The Greatest Showman (Critique)

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Un film de Michael Gracey
Scé­nario : Bill Con­don & Jen­ny Bicks
Com­pos­i­teurs : John Deb­ney, Benj Pasek & Justin Paul
Avec Hugh Jack­man, Rebec­ca Fer­gu­son, Michelle Williams, Zac Efron, Zen­daya, Paul Sparks…

Résumé : L’histoire de P.T Bar­num, un vision­naire par­ti de rien pour créer un spec­ta­cle devenu un phénomène plané­taire.

Notre avis : A cette même époque, il y a un an sor­tait La La Land suivi du suc­cès que l’on sait. On par­le depuis quelque temps du « retour » du musi­cal sur les grands écrans et la sor­tie aujour­d’hui de The Great­est Show­man, avec Hugh Jack­man dans le rôle-titre, apporte une nou­velle con­tri­bu­tion au genre. Biopic musi­cal de P.T. Bar­num, grand homme de spec­ta­cle dont la vie a déjà inspiré un musi­cal (Bar­num, actuelle­ment à la Choco­late Menier Fac­to­ry), The Great­est Show­man suit la quête de réus­site de ce beau par­leur qui réin­ven­ta le cirque et pop­u­lar­isa les freak shows dans la deux­ième moitié du XIXe siè­cle. De ses déboires à ses vic­toires, ce biopic suit une tra­jec­toire clas­sique (ascen­sion / chute / renais­sance) tout en l’abor­dant par le biais de la comédie musi­cale. Ici, on ne tourne pas autour du pot : c’est une vraie comédie musi­cale et les chan­sons ne pren­nent pas unique­ment place dans le cadre du spec­ta­cle. Le film assume pleine­ment les déc­la­ra­tions d’amour chan­tées, les moments d’é­mo­tion musi­caux, les choré­gra­phies roman­tiques ou dynamiques. Les allergiques au genre passeront cer­taine­ment leur chemin, d’au­tant plus que le film flirte par­fois avec cer­tains écueils. Le traite­ment biographique (et par­ti­c­ulière­ment au début avec l’en­fance de Bar­num) n’évite pas tou­jours la mièvrerie et le sen­ti­men­tal­isme. Enfin, la réal­i­sa­tion par­fois un peu trop… well, show off, notam­ment dans les numéros musi­caux, nous détourne par­fois de l’é­mo­tion.
Cepen­dant, les ama­teurs du genre pour­ront y trou­ver leur plaisir, déjà dans la dis­tri­b­u­tion. Dans le rôle de Bar­num, Hugh Jack­man déploie une fois de plus tout son charme et son bagou et endosse un rôle chan­té et dan­sé par­faite­ment adap­té à sa stature d’enter­tain­er. Dans le rôle du junior, Zac Efron ne déçoit pas non plus et on aurait presque envie de ne retenir que les numéros des deux hommes, d’au­tant plus que leurs pen­dants féminins (incar­nés par Michelle Williams et Zen­daya) sont traités de façon plus super­fi­cielle.
Autres stars de ce film : les chan­sons de Pasek & Paul, le duo tal­en­teux, jeune et déjà mul­ti récom­pen­sé (Oscar, Gold­en Globe, Tony…) à qui l’on doit Dear Evan Hansen à Broad­way ou encore les paroles de La La Land. Assuré­ment, on recon­naît leur pat­te tant musi­cale que thé­ma­tique, avec ces hymnes d’au­to-affir­ma­tion qui tra­versent toute leur œuvre, de « Become » dans Edges à « You Will Be Found » dans Dear Evan Hansen ou même « Unlim­it­ed » pour la cam­pagne Old Navy. Ici, ils sig­nent des tubes pop d’empow­er­ment comme « This Is Me », « From Now On », « Come Alive », célébrant la dif­férence, la diver­sité et l’ac­cep­ta­tion de soi. Traités avec un son pop con­tem­po­rain auquel on ne s’at­tendrait pas for­cé­ment pour une his­toire se déroulant au XIXe siè­cle, ces titres s’ac­cor­dent finale­ment plutôt bien avec la réal­i­sa­tion par­fois clipesque qui les accom­pa­gne.
In fine, si on ne se laisse pas vrai­ment gag­n­er par l’é­mo­tion, on retien­dra néan­moins l’én­ergie in-your-face qui émerge des numéros musi­caux qui devraient vite se retrou­ver sur les playlists « à écouter avant une audi­tion pour me don­ner du courage » de tous les Broad­way fans.