Une censure sachant chanter

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Théâtre Essaïon – 6, rue Pierre-au-Lard 75004 Paris.
Jusqu’au 26 mai 2026, les lundis et mardis à 19h.
Réservation ici.

Théâtre des Barriques (festival Off d’Avignon) 8, rue Ledru Rollin 84000 Avignon.
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 16h50 (relâche les mercredis).
Rnseignements et réservations sur le site du Théâtre des Barriques.

Pour elle, les chansons subversives, c'est avant tout de la provocation et du conflit.
Pour lui, elles sont un cri de liberté, une manière de briser les tabous et de défier les interdits. Alors qu'un spectacle se trouve menacé d'annulation par crainte de choquer, leurs visions opposées de la liberté s'entrechoquent. Où tracer la limite entre audace et offense ? Vont-ils interdire l'interdit ou censurer la censure ?

Après le succès de J'ai mangé du Jacques, Julie Autissier et Raphaël Callandreau emmènent le public dans une traversée des chansons françaises les plus clivantes et controversées. De Brassens à Orelsan, de Pierre Perret à Philippe Katerine, les deux artistes partagent avec humour, audace et une bonne dose de complicité leurs regards malicieux sur des thèmes aussi sensibles que la guerre, la religion, la drogue, la politique et le sexe.

© La voix du poulpe

Notre avis (représentation du mardi 14 avril 2026) : L’annonce de l’annulation du spectacle par Zoé, la programmatrice du lieu juste avant le début de la représentation nous surprend... La municipalité, jugeant le spectacle subversif, a mis en garde la directrice, qui préfère annuler la représentation plutôt que de se mettre à dos les élus. Une voix s’élève alors dans le public pour crier à la censure !!! Adam, ce spectateur militant, rejoint la directrice sur scène, le joyeux spectacle de Raphaël Callandreau et Julie Autissier commence.

Au fil des soixante-quinze minutes de Une censure sachant chanter, ils vont enchaîner des chansons qui, à un moment de l'histoire de la radio ou de la télévision, ont été jugées indécentes, choquantes ou obscènes.

La dynamique mise en scène de Nicolas Guilleminot permet aux comédien.ne.s-chanteur.se.s d’alterner naturellement les scènes parlées avec les parties chantées.
Le répertoire présenté est excellent et, même si on se dit que la morale a un peu évolué, on apprend que certaines chansons plus récentes ont aussi été interdites d’antenne.

Le temps file à écouter les deux formidables interprètes, qui semblent se délecter à faire l’inventaire des chansons bannies, depuis « Les Jolies Colonies de vacances » de Pierre Perret à « Parachutiste » de Maxime Leforestier en passant par « Je t’aime... moi non plus » de Serge Gainsbourg, « Le Déserteur » de Boris Vian mais aussi « Le Chant des partisans » de Joseph Kessel, Maurice Druon et Anna Marly ou de « Chirac en prison » des Wampas, et tant d'autres à découvrir...

Les arrangements sont formidables, qui font parfois dialoguer certains couplets entre eux, auxquels s’ajoutent les chansons originales de Raphaël Callandreau (« La Censure », « Interdit avant minuit » et « Une chanson qui fait tout ça »).

Ce spectacle est utile et nécessaire car il souligne que, si les mentalités ont changé, il n’en demeure pas moins que la liberté de parole est parfois menacée et que la vigilance est de mise.

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