Cats: The Jellicle Ball

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Broadhurst Theatre – 235 West 44th Street, New York.
Première le 7 avril 2026.
Visitez le site officiel en cliquant ici.

Cats, la célèbre comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber de 1981, d’après des poèmes de T.S. Eliot publiés en 1939, a été vue et revue dans le monde entier, souvent avec des réactions positives qui ont confirmé son succès, parfois avec des réactions négatives, comme celles qui ont accueilli la version filmée sortie en 2019.

Au fil des ans, et selon les désirs des metteurs en scène chargés de la monter, la pièce a tout de même connu des changements et des modifications qui n’ont pas toujours été à son profit. J’ai encore en mémoire une version présentée à Paris il y a plusieurs années, à laquelle on avait jugé bon d’ajouter un numéro de claquettes qui non seulement n’avait pas sa place dans le déroulement de l’action mais qui démontrait aussi que parfois les danseuses et danseurs français n’étaient malheureusement pas aussi précis dans leur exécution que celles et ceux de Broadway.

Leiomy dans le rôle de Macavity ©Matthew Murphy et Evan Zimmerman

Voilà donc que Cats vient de faire sa réapparition à New York, dans une nouvelle version revue et imaginée par deux créateurs, Zhailon Levingston et Bill Rauch, qui, tout en respectant le déroulement de l’action et l’intervention des chansons composées par Andrew Lloyd Webber, prend comme décor un club disco où évoluent des interprètes gay, trans et bisexuels. Comme si ce cadre ne suffisait pas, ils ont donné à leur pièce un rythme exubérant et plein d’entrain qui défie le ton donné à l’œuvre originale, si bien que l’on sort du Broadhurst Theatre, où se joue cette comédie musicale, avec un sourire des plus engageants.

La troupe de Cats: The Jellicle Ball ©Matthew Murphy et Evan Zimmerman

Il faut reconnaître que tout cela contribue à faire de Cats: The Jellicle Ball une œuvre à tous les égards enthousiasmante, rehaussée par les décors lumineux de Rachel Hauck, les costumes scintillants de Qween Jean (pas de fausses fourrures de chats ici !), la chorégraphie exubérante d’Omari Wiles et Arturo Lyons, ainsi d’ailleurs que les fulgurances musicales de Trevor Holder qui a remodelé chaque chanson pour leur donner un rythme extravagant qui emprunte largement au style des ballrooms.

André De Shields dans le rôle de Old-Deuteronomy ©Matthew Murphy et Evan Zimmerman

En lieu et place de l’histoire originale mise au point par Andrew Lloyd Webber et Trevor Nunn il y a plus de 45 ans, Catherine Johnson, créatrice du livret, Levingston et Rauch, bien que conservant fidèlement le même sujet et les moments musicaux qui l’illustraient, ont imaginé un concours entre les participant.e.s, qui n’est pas sans évoquer celui de l'Eurovision ou l'émission American Idol, ce qui leur a permis de concevoir des moments de plus en plus explosifs, permettant ainsi aux artistes de remonter la rampe à tout instant dans une compétition qui porte sur les chansons, presque toutes interprétées sur un rythme déchaîné, et des numéros dansés qui débordent d’énergie.

Junior LaBeija dans le rôle de Gus the Theatre Cat et Bryson Battle dans celui de Jellylorum ©Matthew Murphy et Evan Zimmerman

La distribution regroupe des têtes d’affiche connues ainsi que des nouveaux venus, tous bourrés de talent, dont André De Shields (vu récemment encore dans Hadestown, qui lui a valu le Tony du meilleur acteur dans un second rôle l’année de sa création en 2019), dans le rôle de Old Deutéronome ; Junior La Beija, déjà remarqué dans le film documentaire Paris brûle, dans celui de Gus the Theater Cat ; et « Tempress » Chasity Moore sous les traits de Grizabella, dont l’interprétation de « Memory », la chanson-clé de la pièce, est un triomphe. À leurs côtés, Sydney James Harcourt, surprenant dans le rôle de Rum Tum Tugger ; Robert « Silk » Mason (Magic Mister Mefistofeles), Nora Schell (Bustopher Jones), Dudney Joseph (Munkustrap, le Maitre de cérémonie), Dava Huesca (Mungojerrie), Emma Sofia (Kimbleshanks), Bebe Nicole Johnson (Demeter), se détachent particulièrement au sein d’ une troupe où tous brillent dès leur entrée en scène.

Robert Silk Mason dans le rôle de Magical-Mister-Mistoffelees ©Matthew Murphy et Evan Zimmerman pour MurphyMade

Après ses débuts à Broadway en 1982, la version originale de Cats était restée dix-huit ans à l’affiche. Compte tenu de la singularité de cette nouvelle et irrésistible version, on ne peut que supposer qu’elle aura également une longue existence. En attendant, quand on considère les conditions actuelles et le climat dans lequel elle vient de voir le jour, on peut déjà dire que c’est un souffle d’air frais qui vient de naître et qui a de fortes chances de persister pendant longtemps.

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