Foutue bergerie

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Théâtre du Rond-Point – 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris.
Du 11 au 22 mars 2026.
Pour en savoir plus et réserver, cliquez ici.

Une ferme à la lisière de la ville… On y trouve des moutons causeurs qui se rêvent philosophes, une famille d’agriculteurs endeuillés, un jeune stagiaire comme un agneau parmi les loups et une pigiste aux dents longues qui veut en découdre avec le groupe chimique responsable de la tragédie familiale… Après Opéraporno et Les gros patinent bien, Pierre Guillois signe une fable cocasse et osée sur un monde paysan entraîné dans les soubresauts du siècle. L’actrice Cristiana Reali entourée d’une troupe haute en couleur offre toute sa géniale démesure à ce drame rural. Les interprètes donnent vie à des personnages aussi drôles que paumés et leur voix à des brebis qui en ont gros sur le cœur !

Notre avis (représentation du 11 mars 2026) : Pierre Guillois n’a pas son pareil pour brosser des comédies râpeuses, grattant volontiers là où ça fait mal. Cette bergerie en folie n’échappe pas à ce principe. Faites donc la connaissance avec des moutons dessalés qui philosophent sur la vie, veulent connaître le goût du sperme humain à l’occasion de la pendaison d’un agriculteur, s’interrogent de manière plus ou moins métaphysique sur leur condition. N’oublions pas la famille d’agriculteurs, avec un fils pendu, donc, un autre dont le cerveau se trouve dans le slip. Le père aux idées extrêmes, et naturiste, n’hésite pas à engager un apprenti maghrébin (au grand dam de son fils). Le pendu, depuis les cieux, surveille tout cela tandis que sa mère se meurt de chagrin. Le spectacle est ponctué par des chansons interprétées par divers gallinacés, systématiquement interrompues par les brebis, peu enclines à voir leur quiétude piétinée de la sorte.

Nous l’aurons compris, il sera question ici de métaphore, d’un humour qui veut se moquer des convenances. La troupe ne ménage pas ses efforts et une belle énergie se dégage du plateau. Elle n’est toutefois pas suffisante pour éviter qu’un ennui distingué s’installe : la farce étant assez plate, le malaise escompté ressemble davantage à un pétard mouillé. La dénonciation des produits chimiques, responsables du drame familial, par une journaliste zélée ne surprend guère ; les intentions de l’auteur, qui ont le mérite d’être claires, pâtissent d’un aspect démonstratif qui finit par être pesant. Reste une scénographie inventive, qui permet au défunt d’assister au triste spectacle des survivants depuis le ciel, et des lumières fort joliment réglées. Attendons que Pierre Guillois reprenne des forces et une inspiration pour que nous nous régalions de nouveau.

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