Funny Girl

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Théâtre Marigny (grande salle) - Carré Marigny - 75008 Paris.
Du 7 novembre 2019 au 5 janvier 2020. PROLONGATION JUSQU'AU 7 MARS 2020.
Du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 15h et à 20h, le dimanche à 16h.
Spectacle en anglais avec surtitres en français.
LE SPECTACLE À NE PAS MANQUER !
Site officiel

« Peo­ple », « Don’t Rain on My Parade », « The Music That Makes Me Dance »… Créés sur scène en 1964 puis à l’écran par Bar­bra Streisand, les tubes de Fun­ny Girl sont nom­breux. Venez décou­vrir pour la pre­mière fois à Paris ce musi­cal légendaire dans une nou­velle pro­duc­tion du théâtre Marigny. Musique, danse, émo­tion… Impos­si­ble de résis­ter à l’histoire à la fois drôle et romanesque de Fan­ny Brice, la star des Ziegfeld Fol­lies !

New York, années 1910. Fan­ny Brice est la star des Ziegfeld Fol­lies. Alors qu’elle attend la sor­tie de prison de son mari Nick Arn­stein, elle se remé­more les étapes de sa car­rière, de l’adolescente ingrate à la star recon­nue. Fan­ny est une ado­les­cente au physique dif­fi­cile qui ne pense qu’à mon­ter sur scène et qui obtient son pre­mier emploi dans un théâtre de vaude­ville. Après des débuts chao­tiques en tant que « cho­rus girl », elle se fait remar­quer comme chanteuse comique et ren­con­tre l’élégant Nick Arn­stein. Ils tombent amoureux dans la grande tra­di­tion roman­tique et se mari­ent. Mais alors que Fan­ny devient une star grâce à Flo­renz Ziegfeld, les affaires de Nick péri­cli­tent et il est arrêté.

C’est avec ce musi­cal et ce film iconiques que Bar­bra Streisand, déjà con­nue par les ama­teurs de Broad­way dans son incar­na­tion de Miss Marmel­stein de I Can Get It for You Whole­sale, tri­om­phe et obtient son pre­mier Oscar en 1969. Après le suc­cès de Peau d’Âne présen­té pour la réou­ver­ture du Théâtre Marigny après cinq années de travaux, puis Guys and Dolls, Jean-Luc Choplin choisit de présen­ter pour la pre­mière fois en France une nou­velle pro­duc­tion de Fun­ny Girl qu’il a con­fiée à Stephen Mear (met­teur en scène de 42nd Street et choré­graphe de Sin­gin’ in the Rain au théâtre du Châtelet, et récem­ment de Guys and Dolls à Marigny).

Notre avis : Fun­ny Girl, dont on ne con­naît éventuelle­ment que l’adaptation au ciné­ma de 1968, se révèle sans aucun doute, dans sa ver­sion orig­inelle de comédie musi­cale (1964), être l’exemple type de l’art total, cette fusion idéale entre théâtre et musique : un livret qui ne s’essouffle jamais, intel­ligem­ment étof­fé pour dessin­er pleine­ment des per­son­nages attachants et des ambiances vraisem­blables, qui se nour­rit de répliques et de dia­logues ryth­més, et qui glisse – l’air de rien – du vaude­ville léger à une intense grav­ité ; des musiques qui swinguent et qui chaloupent, des mélodies séduisantes qui se tein­tent de gai­eté com­mu­nica­tive ou d’émotion prég­nante – et pas seule­ment les tubes qui sont passés à la postérité : toute la par­ti­tion mérite qu’on l’é­coute !

La pro­duc­tion qu’en pro­pose le théâtre Marigny, dont on salue l’audace de pro­gram­mer ce pili­er du réper­toire pour­tant mécon­nu, atteint des som­mets. La mise en scène, d’une flu­id­ité maîtrisée, per­met la suc­ces­sion des tableaux dans un tem­po rapi­de qui colle par­faite­ment à celui voulu par le livret, qui enchaîne l’effervescence du plateau des Ziegfeld Fol­lies, l’atmosphère famil­iale du bar de quarti­er de Mrs. Brice, puis celle, plus chic, d’un hôtel élé­gant, ou encore les ambiances plus intimistes réservées au cou­ple Fan­ny-Nick. Les toi­lettes pim­pantes et les cha­peaux dis­tin­gués des dames, les cos­tumes seyants des messieurs, les tenues affriolantes des show­girls et la scéno­gra­phie à la fois lis­i­ble et sophis­tiquée plon­gent immé­di­ate­ment le spec­ta­teur ravi dans un âge d’or fan­tas­mé de la comédie musi­cale.

