Sublimer le quotidien. Un grand-père, une mère, un fils, une cousine. Sur la terrasse du foyer, on se raconte des histoires, on dévoile ses pensées, parfois on les dissimule… On échange, tout simplement. Rien de singulier ni de grave, la plupart du temps. On navigue à vue, on prend soin des autres, on oublie parfois de le faire. Les péripéties s’enchaînent, les émotions défilent dans cette aventure qu’est la famille.
Fragments d'une famille ordinaire, un spectacle inspiré du film The Taste of Tea de Katsuhito Ishii.
Notre avis (représentation du 24 septembre 2026) : Fragments d’une famille ordinaire est né de l’amour de la comédienne et metteure en scène Chrystel Rochas pour le cinéma japonais. Elle et Yann Quénnelec (auteur et compositeur) se sont inspirés en particulier du film The Taste of Tea de Katsuhito Ishii pour créer ce spectacle. Dès l’entrée dans la salle, la scénographie et l’esthétique retenues plongent le spectateur dans une atmosphère japonisante avec une maison en bois, sa terrasse, son bassin… La belle mise en musique accentue à plusieurs reprises cette immersion, notamment lors de l’introduction évoquant des génériques de films japonais.
Quatre personnages composent cette famille ordinaire. Ils couvrent trois générations, du grand-père aux petits-enfants. Certains d'entre eux prennent plus de place que d’autres, aussi bien au sein de la cellule familiale qu’au sein de la maison. Plusieurs formes d’excès ou de lubies se manifestent mais elles peuvent révéler certaines blessures plus ou moins enfouies. Les personnages cherchent à exister à part entière et pas uniquement comme membres de sa famille.
Dans des registres complémentaires, Anne-Sophie Galinier, Théo Mermillod, Chrystel Rochas et Ivan Gouillon donnent une belle consistance à leurs personnages. Les tranches de vie présentées les font naviguer finement entre humour, tendresse, douleur… Fragments d’une famille ordinaire, certes, mais attachante.



























