Emmanuelle Zagoria, une jeune artiste passionnée

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Comédienne-chanteuse-marionnettiste dans Eutrot, une comédie musicale originale inspirée du dernier livre de Roald Dahl, Un amour de tortue (Esio Trot en anglais), adaptée et mise en scène par Tolgay Pekin, la jeune femme franco-australienne se livre à Regard en Coulisse.

Que vous apporte, en tant qu’in­ter­prète, la comédie musicale ?
Une capac­ité d’ex­pres­sion assez énorme. Avec le chant, la danse et la comédie mélangés, cela ouvre des pos­si­bil­ités qua­si infinies. J’aime bien essay­er de les fon­dre, de faire en sorte que le pub­lic ne se rende pas compte quand la parole s’ar­rête et quand le chant ou la danse com­mence. C’est amu­sant d’es­say­er de ren­dre logique et nor­mal le fait qu’un per­son­nage se met a chanter ou danser tout d’un coup. Et puis quand on l’a pra­tiquée, la comédie musi­cale influ­ence d’autres pro­jets théâ­traux, même s’ils n’u­tilisent que l’une de ces trois disciplines.

Quel est votre regard sur ce genre, com­ment sait-on qu’une comédie musi­cale est réussie ?
Wow, quelle ques­tion ! Pour la pre­mière par­tie, je trou­ve ce genre for­mi­da­ble mais, à vrai dire, je le trou­ve assez sous-exploité. Je pense que de nom­breuses choses incroy­ables se passent dans le monde de la danse, de la musique et du théâtre aujour­d’hui, mais la comédie musi­cale ne les exploite pas et reste beau­coup dans des codes qui lui sont pro­pres. J’adore évidem­ment cette dis­ci­pline, mais je pense qu’il y a telle­ment de choses à explor­er dans le fait de racon­ter une his­toire avec plein de dis­ci­plines mélangées, d’au­tant que les savoir-faire de chaque dis­ci­pline sont aujour­d’hui à leur apogée. Par exem­ple Hamil­ton a com­mencé avec l’in­tro­duc­tion du rap – mais il y a encore telle­ment à explorer !
Pour la sec­onde par­tie de la ques­tion, réus­sir une comédie musi­cale relève du mir­a­cle – avec autant de dis­ci­plines et de savoir-faire réu­nis pour une seule pièce –, il suf­fit qu’un élé­ment ne fonc­tionne pas pour que tout le reste s’af­faisse. C’est un mélange telle­ment déli­cat pour que ça « marche » !

D’après mon expéri­ence, pour que ça fonc­tionne, je pense qu’il faut que toutes les per­son­nes impliquées soient d’ac­cord avec l’his­toire et l’esthétique de la pièce qu’ils.elles sont en train de créer (ce n’est pas tou­jours le cas). Qu’il n’y ait pas trop de per­son­nes impliquées dans les déci­sions artis­tiques afin que la pièce ne soit pas tirée dans mille direc­tions – je pense au nombreux.ses producteurs.trices à Broad­way qui ont « droit » de don­ner leurs avis sur une créa­tion. Il faut égale­ment une his­toire intéres­sante avec avec de bons per­son­nages et un livret bien écrit, des chan­sons qui ser­vent à faire avancer l’his­toire et arrivent donc aux moments prop­ices. Il en est de même pour la danse : qu’un rythme col­lec­tif se dégage, ponc­tué de moments d’émotion forte. Enfin, que les inter­prètes, musicien.nes, technicien.nes soient à la hau­teur du pro­jet. Donc quand ça marche, ça relève vrai­ment du miracle.

Quels sont vos projets ?
J’ai écrit les paroles et vais chanter la par­tie solo dans un pro­jet qui me tient très à cœur : D’un rivage à l’autre, une pièce en cinq mou­ve­ments autour du cli­mat pour une chorale de cent chanteurs.ses, com­posée par le pianiste et com­pos­i­teur Andy Emler. En par­al­lèle, je crée un spec­ta­cle musi­cale solo, Qu’y a t’il dans ton sac à main ?, qui sera joué, chan­té et dan­sé avec un loop­er, un syn­thé­tiseur et des sam­ples mélangés de textes de philosophes et soci­o­logues. Sor­tie de rési­dence l’été dernier et bien­tôt sor­tie en vrai ! Enfin, je pour­rais citer There She Is, une comédie musi­cale que j’ai écrite et com­posée à New York en 2019 autour de la ques­tion: Que se passe-t-il après « ils se mar­ièrent et eurent beau­coup d’en­fants » ? Elle est encore au four, mais je serai ravie de vous la présen­ter dès qu’elle sera prête.

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