Après Les Swinging Poules, Chansons synchronisées et plus de deux cents représentations à Paris et en tournée, le trio vocal revient avec un troisième opus : Plutôt crever !
Plus fragiles, mais plus libres... elles sont enfin mûres ! S’emparant d’un répertoire allant de Brigitte Fontaine aux Spice Girls, en passant par Jonasz ou le swing américain des années 60, elles nous livrent leurs failles comme leur envie d’en découdre... le tout parfaitement harmonisé ! Alors, les illusions s’effondrent, les genoux lâchent... mais renoncer à vivre ? Plutôt crever !
Notre avis (représentation du 13 septembre 2026) : C'est sûr qu'à partir d'un certain âge on n'a plus exactement le même tonus qu'autrefois et que les amours se conjuguent au passé – il faut dire qu'on n'attire plus vraiment les regards et même que certains soupirants ont déjà passé l'arme à gauche... C'est exposées à cette inévitable déchéance que les Swinging Poules reviennent sur scène, désormais ménopausées et transparentes aux yeux de l'Amour, certes pas encore seniors mais que les années n'ont physiquement pas épargnées. Pourtant, bien déterminées à ne pas baisser les ailes, elles assument ce qu'elles ont acquis avec le temps et la maturité : une vraie liberté de parole et un je-m'en-foutisme affirmé.

Après une entrée de circonstance qui plante l'ambiance, nos facétieux volatiles ne se ménageront jamais et enchaîneront leurs numéros avec un aplomb sans faille et une pétulance communicative. Sur des airs entraînants de comédie musicale, de variété ou de pop (et quelques pépites inclassables) réarrangés ou harmonisés pour plusieurs voix – souvent avec de nouvelles paroles hilarantes qu'elles ont concoctées pour servir leur propos –, nos exubérantes gallinacées chantent leurs déboires et parfois leurs espoirs. Toujours désopilantes, elles dansent avec panache, se chamaillent gentiment, aguichent, dédaignent ou moquent leur pianiste, et ne sont jamais à court de gags ni d'accessoires farfelus – en témoigne une séquence explosive et cocasse que ne renierait pas l'iconique Carmen Miranda. Et lorsque le propos se fait moins léger, l'émotion prend agréablement le dessus, mais jamais pour très longtemps : le rire s'invite aussitôt.

Dans cet art majeur du music-hall qui exige que les paroles et les répliques captent immédiatement l'auditoire, que les voix sachent varier les intentions et que le rythme ne faiblisse jamais, Florence Andrieu, Caroline Montier et Flannan Obé, ainsi que Philippe Brocard (au piano mais pas seulement), sont passés maîtres. Leur expérience dans le domaine, leur indéfectible sens du comique et du tempo, leur évidente connivence sur scène, leurs qualités vocales, musicales et d'écriture font de ce spectacle un irrésistible divertissement, drôle avec ce qu'il faut de profondeur de ton. On s'en doutait : leur talent est inépuisable et leur humour indispensable – les Swinging Poules sont décidément increvables. Longue vie à elles !

























