Smile

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La Nouvelle Ève –25, rue Pierre Fontaine, 75009 Paris.
Du 15 septembre au 23 décembre 2022, du jeudi au samedi à 19h30. Relâche certains jours.
Renseignements et réservations sur le site de La Nouvelle Ève.

Sep­tem­bre 1910. Un bar du nord de Lon­dres. Un jeune homme amoureux est en retard. Une jeune femme s’impatiente. Un bar­man s’apprête à réalis­er son rêve. Et quand le hasard s’en mêle et vous sourit… Il y a des ren­dez-vous qui peu­vent chang­er une vie, d’autres qui peu­vent chang­er l’Histoire…

Dan Menasche, qui s’est notam­ment illus­tré au Théâtre Mogador dans les pro­duc­tions de Stage Enter­tain­ment comme Mam­ma Mia!La Belle et la Bête et récem­ment Le Roi lion, écrit ici sa pre­mière pièce aux côtés de Nico­las Nebot qui l’avait fait jouer dans Jules Verne. Ensem­ble ils ren­dent hom­mage à Char­lie Chap­lin dans un spec­ta­cle entière­ment en noir et blanc, une pre­mière en France.

Notre avis : Don­ner le sourire sem­ble être l’intention prin­ci­pale de cette char­mante pièce, et nous devons avouer que c’est plutôt réus­si. Le con­cept du noir et blanc n’est pas unique­ment acces­soire, il fonc­tionne tout au long de la pièce et, bien que nos yeux s’y habituent vite, il con­tribue sans nul doute à l’atmosphère par­ti­c­ulière dans laque­lle baigne ce réc­it. 

L’histoire est légère mais char­mante, on se prend au jeu. Les comé­di­ens nous pren­nent par la main, leurs rup­tures de rythme dans leur jeu nous font rire bien que nous les sen­tions un peu gênés par la forme imposée – à savoir imiter un film de Chap­lin, dont on sait moins qu’il est aus­si l’au­teur du thème des Temps mod­ernes, plus tard adap­té en chan­son, qui donne son nom au titre du spec­ta­cle. Cette con­trainte les empêche d’interpréter libre­ment ces per­son­nages aux­quels on voudrait davan­tage s’attacher. Il faut dire que l’ambition de don­ner de la voix au muet est auda­cieuse, soulignons donc l’effort de nouveauté.

Par ailleurs, les auteurs utilisent, comme au ciné­ma, des flash­backs qui nous per­me­t­tent de décou­vrir l’action d’un autre point de vue. C’est intel­ligem­ment exé­cuté et cela nous plonge encore plus pro­fondé­ment dans une rêver­ie théâ­trale. Par la suite, cet effet devient le moteur prin­ci­pal du réc­it, mais il s’essouffle mal­heureuse­ment vers la fin. En effet, le spec­ta­teur a déjà été témoin de l’action sous trois angles dif­férents ; la con­clu­sion de l’in­trigue, que nous ne dévoilerons pas, ne sert alors qu’à com­menter les faits. Les dia­logues se met­tent à nous expli­quer, peu sub­tile­ment, ce que toute la salle avait déjà com­pris ou ressen­ti tout au long de la pièce.

Ces quelques remar­ques n’altèrent en rien le fait que, lorsque l’on sort de La Nou­velle Ève, encore un peu embrumé par la magie de la scène, on n’a qu’une envie : retourn­er voir et vivre des his­toires au théâtre… et c’est bien la seule chose qui importe.

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