­ments suiv­ants :
5 avril 2017, 16 h : Con­cert à ONO (Bern — Suisse)
6 avril 2017, 20 h : Con­cert à CPO (Lau­sanne — Suisse)
7 avril 2017 : Mas­ter class de Bob­by Cronin sur les Pop Songs (Lau­sanne — Suisse)
9 avril 2017 : New Musi­cal The­ater Work­shop de Broad­way au Car­ré’s sur le réper­toire de Bob­by Cronin (Paris — France)
10 avril 2017, 19 h 30 : Broad­way au Car­ré — Comédie Nation, 77 rue de Mon­treuil, 75011 Paris
19 avril 2017, 20h : Con­cert à The Green Room 42 (New York — USA), gala car­i­tatif pour the Humane Soci­ety