The Lost Boys

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Palace Theatre – 160 West 47th Street, New York.
Première le 26 avril 2026.
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Une nouvelle comédie musicale pour le moins surprenante par son sujet, The Lost Boys (Les Gamins paumés), vient de s'installer à Broadway. Si elle ne manque pas d’allant, c'est surtout grâce aux prouesses techniques dues à Dane Laffrey pour les décors spectaculaires, Jen Schriever et Michael Adrien pour les éclairages étonnants, Adam Fisher pour les sons percutants, Markus Maurette pour les effets spéciaux, et surtout Gwymeth Larsen et Billy Mulholland pour permettre aux acteurs de voler au-dessus de la scène.

Vous avez bien lu : si le sujet est quelque peu étrange, il est grandement sublimé par le fait que les acteurs s’envolent, virevoltent, disparaissent et reviennent – pour donner à l’action une véracité encore plus tangible. Car il faut bien le dire, The Lost Boys sort de l’ordinaire sur le plan théâtral et par son sujet hors du commun.

LJ Benet, Ali Louis Bourzgui et la troupe © Matthew Murphy

Inspiré du film éponyme réalisé par Joel Schumacher en 1987 sur un scénario de Jeffrey Boam, Janice Fischer et James Jeremias (Génération perdue en VF) et devenu depuis un classique du cinéma d’horreur avant de donner lieu à deux remakes et une série de magazines illustrés, The Lost Boys fait la part belle aux vampires. Et comme on le sait, ces créatures nocturnes se gorgent de sang, volent la nuit et sont toujours à l’affût de personnes susceptibles de les garder en vie pour toujours. Avec un livret écrit par David Hornsby et Chris Hoch qui reste fidèle à son modèle cinématographique, cette comédie musicale devrait rester à l’affiche pendant un certain temps.

LJ Benet, Ali Louis Bourzgui, Brian Flores, Dean Maupin, Sean Grandillo © Matthew Murphy

L'action de The Lost Boys se déroule à Santa Clara, une ville fantôme de Californie, où Lucy Emerson et ses deux fils, Michael et Sam, ont décidé de s’installer après qu’elle a rompu avec son mari, qui vit en Arizona. En peu de temps, Lucy trouve un emploi dans un magasin dont le propriétaire, Max, un célibataire, manifeste rapidement son intérêt pour elle. Entre-temps, Michael a fait la connaissance d’une fille qu’il a rencontrée dans la rue, Star, l’ancienne compagne d’un chef de gang, David ; quant à Sam, il a découvert un magasin où il peut acheter des bandes dessinées et où il a rencontré deux autres gamins de son âge, Edgar et Alan, comme lui passionnés par les exploits des héros des éditions Marvel tels que Superman, Batman et Spider-Man. Ces derniers révèlent à leur nouvel ami qu’ils sont à la poursuite des nombreux vampires qui ont envahi la ville. Il n’en faut pas plus pour que Sam se rallie à leur combat.

Maria Wirries et LJ Benet © Matthew Murphy

C'est alors que David, qui poursuit Michael quand il sort avec Star, lui propose de se joindre à son gang de motocyclistes. Michael se laisse convaincre, et David lui dit qu’il va devoir se soumettre à un rituel de passage, ce que Michael finalement accepte, même si Star lui recommande de ne pas céder. Le rite consiste à boire un verre de sang ; après avoir bu, Michael commence à sentir des changements en lui jusqu’à ce qu’il ait des visions et des réactions contraires à sa personnalité. Une dispute avec Sam lui fait comprendre qu’il est en train de mal tourner, mais Star le rassure en lui disant que tout n’est pas perdu. Fin du premier acte, aussi sombre et morbide qu’un film d’horreur des studios Universal dans les années 1930.

Shoshana Bean © Matthew Murphy

Le second acte met à nouveau en scène Michael, Sam, Edgar, Alan et des héros de bandes dessinées à la poursuite des vampires, dont David, qui cherche par tous les moyens à se débarrasser de Michael après que les membres de son gang ont été réduits à néant. Mais la tonalité, cette fois, est enjolivée par des éclairages lumineux ; les personnages portent des costumes colorés et leurs poitrines musculeuses sont ornées de blasons à l'instar des super-héros, sauf les vampires qui sombrent dangereusement vers l'obscurité, vêtus de larges capes de Dracula, avant d’être éliminés les uns après les autres.

LJ Benet © Matthew Murphy

Quand David confronte à nouveau Michael en pensant le détruire, c’est finalement Sam qui poignarde David. Mais tout n’est pas terminé, car si l’on croyait que David était le chef de file des vampires, on découvre que c’est en fait Max, qui pensait pouvoir épouser Lucy et engendrer ainsi une famille de créatures nocturnes. Là encore, c’est Sam qui vient à la rescousse, cette fois-ci en utilisant une croix pour le faire disparaître à tout jamais. Fin du second acte… ou presque, car avant le baisser de rideau virtuel, les acteurs ajoutent à la pièce un savoureux point d’orgue, que nous vous laissons découvrir.

Ali Louis Bourzgui et Dean Maupin © Matthew Murphy

Tout cela donne au spectacle une atmosphère enlevée qui ne manque pas de séduire les spectateurs. Pourtant, si l’intrigue constitue une bonne raison d’apprécier cette comédie musicale, on ne peut pas en dire autant des chansons écrites par The Rescues, un trio populaire composé de Kyler England, Adrianne AG Gonzalez et Gabriel Mann, pourtant bien connu mais qui semble être passé à côté du défi d'un tel spectacle. Car les chansons doivent en principe consolider ce qui se passe sur scène, et faire avancer l'action, mais ici elles semblent tout au plus plates et peu engageantes, étouffées la plupart du temps par des vocalisations multiples émanant de la troupe qui rendent les paroles incompréhensibles – un problème d’autant plus sérieux que la structure même de la salle amplifie ces chansons par des échos. Les seuls moments qui tiennent bien la route sont les quelques solos qui permettent à Shoshana Bean (Lucy), Maria Wirries (Star) et Ali Louis Bourzgui (David) de se manifester davantage dans leurs rôles.

À leurs côtés, dans les rôles principaux, on trouve LJ Benet (Michael), Benjamin Pajak (Sam), Paul Alexander Nolan (Max), Jennifer Duka (Alan) et Miguel Gil (Edgar), qui se distinguent particulièrement, mais qui sont davantage handicapés par les effets sonores, comme le reste de la distribution.

LJ Benet et Ali Louis Bourzgui © Matthew Murphy

Cela dit, il faut bien reconnaître que The Lost Boys, chorégraphié par Lauren Yalando-Grant et Christopher Cree Grant, et mis en scène par Michael Arden, a de l’allure et ne devrait pas manquer d’attirer des spectateurs de générations très différentes, si l’on se fonde sur la représentation à laquelle nous avons assisté et sur l’engouement que le public a manifesté. Le film avait eu beaucoup de succès. Il n’est pas exclu que ce soit également vrai pour cette pièce.

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