Ménopause (Critique)

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La comédie qui bous­cule les règles

Avec Chris­tine Khand­jian, Dominique Magloire, Mar­i­on Pos­ta et Mar­i­anne Viguès. En alter­nance avec Patri­cia Samuel

Livret d’Alexandra Cis­mon­di et Alex Goude
Mise en scène Alex Goude

Qua­tre femmes se ren­con­trent dans un grand mag­a­sin et se ren­dent compte que mal­gré leurs styles de vie opposés elles ont un point com­mun auquel elles ne peu­vent échap­per…
Une actrice en mal de rôles, une mère de famille nom­breuse, une chef d’entreprise glaçante et une baba un peu trop cool chantent, dansent et racon­tent « leurs effets sec­ondaires » avec humour. Décou­vrez le des­tin incroy­able de ces qua­tre femmes qui se trou­vent, se décou­vrent et s’aperçoivent que le plus grand change­ment de leur vie n’est pas for­cé­ment celui qu’on croit.
Venez partager un moment de plaisir entre femmes, osez amen­er vos maris !

Notre avis : Le pub­lic ova­tionne les qua­tre comédiennes/chanteuses qui n’ont pas ménagé leurs efforts durant toute la représen­ta­tion pour évo­quer les divers tra­cas que ne manque de provo­quer ce pas­sage dans la vie d’une femme. Il faut croire que les auteurs tapent juste, puisque le spec­ta­cle résonne, vraisem­blable­ment, avec les expéri­ences de nom­bres de spec­ta­tri­ces présentes tant leurs accla­ma­tions ou applaud­isse­ments spon­tanés ont reten­ti durant la représen­ta­tion.

Il est évi­dent qu’aborder ce sujet volon­tiers tabou et peu vendeur avait tout de la gageure. En faire une comédie inté­grant des moments chan­tés encore plus. Pour­tant le résul­tat est là et un pub­lic très pop­u­laire appré­cie. Il ne faut toute­fois pas chercher de finesse : ici tout est traité avec out­rance, que ce soient les psy­cholo­gies des per­son­nages ou les témoignages sur les divers effets plus ou moins dévas­ta­teurs de cette « ménopause » dont le quatuor ne parvien­dra qu’en fin de spec­ta­cle à pronon­cer le nom. De là naît le comique, pour peu que l’on appré­cie ce genre boule­vardier qui fait la part belle à la cru­dité du lan­gage et qui surfe sur divers élé­ments, le plus sou­vent axés sur la sex­u­al­ité. Pour la par­tie musi­cale les auteurs ont choisi d’exhumer divers tubes essen­tielle­ment français tout en mod­i­fi­ant les paroles de manière à coller à l’état de telle ou telle phase de la ménopause ressen­tie par l’une des qua­tre femmes présentes. En l’occurrence une hip­pie rigolote sou­vent à côté de la plaque, une cheffe d’entreprise véhé­mente, une mère de famille nom­breuse et une comé­di­enne qui, bien enten­du, refuse son âge. Un quatuor volon­tiers car­i­cat­ur­al servi par des comé­di­ennes qui n’hésitent pas à en rajouter pour faire s’esclaffer la salle. L’intrigue, élé­ment amu­sant, se déroule à divers étages des galeries Lafayette, cha­cun ser­vant de base à une réflex­ion sur un aspect de la ménopause. La literie, la lin­gerie, la ter­rasse… Le mes­sage fémin­iste qui con­trarie les dik­tats de la mode (même si les per­son­nages se retrou­vent par hasard pour… les sol­des, la société de con­som­ma­tion agit bel et bien comme un aimant), donne la parole à des femmes plus toutes jeunes, qui ont de nom­breuses choses à racon­ter à leur con­génère : voilà bien l’élément le plus intéres­sant de cette comédie. S’il per­met de faire avancer ne serait-ce qu’un peu, la cause des femmes, le pari n’aura pas été vain.

Pour réserv­er vos places, ren­dez-vous sur le site du théâtre.