No, No, Nanette

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Théâtre de l’Athénée–Louis-Jouvet – 4, square de l’Opéra Louis-Jouvet, 75009 Paris.
Du 27 mars au 5 avril 2026.
Renseignements sur le site du théâtre et le site des Frivolités Parisiennes.

No, No, Nanette a cent ans. Dévoilée à Paris le 29 avril 1926 au Théâtre Mogador, la comédie musicale de Vincent Youmans fut pendant de nombreuses décennies l’un des piliers des spectacles musicaux de divertissement des théâtres hexagonaux. Jazzy et séduisante, la partition de ce classique des Roaring Twenties regorge d’irrésistibles mélodies et d’inoubliables tubes – « Tea for Two » ou « Pour être heureux », pour ne citer que ceux-ci.

Les Frivolités Parisiennes réinventent cette création de 1926, et lui insufflent leur fantaisie et leur énergie, sous la houlette d’Emily Wilson et Jos Houben, metteurs en scène inventifs et racés. Nous allons redécouvrir ce musical dans toute sa fraîcheur originale, où fox-trot et charleston colorent un univers délicieusement frivole et léger.

Laissons-nous transporter dans le monde de Nanette : une distributions pétulante s’est emparée de tous les personnages, hauts en couleur, qui nous entraîne vers de divertissantes Années folles. Un monde qui pétille de chansons et de danse !

Notre avis (représentation du mercredi 1er avril 2026) : S’il fallait prouver que l’opérette à toujours sa place sur les scènes françaises, Les Frivolités Parisiennes nous le démontrent régulièrement (Le Petit Faust, Gosse de riche...) et leur dernière production est une réussite totale.

Cette comédie musicale – adaptation d’une pièce de théâtre d’Emil Nyitray et Frank Mandel de 1919 (My Lady Friends) – a connu un grand succès dès sa création en 1924 à Chicago. Une nouvelle version à Broadway a relancé l’engouement pour cette œuvre joyeuse, une « farce extravagante et kitch qui célèbre la vie ». Créée en France en 1926, cette opérette n’avait pas été jouée à Paris depuis une reprise en 1965 au Théâtre Mogador.

Christophe Mirambeau signe une nouvelle adaptation, aux dialogues plus modernes, pour raconter les aventures de trois couples qui se retrouvent dans un cottage à Atlantic City, où chantages, mensonges et petits arrangements seront au programme avec, au milieu de toutes ces aventures, une jeune héritière new-yorkaise, Nanette, qui va profiter de l’agitation générale pour s’émanciper alors qu’on lui refuse les sorties et les activités de son âge. Dès l’ouverture, nous sommes emportés dans le tourbillon de la musique de Vincent Youmans interprétée avec éclat par l’orchestre des Frivolités Parisiennes sous la direction de Benjamin Pras. Tout au long du spectacle, le jazz et le swing des mélodies donneront à cette opérette le rythme et l’énergie caractéristiques des Années folles.

Dans un décor d'Oria Puppo aux panneaux coulissants qui délimitent les différents espaces, les personnages apparaissent et disparaissent, créant ainsi une fluidité entre les séquences qui participe au dynamisme de la mise en scène signée Emily Wilson et Jos Houben. Ils ont à leur service une distribution de haut vol ! Marion Préïté campe une pétillante Nanette qui se rebelle et affirme sa volonté de mener la vie qu’elle souhaite loin de la volonté de ses parents adoptifs Jimmy et Sue Smith (Arnaud Masclet et Caroline Roëlands – qui signe aussi les formidables chorégraphies). Elle sera soutenue par Pauline, la « bonne-ronchon », délicieusement interprétée par Marie-Elisabeth Cornet. Lauren Van Kempen et Ronan Debois forment le couple des Early, amis des Smith. Véronique Hatat, Maeva Simonnet et June Van Der Esch sont les « protégées » de Jimmy Smith – leur trio est irrésistible. Loaï Rahman complète la distribution en campant Tom Trainor, le très séduisant soupirant de Nanette.
Mais il faut citer également tous les membres de l’ensemble (Enora Veignant, Ludivine Bigéni, Adrian Conquet, Joris Conquet, Xavier Ducrocq, Gregory Garell et Maxime Pannetrat) qui accompagnent admirablement les protagonistes de l’histoire.

Cette production est un bonheur de chaque instant et on sort le cœur joyeux en fredonnant « Tea for Two » ou « Pour être heureux », les deux tubes parmi les airs entraînants de cette opérette.

No, No, Nanette – Oui, oui à l’opérette !

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