Exposition : Comédies musicales, les costumes font leur show !

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Ouvert depuis 2006, le Cen­tre Nation­al du Cos­tume de Scène accueille main­tenant env­i­ron 10 000 cos­tumes (con­sti­tués de 25 000 pièces en tout) et réside dans une anci­enne caserne mil­i­taire puis de gen­darmerie.
Out­re le devoir de con­ser­va­tion et de restau­ra­tion des dons qu’il reçoit (de l’Opéra de Paris à la plus petite com­pag­nie de théâtre, cirque ou danse en pas­sant par la Comédie Française), il est recon­nu Musée de France depuis 2009 et organ­ise des expo­si­tions tem­po­raires ou per­ma­nentes. Une pièce de la caserne est notam­ment dédiée au grand danseur étoile et choré­graphe Rudolf Noureev. On y retrou­ve ses cos­tumes (col­lec­tion renou­velée deux fois par an en rai­son de leur fragilité) mais aus­si des repro­duc­tions de son apparte­ment parisien.

Depuis le 1er décem­bre 2018, le CNCS accueille la toute pre­mière expo­si­tion sur les cos­tumes de comédies musi­cales du Cen­tre, une envie de la direc­trice du lieu, Del­phine Pinasa (his­to­ri­enne de l’art et spé­cial­iste des cos­tumes de scène), aidée avec brio par Patrick Niedo, con­cep­teur du cat­a­logue de l’ex­po­si­tion et directeur artis­tique de celle-ci, con­férenci­er en comédie musi­cale, accom­pa­g­né par les deux scéno­graphes Philip­pine Ordi­naire et Olivi­er Coquet. Hasard du cal­en­dri­er, Jean-Luc Choplin, actuel directeur du Théâtre Marigny, ancien directeur du Théâtre du Châtelet et incon­di­tion­nel de la comédie musi­cale, en par­ti­c­uli­er de Stephen Sond­heim, vient d’être nom­mé Prési­dent du con­seil d’ad­min­is­tra­tion du lieu.
Il nous con­fiera d’ailleurs qu’il n’est pas inter­venu dans la pré­pa­ra­tion de celle-ci, si ce n’est par le biais du prêt des cos­tumes de ses pro­duc­tions au Théâtre du Châtelet.

Nous ne sauri­ons que trop vous con­seiller de vous ren­dre d’i­ci fin avril 2019 au CNCS à Moulins.
Le lieu se trou­ve à seule­ment 2h30 de train de Paris et il est facile­ment acces­si­ble depuis la gare. Il saura répon­dre à toutes vos attentes en vous pro­posant 13 salles entières de cos­tumes de scènes présen­tés dans une scéno­gra­phie orig­i­nale et décalée.

En effet, le choix des deux scéno­graphes est de vous faire évoluer par­mi les cos­tumes comme si vous faisiez par­tie du départe­ment cos­tumes d’un spec­ta­cle. On suit donc le chem­ine­ment logique de celui-ci depuis son débal­lage, en pas­sant par son arrivée dans les caiss­es de trans­ports, son rafis­to­lage en ate­lier cou­ture, sa mise en place en loges, puis sa scène finale, dans les couliss­es du célèbre 42nd Street juste avant que le rideau ne se lève…

Com­men­tant la vis­ite, Patrick Niedo remer­cie le tra­vail mag­ique des scéno­graphes qui ont réus­si à sub­limer ces cos­tumes. Il nous racon­te l’aven­ture extra­or­di­naire qu’il a vécue, en par­courant New York et Lon­dres à la recherche de cos­tumes mythiques, d’où il est revenu avec ceux de A Cho­rus Line, depuis les archives de Shu­bert Com­pa­ny (qui pos­sè­dent pas moins de 17 théâtres autour de Times Square). Mais aus­si la Round­abount The­ater Com­pa­ny qui a prêté les cos­tumes de Cats, Cabaret, Les Mis­érables (cos­tumes de la ver­sion orig­i­nale) ou encore The Phan­tom of the Opera.

Les pro­duc­tions français­es ne sont pas en reste puisque Patrick Niedo a insisté pour avoir quelques cos­tumes de la pro­duc­tion orig­i­nale de Notre-Dame de Paris créés par Fred Sathal, comédie musi­cale qui a relancé aux yeux du grand pub­lic le genre, ou encore ceux de Grease, ver­sion du Théâtre Mogador en 2017–2018 ain­si que neuf pro­duc­tions du Théâtre du Châtelet (dont My Fair Lady, Singing in the Rain, Can­dide…).
N’ou­blions pas les pro­duc­tions de l’Opéra de Toulon qui, depuis quelques années, nous plaisent tant, avec ici Fol­lies et le cos­tume du final très orig­i­nal créé par Frédéric Olivi­er.

Il ne faut pas hésiter, au cours de l’ex­po­si­tion, à se per­dre dans nos rêver­ies et nos sou­venirs en dessous des « cloches » de son instal­lées à côté des écrans pour revivre les moments phares de cer­taines pro­duc­tions. Prof­itez égale­ment des mul­ti­ples pho­to­booth, des cours de cla­que­ttes via un écran et de quelques autres sur­pris­es…

Une men­tion spé­ciale à la salle réu­nis­sant les cos­tumes de Cabaret, les scéno­graphes ayant pris en compte la scéno­gra­phie orig­i­nale de Sam Mendes et lais­sant au pub­lic décou­vrir ceux-ci à la manière du Emcee.

En bref, une telle expo­si­tion réal­isée en si peu de temps (la com­mande a été faite en avril) est un tour de main for­mi­da­ble qui ravi­ra petits et grands. Le cat­a­logue est égale­ment un com­plé­ment à l’ex­po­si­tion, ne pou­vant expos­er tous les cos­tumes ni les cro­quis et dessins en nom­bre que Patrick Niedo a réus­si à obtenir. L’ex­po­si­tion met en valeur les cos­tumes, le méti­er de cos­tu­mi­er mais aus­si tout le tra­vail phénomé­nal qu’il y a en couliss­es, notam­ment par les habilleurs, tout cela sur fond de néons et d’am­poules nues comme à Broad­way.

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