Terrence McNally s’en est allé

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Les auteurs de livrets sont sou­vent moins con­nus du grand pub­lic que les paroliers et les com­pos­i­teurs. Leur rôle n’en est pas moins fon­da­men­tal. Broad­way vient de per­dre un géant, Ter­rence McNal­ly, des suites de com­pli­ca­tions liées au Covid-19 à l’âge de 81 ans.

Son tra­vail est loin de se réduire à la comédie musi­cale, puisque ce dra­maturge a écrit nom­bre de pièces par­mi lesquelles, pour citer les plus con­nues, fig­urent : Mas­ter Class, con­sacré aux cours don­nés à de jeunes inter­prètes par Maria Callas, pièce qui a fait le tour du monde ; Frankie and John­ny in the Clair de Lune, et Love! Val­our! Com­pas­sion!, qui mar­que son apti­tude à faire avancer la cause LGBT dans les con­sciences. Notons égale­ment que cet activiste fer­vent s’at­ti­ra les foudres de catholiques un rien sour­cilleux avec sa pièce Cor­pus Christi, qui a pour par­tic­u­lar­ité de présen­ter Jésus et les apôtres comme… des gays tex­ans.

Dans le domaine de la comédie musi­cale, si les deux œuvres les plus con­nues pour lesquelles il a écrit le livret sont sans aucun doute Kiss of the Spi­der Woman et Rag­time, il a par­ticipé à d’autres spec­ta­cles comme Here’s Where I Belong, une adap­ta­tion musi­cale coécrite avec Alex Gor­don d’À l’est d’É­den… qui fut un flop reten­tis­sant. The Rink (1984) fut la ten­ta­tive éton­nante d’un musi­cal court explo­rant les rela­tions com­pliquées entre une mère et sa fille, inter­prétées par Chi­ta Rivera (la pre­mière Ani­ta de West Side Sto­ry) et Liza Min­nel­li. Avec la même équipe musi­cale — Kan­der & Ebb et Chi­ta Rivera — qui ne cessera de crois­er sa route, il écrit en 1993 le livret de Kiss of the Spi­der Woman, un musi­cal d’après le roman de Manuel Puig et le film éponyme d’Hec­tor Baben­co… ce qui lui vaut son pre­mier Tony Award. Il en rem­porte un autre en 1997 avec l’adap­ta­tion d’un suc­cès de la lit­téra­ture

améri­caine, Rag­time de E.L. Doc­torow — qui a inspiré égale­ment le film de Milos For­man. Ce sera un tri­om­phe encore plus grand. Par la suite, il adapte le scé­nario de The Full Mon­ty (2000) ; offre à Chi­ta Rivera un écrin idéal pour sa revue auto­bi­ographique, Chi­ta Rivera : The Dancer’s Life, en 2005 ; et col­la­bor­era une ultime fois avec le trio Kan­der & Ebb & Rivera pour The Vis­it, qui fut pro­duit en 2015 à Broad­way. Fam­i­li­er de l’adap­ta­tion de scé­nar­ios, en 2002 il adapte A Man of No Impor­tance (un spec­ta­cle off-Broad­way) et écrit le livret pour Catch Me If You Can en 2011. Anas­ta­sia en 2017 sera son ultime par­tic­i­pa­tion à une comédie musi­cale. Il reçoit en 2019 un Tony Award pour l’ensem­ble de son œuvre.

En plus du théâtre et du musi­cal, il a écrit pour l’opéra, genre qu’il affec­tion­nait depuis que, ado­les­cent, il avait enten­du Maria Callas à la radio. Il a notam­ment col­laboré à plusieurs repris­es avec le com­pos­i­teur Jake Heg­gie, dont il a signé en 2000 le livret de Dead Man Walk­ing, une œuvre déchi­rante qui racon­te les dernières heures d’un con­damné à mort soutenu par une religieuse.

Chita Rivera raconte la création de Kiss of the Spider Woman, onze minutes en anglais avec de nombreux intervenants :


Le Baiser de la femme araignée, dans l’adaptation de Stéphane Laporte :


Un extrait de Dead Man Walking :

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