20 ans de REC : les artistes de la 42ème rue du 8 septembre. Tatiana Matre

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Quelle fut votre pre­mière émo­tion, ou votre plus grande émo­tion liée à une comédie musi­cale ?
Je devais avoir 13 ans quand j’ai décou­vert pour la pre­mière fois le film Cabaret. J’avais déjà été fascinée par Gene Kel­ly et Bar­bra Streisand que ma mère m’avait fait con­naître, mais à la vue de cette femme en corset, très maquil­lée, chan­tant « Mein Herr » devant les alle­mands en temps de guerre et dansant de cette manière, qui me parais­sait, désar­tic­ulée, j’ai com­pris que c’était évidem­ment « ça » que je voulais faire ! J’ai décou­vert en même temps Bob Fos­se et je me suis entraînée à refaire ses choré­gra­phies. Je me revois égale­ment devant le miroir de ma cham­bre ou de la salle de bain en train de faire par mimétisme les gestes de Liza Min­nel­li quand elle inter­prète « Cabaret » tout en cares­sant les fil­a­ments de sa robe, c’est inou­bli­able.

Pour vous quels sont les ingré­di­ents pour une comédie musi­cale par­faite ?
Il m’est impens­able d’imaginer une comédie-musi­cale par­faite sans une His­toire à nous couper le souf­fle ou du moins avec une pro­fondeur et un mes­sage impa­ra­ble. Evidem­ment de mag­nifiques musiques tant chan­tées qu’accompagnatrices et LE cast­ing appro­prié en fonc­tion des rôles et de l’histoire (et non des con­nais­sances des inter­prètes).
J’ajouterais à cela, pour le plaisir, ce qui doit couler de source lorsque l’œuvre est bien définie, une scéno­gra­phie belle et majestueuse, une mise en scène irréprochable et intel­li­gente, des cos­tumes en accord avec l’époque et les lumières, des coif­fures ou per­ruques sub­tiles et bien sûr, comme cerise sur le gâteau, quelques choré­gra­phies et cla­que­ttes… Le tout accom­pa­g­né d’une super pro­duc­tion !

Vous faites par­tie de la généra­tion émer­gente, quel sens cela a‑t-il pour vous ?
J’ai tou­jours espoir que notre nou­velle généra­tion apprenne de « l’ancienne » et crée de nou­veaux pro­jets sans les erreurs que l’on a mal­heureuse­ment l’habitude de con­stater. J’aimerais faire par­tie des prochains créa­teurs, apporter de nou­velles his­toires à racon­ter, à chanter, à danser sans repren­dre ce qui a déjà été fait. Je m’y attelle bien entourée, mais c’est beau­coup de tra­vail…

Quel rôle rêvez-vous d’incarner et pourquoi ?
Il me sem­ble très sincère­ment ne pas avoir un rôle que je rêve d’incarner. Je suis juste émer­veil­lée et investie quand j’ai la chance d’en obtenir un. Après je crois que l’on rêve tous d’un rôle dans un grand clas­sique mais je ne me per­me­ts pas d’imaginer que je sois à la hau­teur. J’y tra­vaille seule­ment !

Si vous pou­viez deman­der à un auteur com­pos­i­teur d’écrire un rôle spé­ciale­ment pour vous, quel serait-il ?
Je suis très amusée par les rôles méchants, fourbes ou fous à inter­préter. J’aime l’idée de se salir, de se trav­e­s­tir, de tra­vailler avec dif­fi­culté quelque chose de par­ti­c­uli­er. J’aime le fait d’être quelqu’un d’autre tout en me ser­vant de mes pro­pres réac­tions. Dans l’idée… une Mrs Lovett serait un pur bon­heur !