Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde

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Théâtre de la Divine Comédie – 2, rue Saulnier, 75009 Paris.
Du 8 janvier au 29 avril 2024. Les lundis à 19h30.
Renseignements et réservations sur le site du théâtre.

Rose­mary Lovelace, grande prêtresse des romans à l’eau de rose, vous con­vie à une per­for­mance inédite : l’écriture en direct « lii­i­i­ive » de son 548e roman ! Accom­pa­g­née au piano par Thérèse, son inso­lente secré­taire qui va suiv­re tant bien que mal l’inspiration déjan­tée de sa patronne, elle déroule son éter­nelle recette : une jeune fille un peu oie blanche à la recherche de l’homme idéal ! « La Lovelace » en fait voir de toutes les couleurs à son héroïne, à l’image des airs coquins et fan­tai­sistes qui ponctuent le réc­it. Et pour rester « in », elle pro­pose au pub­lic une fin inter­ac­tive. Ne croyez pas les jour­naux à scan­dale qui la bro­car­dent : « La Vieille Rose » en a encore sous le capot !

Notre avis : Quand l’au­teure à suc­cès Rose­mary Lovelace décide de prou­ver aux tabloïds irre­spectueux qu’il ne faudrait pas l’en­ter­rer trop vite, elle le fait savoir haut et fort. Tout en com­posant sous nos yeux l’in­trigue de son énième roman à l’eau de rose, elle ne se ménage pas et se plaît à incar­n­er tous les per­son­nages : l’héroïne can­dide, la sœur délurée, la mère guindée, les pré­ten­dants entre­prenants, le mari infidèle…

L’his­toire nous est racon­tée tan­tôt depuis sa machine à écrire – pass­able­ment entourée de flasques de toutes tailles rem­plies de remon­tants cer­taine­ment spir­itueux – où offi­cie celle qui se pose en rivale inac­ces­si­ble de Bar­bara Cart­land, tan­tôt au devant de la scène par des chan­sons élo­quentes– sou­vent coquines, car il faut bien avouer que tout tourne autour de « ça ». Le ton pince-sans-rire de la nar­ra­tion de Rose­mary Lovelace, quelque peu agacée par les pitreries de sa secré­taire-pianiste, et la tour­nure désopi­lante que pren­nent les aven­tures de cette jeune fille fraîche­ment sor­tie du cou­vent qui ne con­naît rien à « ça » instal­lent fer­me­ment un humour de cabaret qui séduit un pub­lic de con­nais­seurs – même si nous auri­ons par­fois aimé un peu plus de flu­id­ité dans l’en­chaîne­ment des numéros et de sub­til­ité dans le jeu.

Les moments musi­caux sont ron­de­ment menés par l’ex­ubérance de Marie Charlet – alias Rose­mary Lovelace – et la tru­cu­lence d’Anne Cadil­hac qui n’hésite pas à enton­ner, depuis son clavier, une sec­onde voix ou des con­tre-chants. Un spec­ta­cle pétu­lant et bien fichu qui fleure bon le cham­pagne – rosé, évidemment !

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