Inferno – La Dernière Nuit du disco

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Bobino – 14-20, rue de la Gaîté, 75014 Paris.
Du 9 octobre 2026 au 24 janvier 2027.
Renseignements et réservations en cliquant ici.

Une comédie musicale avec les plus grands tubes disco funk.

Les murs de l’Inferno résonnent au son des morceaux de Donna Summer, Gloria Gaynor, Stevie Wonder, Chic ou encore Diana Ross. Une célébration de la folie des années 70, dans une explosion de couleurs et de décadence.

Notre avis (représentation du 15 octobre 2026) : Et si nous n'avions pas, cet automne, besoin de légèreté, de folie et d'un peu de paillettes ?

Et si nous n'avions pas besoin d'un spectacle feel-good, qui, du début à la fin, fait hocher les têtes, battre les pieds et se déhancher allégrement au son de la basse, sous une boule à facettes ?
Alors il faut, sans hésiter, affronter le videur de l'Inferno, descendre sur la piste, et se laisser porter par un spectacle, qui d'ailleurs, tient à la fois du concert, du show et de la boîte de nuit. Car tout y est : la musique disco bien sûr, plus précisément les tubes disco funk des seventies, leur tempo inégalé et leur rythme entraînant, une redoutable troupe de danseurs-chanteurs enchaînant les chorégraphies au millimètre. Enfin, une ambiance sulfureuse, digne des plus célèbres clubs des années 70...
C'est cette atmosphère si particulière des discothèques, les intrigues, les humeurs et les secrets du monde de la nuit, que Cécile Chaduteau a voulu recréer avec Inferno : à mi-chemin entre le Palace et le légendaire Studio 54 de New York, ce temple de la musique, dirigé d'une main de fer par Carmen (Carmen Maria Vega, Mistinguett), sorte de Régine intransigeante, voit débarquer, un beau soir, l'innocente Bianca. Son but est précis : venger son frère, en faisant couler l'établissement. Histoires d'amour, de jalousie, de concurrence vont alors se succéder, au fil des tableaux et des tubes. Des liens vont se tisser, des haines se forger. Car dans ce lieu qui respire la sueur, où les paillettes se mêlent à la drogue, et le champagne au sexe, règne la famille de la nuit qu'il ne faut pas déranger.
Si les tubes cultes se succèdent et garantissent, sans surprise, la réussite d'Inferno, la force du spectacle repose surtout sur la quinzaine d'artistes talentueux réunis par Cécile Chaduteau. Leur parcours varié permet un formidable mélange artistique où la danse est clairement mise à l'honneur, dans les ensembles énergiques comme dans les duos contemporains plus intimistes. C'est propre, c'est pro et c'est disco.
La troupe s'éclate sur « Let's Dance » et sur « Car Wash », se retrouve sur « I'm Still Standing », et s'emballe sur « Celebration ». Aux premières heures de l'aube, les corps se frôlent, se rapprochent et s'enlacent sur « Chic Cheer » et « Freak Out » (on pense immanquablement à All That Jazz). Lumière psychédélique, ralenti et sensualité, c'est décadent, esthétique, juste ce qu'il faut.
Femmes de caractère, Carmen et Bianca se défient sur la piste. L'occasion d'un face-à-face entre Carmen Maria Vega et la sublime Andie Masazza (Dirty Dancing). Telles deux tigresses, elles s'affrontent, l'une par la voix, l'autre par le corps. Car, au milieu des tableaux survoltés et groovy, la danse classique fait son apparition, l'occasion de tableaux inattendus et audacieux dans un tel show. Andie Masazza, ancienne élève du CNSMD, et Pierre-Antoine Brunet, soliste aux ballets de Genève et de Lorraine, offrent un pas de deux original et gracieux. Avec Marc Bouttin, c'est un flamenco surprenant, puissant et délicat qu'il exécute. Aussi bien drag queen extravagante qu'amoureux timide, son charisme fait de Pierre-Antoine Brunet un personnage central. De Paul Le Du à Célia Ruiz, de Sacha Mpongo à Fanny Lewandowski, le reste de la troupe n'est pas en reste.
Vocalement, la jeune Kim Melville illumine la piste, tandis que Jean Brice Ardenne est un digne héritier de Stevie Wonder. Surplombant la scène, quatre musiciens les accompagnent, sous la direction de Christophe Jambois (Black Legends).
Au milieu de tant de tubes mythiques, les scènes de théâtre semblent forcément un peu décalées, on peut regretter qu'elles ralentissent, hélas, le rythme.
Le jour se lève, les bouteilles sont vides mais l'énergie est toujours là. La famille de la nuit reste plus que jamais soudée. C'est l'euphorie finale : « We Are Family! »
Mission réussie pour Cécile Chaduteau. Qu'elle se rassure, l'Inferno a de longues nuits devant lui. Ce n'est sûrement pas la dernière nuit du disco !

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