Disparition de Sinéad O’Connor

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1949

Sinéad O’Con­nor, l’i­nou­bli­able musi­ci­enne irlandaise au tim­bre à la fois intense et frag­ile, égale­ment con­nue pour ses con­vic­tions poli­tiques et ses engage­ments socié­taux, est décédée hier à l’âge de 56 ans.

Si « Noth­ing Com­pares 2 U », paru en 1990, reste le titre emblé­ma­tique de cette artiste atyp­ique aux influ­ences pop rock et folk, on se sou­vient aus­si que, deux années plus tard, sor­tait dans les bacs Am I Not Your Girl?, un album com­posé de repris­es de stan­dards de jazz et de comédie musicale.

Dans le domaine du jazz, on y trou­ve notam­ment « Why Don’t You Do Right? » et « Black Cof­fee », deux titres pour lesquels Peg­gy Lee reste une référence. « Fly Me to the Moon » et « My Heart Belongs to Dad­dy » fer­ont par­tie des bonus de l’al­bum réservés à l’ex­port au Japon.

Côté comédie musi­cale, on peut enten­dre « Bewitched, Both­ered and Bewil­dered » du célèbre duo de com­pos­i­teur et paroli­er Richard Rodgers et Lorenz Hart pour la pièce Pal Joey ; « Secret Love » du film musi­cal Calami­ty Jane qu’avait créé Doris Day en 1953 ; « I Want to Be Loved by You » de la comédie musi­cale Good Boy, immor­tal­isé par Mar­i­lyn Mon­roe dans le film Some Like It Hot. Mais c’est l’i­conique « Don’t Cry for Me Argenti­na » extrait d’Evi­ta d’An­drew Lloyd Web­ber que choisit Sinéad O’Con­nor pour faire la pro­mo­tion de l’album.

En 2009, la nou­velle pub­li­ca­tion de I Do Not Want What I Haven’t Got, son deux­ième album, paru en 1990, est l’oc­ca­sion de décou­vrir une reprise de « You Do Some­thing to Me » de Cole Porter, extrait de Fifty Mil­lion French­men :

En 1994, Sinéad O’Con­nor fait par­tie des artistes invité·e·s par l’har­moni­ciste Lar­ry Adler sur l’al­bum The Glo­ry of Gersh­win – aux côtés de Kate Bush, Sting, Cher, Elvis Costel­lo, Elton John, Peter Gabriel… Elle inter­prète « My Man’s Gone Now », l’air de Ser­e­na extrait de l’opéra Por­gy and Bess. Un doc­u­men­taire la mon­tre au tra­vail sur l’en­reg­istrement de cette chan­son par­ti­c­ulière­ment dif­fi­cile à exécuter :

Si l’a­ma­teur de comédie musi­cale, d’opéra et de jazz a dans l’or­eille d’autres inter­pré­ta­tions plus mar­quantes ou plus défini­tives de ces airs et des stan­dards, on ne peut nier la sincérité de Sinéad O’Con­nor dans ces repris­es. L’é­mo­tion, le trou­ble, la vul­néra­bil­ité, la pas­sion qui s’en ressen­tent res­teront les qual­ités de cette artiste attachante à la per­son­nal­ité unique. Et la rage sourde, la révolte, comme dans la chan­son du film In the Name of the Father :

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