Badke (remix)

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Théâtre du Rond-Point – 2 bis, avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris.
Du 14 au 17 octobre 2026.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
Le spectacle sera ensuite présenté en tournée en France et en Europe.

En musique, un remix correspond à une nouvelle version d’un morceau préexistant. Et si le principe s’appliquait aussi à l’art chorégraphique ? Badke (remix) est la réinvention d’un spectacle mythique confiée à des artistes palestiniens à l’aune du contexte politique actuel. Amir Sabra et Ata Khatab orchestrent cette variation renouvelée où pulsion de vie et danse s’associent en une transe de résistance. Du dabké, danse folklorique palestinienne à la danse contemporaine, ce spectacle bouillonnant brasse ses emprunts au hip-hop, à la capoeira, au cirque et au kickboxing avec une vitalité contagieuse. Sur une bande-son métissée qui fusionne instruments traditionnels et composition électro, danseuses et danseurs mettent le feu aux planches.

Notre avis (représentation du 14 octobre 2026) : Tout débute dans le noir le plus total par un chant puis des pas scandés, un rythme entêtant avec ici et là des voix qui s'élèvent. Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes que la lumière révèle peu à peu les danseurs, de dos, qui continuent à taper le sol de leurs pieds, à l'unisson. Un premier solo puis un second et soudain la musique envahit l'espace et la troupe déchaîne toute son énergie que l'on imagine jusque-là contenue. Les personnages sur scène pourraient être ceux d'un mariage. C'est justement lors de ce type de cérémonie que retentit le dabké, cette danse folklorique présente dans de nombreuses cultures (libanaise, syrienne, palestinienne, jordanienne, irakienne, yéménite, turque (halay), arménienne (churdj bar ou koçari) et kurde). Cela explique les tenues festives des filles, les costumes des hommes dont les vestes, comme le veut la coutume, seront utilisés dans la danse. Tout commence donc par ce rythme très marqué et se poursuit avec une danse de groupe, pouvant se scinder en plusieurs entités, le tout avec une énergie à laquelle il est bien difficile de résister. Et d'ailleurs, pourquoi y résister ?

La musique qui accompagne cette troupe à la vitalité impressionnante, elle aussi, tient du remix puisque des airs traditionnels sont revus, l'électronique s'y invitant. L'originalité de ce remix chorégraphique est que la troupe est intégralement palestinienne. Les deux chorégraphes Amir Sabra et Ata Khatab n'omettent pas de faire référence aux souffrance de leur peuple, sans user d'artifices faciles ou tonitruants. Cela ne rend leur message que plus fort. Ils utilisent pour cela les effets sonores ou une interruption brutale de la musique ; après un moment d'hébétement, les danseurs retrouvent leur vigueur, indestructibles. Chacun pourra également interpréter le final où, en rang serré, les danseurs semblent inviter par leurs gestes le public à venir les rejoindre, ou à leur porter une dernière attention à eux avant qu'ils ne disparaissent. De quoi déclencher des applaudissements nourris, tant pour la prouesse dansée que pour les messages qu'elle sous-tend.

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