Thomas, pourquoi un nouveau spectacle ?
L'idée et le thème me sont venus l'an dernier, je me suis aussitôt dit, sans hésiter "j'écris" ! Après Signé César, qui était plutôt une comédie dramatique, j'avais envie de rire, de m'amuser. J'ai laissé aller mon imagination et ma création avec un texte léger, sans prétention, une pure comédie, drôle et décalée. Une bouffée d'oxygène. Entre écriture, relectures, corrections, le livret m'a pris un an.
Le point de départ du spectacle ont été ces questions : jusqu'où peut aller l'admiration pour quelqu'un ? à force de vouloir ressembler à quelqu'un d'autre, de vouloir se projeter, ne finit-on pas par s'oublier soi-même? A travers mon héroïne, j'explore ce moment où la fascination devient motivation. C'est aussi une ode aux originaux, à ceux qui doutent, qui se sous-estiment, alors qu'ils possèdent en eux la force des géants. Idolâtrer c'est bien, se faire confiance, c'est mieux !
Faut-il y voir un témoignage personnel?
Il y a des petits clins d’œil. Et un peu de moi bien sûr ! Jessica va découvrir le métier de comédien, dont l'image est parfois idéalisée. Notamment aujourd'hui avec tous les réseaux sociaux. On a tendance à oublier le travail, les efforts, les échecs qui constituent pourtant une grande part du quotidien des artistes. Je veux mettre en lumière les coulisses de ce métier : la quête permanente de reconnaissance, les remises en question, les refus, les doutes... Sous les paillettes se cache une réalité moins glamour.
Derrière les moments de triomphes, de joie et de réussite, combien de jours de galères... J'y ai moi-même été confronté. Je me suis ainsi retrouvé dans le film Paradis Paris de Marjane Satrapi avec Rossy de Palma. Tout le monde s'emballait de voir mon nom sur une affiche de cinéma, pourtant lors du Covid, je ne savais pas si je ferais mes cachets. Ce métier ce sont un peu les montagnes russes émotionnelles...
C'est simple: j'ai besoin de travailler avec des gens que j'admire et des passionnés. J'ai donc contacté directement Jeanne Jerosme (Starmania, Company), Bastien Monier (Les Misérables au Châtelet, Sherlock Homes, Lily et Lily...) et Lucie Riedinger (La Famille Addams, Les Instants volés). Et j'ai proposé à Maxime Guerville (Le Roi lion, Le Tour du monde en 80 jours), Ilona Dilange et Nicolas Soulié (Rebecca, La Petite Fille aux Allumettes...) de passer des essais.On change de dimension par rapport à ma première création. Signé César n'était qu'une pièce de théâtre, cette fois, la musique occupe une place importante et un intérêt narratif. J'ai co- composé avec Charlotte Gauthier. Chef d'orchestre des Misérables, Directrice musicale du Guide du parfait gentleman assassin au Théâtre du Palais Royal, Charlotte a une expertise et un vrai savoir-faire musical. Nous avons composé des airs allant du tango, à la pop ou l’électro. Comme pour le livret, le mot d'ordre était "coloré"! La musique n'est pas simplement présente, elle soutient les mots, révèle les états émotionnels des personnages, et participe activement au récit. Nicolas del Gallo a signé les arrangements avec Charlotte. Enfin, j'ai fait appel à Alvaro Ruault (le Barbier de Séville) pour la création lumière.

Lorsque je ne suis pas sur scène moi-même, c'est un vrai plaisir de mettre les autres en lumière. Mais diriger, mettre en scène, emmener la troupe vers ce que j'ai imaginé, travailler les intentions et le jeu des personnages représente beaucoup d'investissement et nécessite du recul.
D'où vous vient ce besoin d'écrire ?


























