J'ai démarré la danse à deux ans ! Championne de France de GRS, et passionnée de danse classique, je suis d'abord entré au conservatoire de Saint Maur. A onze ans, j'ai été reçue au Conservatoire supérieur National de Paris avant d'intégrer le corps de ballet de l'Opéra de Paris. J'ai ensuite rejoint les Ballets Roland Petit à Marseille, puis le Ballet Royal de Flandres. Soliste, j'ai alors dansé Kylian, Balanchine, travaillé avec Maurice Béjart, rencontré Nureev...Comment passe -t-on de Nureev à Flashdance ?
Comment passe -t-on de Nureev à Flashdance ?
La rencontre de ma vie, c'est Robert Hossein. J'ai tout appris auprès de lui, en termes de mise en scène, de costumes, de gestion de l'espace scénique. Il m'a prise sous son aile, me donnant toutes les clés des grands spectacles, m'inculquant le sens du détail, de la précision. Avec lui, j'ai notamment joué dans Angélique, marquise des anges, La vie en bleu, On achève bien les chevaux...Après avoir beaucoup travaillé pour la télévision,j'ai complété la danse par le chant et la mise en scène. J'ai ainsi été choriste pour France Gall, Johnny, Serge Lama... J'ai même enregistré un album ! Progressivement, j'ai évolué vers la chorégraphie : la cérémonie d'ouverture des Championnats du monde handisport à Doha, Le Bal de la Rose à Monaco, le cirque Knie, le Cirque d'Hiver Bouglione...
Et la comédie musicale dans tout cela ?
Là encore, tout s'est fait progressivement, de la scène à la mise en scène ! Grâce notamment à Kamel Ouali dont je suis devenue assistante pour la Star Academy. Après diverses opérettes, j'ai repris le rôle de Tatiana Seguin dans Cléopâtre au Palais des Sports, puis ce fut My Fair Lady au Châtelet... Et enfin, sont venus les spectacles musicaux dont j'ai assuré les chorégraphies :Mistinguett au Casino de Paris à l'automne 2014, Charlie et la Chocolaterie en 2021, Flashdance, ou encore Holidays, le musical, avec les plus grands tubes de Madonna en 2023. Après avoir reçu le trophée de la chorégraphie pour Flashdance, lors de la 6ème édition des Trophées de la comédie musicale, en 2023, j'en suis devenue deux ans plus tard, directrice artistique et chorégraphe pour les cérémonies à Mogador, avec mon fidèle complice Paul Le Du.
Vous évoquiez la Star Academy. Que retenez-vous de cette expérience ?
Dès le début, en 2001, j'ai été danseuse avec la troupe de Kamel, dont j'étais le bras-droit. Cela a duré plusieurs saisons. Vingt ans plus tard, Mathieu Vergne (producteur de l'émission N.D.L.R.) et Olivia Brender (Directrice de projet N.D.L.R.) m'ont proposé de "revenir à la maison" et de devenir professeur d'expression scénique. Je changeais totalement de statut. Au-delà du bonheur de retrouver Nikos, le château, et d'assurer le légendaire débriefing des primes le dimanche, je me suis régalé. Si j'aime créer, je considère que ma mission est aussi de partager, de transmettre, de former. C'est essentiel pour moi. J'ai adoré aider les élèves à habiter la scène et perfectionner leur interprétation. Je suis d'ailleurs toujours en contact avec eux.

Et voilà Inferno! Pourquoi ce spectacle ?
Cette idée est partie d'une discussion à trois copains, il y a plusieurs années : le metteur en scène Dominique Roncero, Christophe Jambois (directeur musical de Black Legends) et moi. Après tant d'aventures, je me suis dit "pourquoi ne pas créer mon spectacle ? Pourquoi ne pas tenter quelque chose, et me lancer un nouveau challenge ? Un de plus!" Nous avons créé une équipe, et le projet a avancé tranquillement autour de cette musique Disco funk à laquelle je suis très attachée. C'est le premier spectacle dont j'occupe tous les postes ! Metteur en scène, directrice artistique, chorégraphe... J'ai développé une histoire, j'ai contacté ensuite Guillaume Beaujolais, qui a les compétences de dialoguiste et d'écriture. Je voulais un vrai "livretiste", qui sache écrire ! Il a compris ce que je souhaitais raconter. Une histoire pleine de clins d’œil personnels, où se cache un peu de moi ...
C'est à dire?
Lorsque j'étais adolescente, mon frère ainé jouait de la batterie juste en dessous de ma chambre. Il était DJ et mixait le week-end. Souvent, quand il rentrait, il nous emmenait mes frères et moi en boite. Dans une discothèque qui s'appelait le Wiz, située au 20 rue de la Gaité. Savez-vous ce qui se trouve à cette adresse aujourd'hui : Bobino ! Voilà pourquoi je voulais vraiment qu'Inferno soit là. Dans cet endroit où j'ai si souvent fait la fête ! Le club retrouve son adresse. Et je recrée le club !
Les rencontres de la vie et les conseils de Bruno Berberes nous ont permis de compléter la distribution. Avec, par exemple,Sacha Mpongo (Chicago), Pierre Antoine Brunet (Résiste, Mozart, La Cage aux Folles), Marc Bouttin... Certains viennent de la danse classique, d'autres de la télévision, je ne peux pas les citer tous, mais ils ont tous l'énergie et le talent pour chanter du Disco Funk, danser et jouer la comédie. Évidemment, comment ne pas évoquer Carmen Maria Vega, qui s'est présentée à l'audition et qui est LE rôle que j'avais imaginé. Je la retrouve douze ans après Mistinguett !Au-delà de ce que j'ai dans la tête, dans le cœur et dans l'âme, je suis fière d'avoir réuni cette équipe formidable qui je l'espère, fera de chaque soir un grand moment!
Si je vous dis encore un spectacle sur le Disco?
Inferno se concentre sur une période particulière, celle de 1977 à 1980, et l'essor du disco funk. Surtout, l'idée est vraiment d'immerger les spectateurs dans un club dont ils feront partie à part-entière. A l'intérieur de Bobino ce sera la liberté : Chanter, danser, se lâcher. Avec paillettes et boule à facettes! Ce spectacle ne sera pas simplement une suite de tableaux, je veux emmener le public en voyage avec nous, autour d'une histoire et d'une dramaturgie. L'histoire, c'est celle d'une jeune femme, Bianca, qui se fait engager à l'Inferno pour se venger de quelque chose. Tenu par Carmen, l'Inferno est un peu une famille que l'arrivée de cette nouvelle-venue va bousculer... Je n'en dis pas plus, mais on va célébrer, jalouser, s'aimer ! Il y a des ambitions, des secrets... Il y aura aussi quelques surprises scéniques ! Au-delà de la musique, l'idée est d'emmener le public dans des émotions, éveiller des étincelles, partager !


























