West Side Story en concert (Critique)

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Musique : Leonard Bern­stein
Paroles : Stephen Sond­heim
Tran­scrip­tion et Direc­tion musi­cale : Gérard Lecointe
Piano : Fab­rice Boulanger
Qua­tres solistes Spir­i­to :
Sopra­no : Per­rine Madoeuf
Mez­zo-sopra­no : Landy Andri­amboavon­jy
Ténor : Pierre-Antoine Chau­mien
Bary­ton : Fab­rice Alib­ert
Per­cus­sions Claviers de Lyon

Résumé : Pro­fondé­ment enrac­iné dans notre con­science musi­cale col­lec­tive, comédie musi­cale ayant la puis­sance d’un opéra, ce chef d’œuvre, réso­nance uni­verselle de Roméo et Juli­ette, appelle et résiste à toutes les inter­pré­ta­tions, dont celle de Gérard Lecointe qui brille par l’intelligence con­fon­dante de ses arrange­ments, per­me­t­tant une nou­velle et pré­cieuse écoute.

Dès la créa­tion des Per­cus­sions Claviers de Lyon, il réalise une tran­scrip­tion instru­men­tale de cette incroy­able œuvre musi­cale à la fois riche en couleurs et en rythmes, et la présente à Leonard Bern­stein qui donne son autori­sa­tion et sou­tient le groupe dans ce pro­jet. Plus tard une ver­sion chan­tée est réal­isée et adap­tée pour qua­tre chanteurs, ver­sion qui reprend ain­si la total­ité de cette œuvre majeure de la musique améri­caine du 20ème siè­cle.

Associ­er chant et per­cus­sions a per­mis de redonner toute la puis­sance, toute la vio­lence, tout le lyrisme et l’amour con­tenus dans cette par­ti­tion, tout en trans­for­mant les numéros ini­tiale­ment dan­sés en véri­ta­ble bal­let musi­cal des per­cus­sion­nistes. Les Per­cus­sions Claviers de Lyon s’associent à Spir­i­to pour revis­iter avec finesse cette œuvre incon­tourn­able et pro­pos­er une adap­ta­tion orig­i­nale asso­ciant quin­tette de per­cus­sions, chant et piano : une inter­pré­ta­tion boulever­sante pour des émo­tions inou­bli­ables.

Notre avis : C’est une ver­sion orig­i­nale et inat­ten­due de West Side Sto­ry que nous pro­pose de décou­vrir le Fes­ti­val de Saint-Céré en invi­tant les Per­cus­sions Claviers de Lyon. Dans cette ver­sion con­cert, dans une orches­tra­tion réal­isée pour un ensem­ble de cinq per­cus­sion­nistes (xylo­phones, vibra­phones, marim­bas…), accom­pa­g­né d’un piano, la célèbre œuvre de Bern­stein et Sond­heim s’é­coute et se savoure sous un autre jour. La par­ti­tion revis­itée et dirigée par Gérard Lecointe rehausse de façon séduisante les notes latines qui y étaient déjà con­tenues (on pense par exem­ple au mam­bo de « The Dance At The Gym » ou encore « Amer­i­ca ») sans pour autant déna­tur­er l’u­nic­ité et la puis­sance de la musique de Bern­stein. Dès le pro­logue, on est plongé dans cette énergie et cette ten­sion qui car­ac­térisent West Side Sto­ry.
Les paroles de Sond­heim ne sont pas pour autant oubliées, inter­prétées ici par qua­tre solistes de l’ensem­ble Spir­i­to. On regrette que le nom­bre ne soit pas suff­isant pour don­ner un vol­ume qui rendrait jus­tice aux numéros d’ensem­ble (« Jet Song », « Quin­tet »…) mais on n’en est pas moins emporté dans les solos ou duos plus roman­tiques (« Maria », « Tonight »).
Une chose est cer­taine : soix­ante ans après sa créa­tion à Broad­way, cette œuvre essen­tielle du réper­toire de Broad­way, et de la musique améri­caine du XXe siè­cle, garde tou­jours la même force et la même jeunesse.