Chantés, joués et dansés par la Compagnie Fortunio, deux petits bijoux signés Offenbach, deux variations à quatre personnages sur le thème de la journée de noces qui ne se passe pas comme prévu ! La première, « opérette du temps jadis » située sous Louis XV, met en scène quiproquos et rivalité amoureuse entre deux professions anciennes autant que respectables, sur une musique qui pastiche délicieusement le style de Gluck, Mozart et Grétry. La seconde, dans laquelle la jeune mariée, pour des raisons inattendues, interdit à son époux l’entrée de son boudoir, est un vaudeville très Second Empire digne de Labiche, qu’Offenbach électrise par les rythmes endiablés dont il a le secret !
Notre avis (représentation du 23 janvier) : La Compagnie Fortunio dirigée par Geoffroy Bertran poursuit son exploration dans le répertoire d'œuvres musicales souvent oubliées, et nous ne nous en plaindrons pas ! Après Yvain (Là-haut), Audran (Gillette de Narbonne) et plus récemment Terrasse (La Botte secrète) ainsi que Roger (Joséphine vendue par ses sœurs), elle nous propose cette saison deux opérettes d' Offenbach en un acte : Apothicaire et Perruquier et Un mari à la porte.

La première opérette, Apothicaire et Perruquier, nous embarque sous le règne de Louis XV ; les quiproquos de l'intrigue – dignes de Marivaux ou de Molière – aboutiront à des hymens heureux, comme dans toute bonne comédie du genre. On reconnaît moins la patte musicale du maître, mais le clin d'œil au siècle des Lumières demeure savoureux. La délicieuse soprano Marina Ruiz distille comme toujours de jolies notes – le rôle de Sempronia lui va à ravir, bien entourée de ses chevaliers servants Xavier Meyrand et Brice Poulot Derache. Geoffroy Bertran s'attribue l'emploi de Boudinet, désopilant dans la caricature de ce père un peu benêt.
La seconde opérette de la soirée, Un mari à la porte, un peu plus représentée sur les scènes, porte véritablement le sceau de l'Offenbach que l'on aime : les valses se succèdent ainsi avec bonheur. Côté comédie, nous lorgnons plutôt vers Feydeau ou vers Labiche. Nous retrouvons certains protagonistes déjà applaudis dans Apothicaire et Perruquier. Charlotte Mercier (Rosita) ainsi que Lou Benzoni Grosset (Suzanne) réalisent, pour leur part, d'impressionnantes prouesses vocales qui donnent un éclat particulier à l'ouvrage,véritable pépite musicale.

Le décor simple mais suffisant abrite les deux ouvrages : il est conçu par Geoffroy, épaulé par Marina Ruiz pour les costumes. Le pianiste Romain Vaille accompagne avec talent cette solide troupe ; artistes fidèles de la première heure, ils répondent toujours présent à l'invitation de leur chef – qui déploie toujours des trésors d'énergie et d'ingéniosité à chaque nouvelle aventure.
Notons dès à présent les prochaines dates à la Comédie Saint-Michel : les 7 février, 7 mars et 13 juin à 17h45 ; les 16 avril et 7 mai à 21h15.

























