Canada — Le Fantôme de l’Opéra (Critique)

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Un musi­cal d’Andrew Lloyd Web­ber d’après le roman de Gas­ton Ler­oux
Livret et paroles addi­tion­nelles : Richard Stil­goe
Paroles : Charles Hart
Mise en scène orig­i­nale : Harold Prince
Mise en scène :  Éti­enne Lemay-Cousineau
Direc­tion musi­cale : Jean-Philippe Trem­blay
EnAdap­ta­tion française : Nico­las Engel

Dis­tri­b­u­tion :
Hugo Laporte (Fan­tôme)
Anne-Marine Suire (Chris­tine Daaé)
Guil­laume Beau­douin (Raoul)
Natal­ie Cho­quette (Car­lot­ta)
Eti­enne Isabel (Mon­sieur André)
Sébastien Com­tois (Mon­sieur Firmin)
Syl­vain Paré (Pian­gi)
Geneviève Charest (Mme Giry)
Lucie St-Mar­tin (Meg Giry)

Ensem­ble :
Marie-Pier Cham­ber­land, Joce­lyne Cousineau, Marie-Claire Dro­let, Guil­laume Dubois, Benoît Godard, Frédérique Labelle, Ari­ane Morneau, Marie-Michèle Rivest, Serge Tur­cotte et Jérémie Tur­geon.

Le Fan­tôme de l’Opéra, sous la direc­tion musi­cale de Jean-Philippe Trem­blay et accom­pa­g­né sur scène par soix­ante musi­ciens de l’Orchestre de la Fran­coph­o­nie sera présen­té en ver­sion con­cert les 13 et 14 juil­let 2018 dans le cadre enchanteur du Mon­u­ment-Nation­al ; les deux représen­ta­tions seront les seules chances pour les spec­ta­teurs d’entendre les célèbres airs dans la langue de Molière.

Notre avis :
Un évène­ment unique a fait briller Mon­tréal ces derniers jours… la pre­mière mon­di­ale — dans une ver­sion française de Nico­las Engel — de la comédie musi­cale Le Fan­tôme de l’Opéra. Certes, ces deux représen­ta­tions ont été offertes en ver­sion con­cert.. mais quel con­cert !

Le directeur général de l’OF (Orchestre de la Fran­coph­o­nie), Alex­is Pitke­vicht, a frap­pé fort en obtenant la per­mis­sion de présen­ter ces deux con­certs excep­tion­nels à Mon­tréal et le pub­lic a bien répon­du à son appel : ils ont été joués à guichets fer­més.

Accom­pa­g­né par 64 musi­ciens, le directeur musi­cal Jean-Philippe Trem­blay a bien mené sa troupe. Enten­dre des titres tels que “Ange de la musique”, “La musique de la nuit”, Le Fan­tôme de l’Opéra”, “Mas­ca­rade”, ou bien “Mon unique souhait” en ver­sion sym­phonique de cette oeu­vre majestueuse de Web­ber vous envahit d’un sen­ti­ment euphorique inde­scriptible.

Un tra­vail for­mi­da­ble a été effec­tué par Nico­las Engel. Sa ver­sion française coule bien et ne tombe pas dans la facil­ité. En ver­sion con­cert, il est pra­tique­ment impos­si­ble de faire une mise en scène inou­bli­able, mais Éti­enne Cousineau a su relever le défi d’offrir une mise en scène effi­cace pour ce genre de spec­ta­cles.

Le pub­lic a eu droit à des presta­tions grandios­es de la troupe. Cha­peau au “Fan­tôme” d’Hugo Laporte pour ses envolées vocales majestueuses ain­si que pour son irré­ductible présence sur scène. La jeune sopra­no Anne-Marine Suire offre une Chris­tine Daaé toute en puis­sance. Elle charme le pub­lic par sa voix et par son élé­gance. Un fait indé­ni­able de cette pro­duc­tion c’est que la grande Nathalie Cho­quette offre une Car­lot­ta qui sort des sen­tiers bat­tus. Elle s’est appro­prié pleine­ment le rôle de la sopra­no mal aimée du Fan­tôme. Sa forte présence sur scène donne un vent de fraîcheur à un rôle qui est à l’origine très mal exploité dans les pro­duc­tions antérieures. Le Fan­tôme de l’Opéra pos­sède une troupe extra­or­di­naire.

La seule décep­tion de ce con­cert réside dans la pau­vreté des cos­tumes… Un ajuste­ment ou des cos­tumes un peu plus flam­boy­ants auraient été un plus à cette pro­duc­tion, mais ce petit détail n’enlève rien à cette grandiose pro­duc­tion.

On ne peut que souhaiter à l’OF que leur ver­sion con­cert tra­verse l’Atlantique pour met­tre un peu de baume sur nos cousins français qui n’ont mal­heureuse­ment pas eu la chance de décou­vrir les textes français de Nico­las Engel.