Moi aussi je suis Barbara

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Studio Hébertot – 78 bis, boulevard des Batignolles, 75017 Paris.
Du 16 décembre 2022 au 2 avril 2023.
Du jeudi au samedi à 21h, dimanche à 15h
Relâches : 24 décembre, 25 décembre et 01 janvier.
Pour en savoir plus et réserver, cliquez ici.

Un poulet aux pruneaux, un couteau de cui­sine, des îles flot­tantes, un revolver… et Bar­bara ! Des vies rêvées pour échap­per aux cauchemars du quo­ti­di­en. Et des chan­sons pour chanter la vie ou ten­ter au moins de la ré-enchanter !
Une pièce drôle et grinçante qui se joue de nos désas­tres intimes.

Notre avis : Quelque dix-sept années après Cather­ine Deneuve, Pierre Notte porte son regard acéré sur Bar­bara, ou tout du moins une jeune femme qui, cette fois-ci, « est Bar­bara ». Pauline Chagne, qui l’interprète, signe avec lui le texte de cette pièce. Tous les ingré­di­ents sont de nou­veau en place, à com­mencer par une famille fon­cière­ment dys­fonc­tion­nelle. Jugez plutôt : la mère qui se saigne aux qua­tre veines et pérore à qui mieux mieux, une fille qui passe son temps à se scar­i­fi­er, un fils qui est par­ti à Bor­deaux – ville hon­nie par sa géni­trice – fana­tique de revolver et une troisième enfant qui, elle, se prend pour l’incarnation de Bar­bara. Le jeu de mas­sacre peut donc débuter, il se déroulera prin­ci­pale­ment dans la cui­sine, où trône l’inévitable table en Formica.

Piochant dans les élé­ments biographiques de la chanteuse, comme des inter­views ou des extraits de l’extraordinaire doc­u­men­taire de Gérard Vergez – qui a servi d’inspiration au film Bar­bara de Math­ieu Amal­ric et dont on peut voir de larges extraits dans le doc­u­men­taire Bar­bara en lib­erté de San­drine Dumarais –, les auteurs lais­sent libre cours à leur fan­taisie. Ils s’inspirent de ce doc­u­men­taire jusqu’à en repro­duire les vête­ments que porte Pauline Chagne, qui « est » dont Bar­bara non sans panache et inter­prète, avec finesse, plusieurs titres, accom­pa­g­née au piano par Clé­ment Walk­er-Viry. Le choix des chan­sons, qui débute par « L’Aigle noir » (dont il sera ques­tion plus tard dans le spec­ta­cle lors d’un dîn­er mémorable), ne pointe pas unique­ment les stan­dards, mais s’en va fureter dans des con­trées plus sub­tiles. L’évocation de la Longue Dame brune n’est jamais gra­tu­it et sert un réc­it tor­turé, que l’humour sauve sou­vent d’un pathos très affir­mé. Pour les ama­teurs, il est tou­jours touchant d’entendre de nou­veau par­ler de cette chanteuse ; les néo­phytes décou­vriront, au hasard des évo­ca­tions, une femme bien éloignée du per­son­nage som­bre, déprimé, qui lui a trop sou­vent col­lé à la peau. Un spec­ta­cle attachant et futé.

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