Chriti­na Bian­co et la troupe © Julien Ben­hamou

Les choré­gra­phies, réglées au mil­limètre et exé­cutées avec un naturel con­fon­dant, sont un régal de chaque instant ; et l’on pen­sait avoir fait le tour des numéros quand, en sec­onde par­tie, déboule un sen­sa­tion­nel « Rat-Tat-Tat-Tat » emmené par toute la troupe, épous­tou­flante de cla­que­ttes !
Le chef James McK­eon et son orchestre savent faire vibr­er avec pas­sion chaque note de Jule Styne et sou­ti­en­nent avec com­plic­ité le plateau vocal – sonorisé avec soin.

Matthew Jeans et Rachel Stan­ley © Julien Ben­hamou

Tous les artistes sur scène, les petits rôles comme les plus impor­tants, n’appellent que des éloges, tant ils insuf­flent à leurs per­son­nages une réal­ité évi­dente. Ils ont tout : la voix, le physique, le geste, la danse, le sourire ! En amoureux écon­duit qui ne renonce pas, le touchant Matthew Jeans (Eddie Ryan) sus­cite inévitable­ment la sym­pa­thie. Et le quatuor des com­mères juives au verbe tou­jours haut – Rachel Stan­ley (Mrs. Brice) à sa tête –, irré­sistible de tru­cu­lence, déclenche les rires à chaque appari­tion.

Évidem­ment, le suc­cès du spec­ta­cle repose avant tout sur l’interprète du rôle-titre. Christi­na Bian­co, dont l’un de ses spec­ta­cles en solo s’intitule Woman of a Thou­sand Voic­es et qui s’est fait remar­quer pour ses tal­ents d’imitatrice de chanteuses de Broad­way (Bar­bra Streisand entre autres…) se révèle une ahuris­sante bombe d’énergie, tou­jours au ser­vice de son per­son­nage, sans jamais recourir à de l’es­broufe de diva qui ferait son show, et sans jamais chercher à copi­er l’icône qui a créé le rôle. Elle sait égale­ment offrir mille vis­ages : il suf­fit, dès le début du spec­ta­cle, lorsque com­mence le grand flash-back qui con­stitue la trame du réc­it, de la voir pass­er, en quelques sec­on­des seule­ment, de la femme trou­blée au cœur lourd à l’adolescente imper­ti­nente et espiè­gle. Drôle, poignante, déchi­rante, tou­jours ray­on­nante, elle nous emmène, d’une sincérité désar­mante, dans ses joies et dans ses affres de femme regorgeant d’enthousiasme, amoureuse, artiste, qui croque la vie à pleines dents. De sa toute pre­mière réplique par­lée, « Hel­lo, gor­geous », jusqu’à la reprise boulever­sante de « Don’t Rain on My Parade » qui clôt la boucle nar­ra­tive, en pas­sant par « Peo­ple » — sa déc­la­ra­tion d’amour à Nick Arstein, incar­né par le sémil­lant Ash­ley Day —, et ses inter­ro­ga­tions (« Who Are You Now ? »), c’est tout un chemin, toute une expéri­ence de vie qu’elle donne à enten­dre : le tim­bre mutin et la fan­taisie de la jeune fille lais­sent pro­gres­sive­ment place aux accents puis­sants et corsés de la femme adulte et tou­jours autant résolue à suiv­re son instinct, coûte que coûte. Le pub­lic se lève sans atten­dre, unanime, pour la cou­vrir d’applaudissements nour­ris et sonores, et la remerci­er.

© Julien Ben­hamou

On l’aura com­pris : ce spec­ta­cle est celui des super­lat­ifs, une réus­site réjouis­sante de bout en bout et une source inépuis­able de bien-être et de diver­tisse­ment, un élixir d’euphorie. À voir absol­u­ment !

Ren­seigne­ments et réser­va­tion sur le site du théâtre Marigny.

Les pre­mières images de Fun­ny Girl !On vous en par­le beau­coup depuis le 7 novem­bre ! Vous allez main­tenant com­pren­dre pourquoi, soir après soir, la salle se lève et ova­tionne cette troupe incroy­able. Réservez vite vos places. Il n’y en aura pas pour tout le monde !www.theatremarigny.frVidéo de Loic Gay­ot

Pub­liée par Théâtre Marigny sur Lun­di 11 novem­bre 2019