Almost Famous, the Musical

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Bernard B. Jacobs Theatre, New York.
Première le du 3 novembre 2022. Previews depuis le 3 octobre 2022.
Renseignements sur le site du spectacle.

La comédie musi­cale tra­di­tion­nelle à Broad­way est-elle en voie de dis­pari­tion ? On pour­rait le croire quand on regarde les œuvres qui doivent faire leurs débuts dans le cadre de la nou­velle sai­son. Plus mod­ernes d’esprit et d’expression, elles sem­blent avoir été créées pour plaire aux généra­tions nou­velles, si l’on en croit cinq des comédies musi­cales les plus atten­dues qui toutes man­i­fes­tent des sonorités con­tem­po­raines et, dans cer­tains cas, des fusions his­toriques sur des accents pop nouveaux.

La pre­mière de ces œuvres, Almost Famous, dont la pre­mière aura lieu le 3 novem­bre, est une adap­ta­tion du film de Cameron Crowe sor­ti en 2000, dans laque­lle un aspi­rant jour­nal­iste d’une quin­zaine d’années, William Miller, se joint à la tournée d’un groupe de rock qu’il admire dans le but d’en inter­view­er le leader, le gui­tariste Rus­sell Ham­mond, pour le mag­a­zine Rolling Stone.

Nous sommes au début des années 1970, aux États-Unis. William vit encore sous la coupe de sa mère, laque­lle con­fisque automa­tique­ment tous les dis­ques de rock qu’elle trou­ve dans sa cham­bre. Il se rend au club où le groupe Still­wa­ter doit don­ner un con­cert afin de réalis­er cette inter­view a pri­ori impos­si­ble pour quelqu’un qui n’est pas du méti­er ou n’est pas recon­nu comme tel. Pour les mem­bres du groupe, il est « l’ennemi », mais bien­tôt Rus­sell se prend d’amitié pour cet inno­cent qui dit avoir 18 ans, et l’incorpore aux groupies qui font par­tie inté­grante de la tournée. C’est là que William fait la con­nais­sance de Pen­ny Lane, une fan de la pre­mière heure, anci­enne petite amie de Rus­sell et inspi­ra­trice de cette com­mu­nauté de filles qu’elle a bap­tisée les Band Aids.

Lais­sant der­rière lui le domi­cile famil­ial et renonçant aux exa­m­ens de fin d’année, William se joint à la tournée d’autant que Rus­sell, qui ter­gi­verse à chaque fois et repousse l’in­ter­view au lende­main ou à plus tard, lui promet cette fois-ci de s’y soumettre.

Tan­dis que les jours passent et que la tournée se pour­suit à tra­vers le pays, William trou­ve bien vite une com­pagne idéale, sa pre­mière, en la per­son­ne de Pen­ny Lane, dont il tombe amoureux, mais qui, elle aus­si, fait des promess­es qu’elle ne tien­dra pas. Dans le même temps, il décou­vre les dessous d’une exis­tence rock(ambolesque) quand Still­wa­ter engage un nou­veau man­ag­er pour gér­er ses affaires, lequel décide de louer un avion privé pour se déplac­er d’une étape à une autre, en rem­place­ment de l’autobus que le groupe a pris jusqu’alors.

Lorsque l’avion se trou­ve pris dans un orage élec­trique qui provoque la panique par­mi les mem­bres du groupe de rock et les Band Aids, cer­taines vérités écla­tent, comme par exem­ple le fait que Rus­sell est mar­ié. Lors de l’étape suiv­ante, tout se calme, mais Rus­sell déclare à William qu’il peut écrire ce qu’il voudra sur le groupe puisque Rolling Stone pro­pose de le met­tre en couverture.

William écrit son texte, mais le rédac­teur en chef de Rolling Stone le rejette au motif qu’il est fal­si­fié et qu’il sonne faux. La tournée ter­minée, William ren­tre chez lui et Rus­sell, désireux de renouer avec Pen­ny Lane, la con­tacte pour avoir son adresse ; mais c’est en réal­ité celle de William qu’elle lui donne. Con­fron­té par la mère de William, Rus­sell se soumet finale­ment à cette inter­view tant réclamée et appelle per­son­nelle­ment Rolling Stone pour con­firmer que ce que William a écrit reflète bien ce qu’il lui a dit. Main­tenant recon­nu comme un jour­nal­iste de rock, William peut se con­sacr­er à son nou­veau métier.

Sur le plan pure­ment théâ­tral, la trame nar­ra­tive, adap­tée pour la scène par Cameron Crowe lui-même, suit de près le scé­nario de son film, avec quelques mod­i­fi­ca­tions mineures qui n’entachent pas le déroule­ment de l’histoire. Pour l’illustrer musi­cale­ment, Crowe s’est asso­cié à Tom Kitt, con­nu à Broad­way pour Next to Nor­mal, qui a rem­porté le Tony de la meilleure par­ti­tion musi­cale en 2009, If/Then en 2014, l’orches­tra­tion de Jagged Lit­tle Pill et Fly­ing Over Sun­set la sai­son dernière.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chan­sons orig­i­nales créées pour ce spec­ta­cle, dont cer­taines sont écrites par Crowe et la chanteuse Nan­cy Wil­son, bien qu’ayant des accents pop rock, sont loin d’être mémorables, surtout qu’elles sont jux­ta­posées à des airs clas­siques tels que « Tiny Dancer », « Mid­night Rid­er », « Ram­ble On », ou « High­er Ground ».

En revanche, la dis­tri­b­u­tion, qui ne compte pas moins d’une quar­an­taine d’acteurs et d’ac­tri­ces placés sous la direc­tion de la choré­graphe Sarah O’Gleby et du met­teur en scène Jere­my Her­rin, témoigne d’une vivac­ité qui donne à la pièce son authen­tic­ité et son allant.

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