Enooormes (Critique)

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Une comédie musi­cale mise en scène et choré­graphiée par Emanuel Lenor­mand
Avec Cecil­ia Cara — Anaïs Del­va — Mar­i­on Pos­ta
Et en alter­nance : Mag­a­li Bon­fils – Dalia Con­stan­tin – Claire Pérot

Textes et paroles : Alyssa Landry et Emanuel Lenor­mand
Musique : Thier­ry Boulanger
Graphiste Affiche et vidéo : Olivi­er Dusautoir- Cos­tumes : Ben­jamin Lefeb­vre

Résumé : Aidées de 16 chan­sons, elles vont nous con­fi­er leurs angoiss­es , leur impa­tience et leurs joies.« Enooormes » est l’his­toire de trois femmes… pro­fondé­ment dif­férentes mais amies avant tout, elles ont un point en com­mun : elles vont pren­dre du bidon, toutes et en même temps ! Pour l’une, c’est une béné­dic­tion, pour l’autre un dilemme. Quant à la troisième, elle est céli­bataire et elle assure grave! Seront ‑elles prêtes? Le compte à rebours est lancé : Plus que 6 mois… 4 mois… 3 jours… 2 heures… Vivons ces neuf mois en leur com­pag­nie afin de tout savoir.

Notre avis : Des couch­es, des kilos, du stress et des frais­es… la grossesse est une his­toire uni­verselle. Si elle fait angoiss­er et pleur­er, la voilà désor­mais mise en scène, chan­tée et (très bien) jouée sur les planch­es du théâtre Trévise. Le spec­ta­cle s’intitule tout logique­ment énooormes. Pas très sub­til certes, mais pour le moins imagé et bien trou­vé pour cette comédie musi­cale « et péridu­rale » à l’affiche depuis le 4 jan­vi­er. Ou com­ment trois jeunes femmes vont vivre les neuf mois qui les sépar­ent de leur accouche­ment…
« Con­damnées à neuf mois et vingt ans de travaux for­cés » ‑le seul point com­mun de ces trois amies bien dif­férentes- les voilà affrontant ensem­ble cet inéluctable compte à rebours où les envies de mac­arons suc­cè­dent aux cours de lan­gage enfan­tin et l’inévitable choix des prénoms aux entraine­ments des futurs change­ments de couche. Ça ne sent pas la rose, plutôt claire­ment le vécu, avec des répliques drôles, un ensem­ble ryth­mé et un par­fait trio menant cette grossesse tam­bour bat­tant. Très à l’aise, la pieuse Capucine (Cécil­ia Cara), la fash­ion vic­tim Bar­bara (Mar­i­on Pos­ta) et la céli­bataire (Anaïs Del­va) se com­plè­tent par­faite­ment tant dans leur per­son­nal­ité que dans leur jeu… Servies par une écri­t­ure réal­iste qui, sans être car­i­cat­u­rale, sait appuy­er là où il faut pour déclencher les rires, elles en tirent cha­cune le meilleur pour incar­n­er ces femmes enceintes aux envies ou aux réac­tions étranges, que nous avons tous un jour côtoyées. De l’après-midi « thé entre copines » aux crises d’an­goiss­es, les scènes sont plus vraies que nature, avec juste ce qu’il faut d’ex­agéra­tion… quoique! L’ensemble est d’ailleurs si bien écrit et mené, qu’il se serait presque suf­fit à lui-même. Car le texte con­traste par­fois hélas avec cer­taines chan­sons aux paroles faciles et qui n’apportent d’ailleurs pas grand-chose au réc­it. On le regrette d’autant plus que réu­nir ces trois fameuses voix du théâtre musi­cal est un moment rare et que les auteurs ont réus­si à éviter l’écueil d’un spec­ta­cle s’adressant spé­ci­fique­ment au pub­lic féminin. Bien au con­traire, les rires mas­culins ne man­quent pas ! Nerveux, gênés ou fascinés, les hommes n’ont pas fini de ten­ter de percer le mys­tère des femmes enceintes et celles-ci, grenouille de béni­ti­er, addict du jean taille-basse ou fière d’avoir fait un bébé toute seule n’ont pas fini de rire, pleur­er et de s’émerveiller, tout en se trou­vant énooormes évidem­ment !