Jack, l’ombre de Whitechapel

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Livret : Guil­laume Bouchède.
Musique : Michel Frantz.
Mise en scène : Samuel Sené.
Assis­tante mise en scène : Elisa Ollier.
Direc­tion musi­cale, arrange­ments & piano : Julien Mouchel.
Avec : Claude Soën (per­cus­sions) & Mari­na N’Guyen (vio­lon­celle).
Créa­tions visuelles : Harold Simon.
Cos­tumes : Zoé Imbert.
Choré­gra­phies : Amélie Fou­bert.
Lumières : Alexan­dre Decain.
Avec : Mar­i­on Cador, Julie Costan­za, Jean-Bap­tiste Darosey, Marie-Eve Fehlbaum, Lola Jubault, Sophie Jung, Thibault Le Bras, Marine Lla­do, Alice Pech, Emil­ia San­tuc­ci & Harold Simon.

Résumé : 1888. Dans les rues de Lon­dres, un mon­stre assas­sine de pau­vres femmes. Ses actes sauvages désta­bilisent toutes les class­es de la société vic­to­ri­enne. Qui est le meur­tri­er ?

Notre avis : Après Hash­tag et Flop, L’Ate­lier Troupe de Musidra­ma, com­posé de jeunes pro­fes­sion­nels du milieu du théâtre musi­cal, s’est attaqué cette année au mythique Jack l’Éventreur. L’his­toire nous plonge dans une ville de Lon­dres som­bre et lugubre, qu’une scéno­gra­phie maligne par­ticipe à installer en jouant sub­tile­ment avec la lumière et les pro­jec­tions. L’époque est mar­quée par les iné­gal­ités sociales et la rup­ture entre les castes de la société. L’his­toire du tueur mythique est racon­tée du point de vue d’une bande de « mal­heureuses », des pros­ti­tués du quarti­er de Whitechapel, rongées par le dés­espoir et aux­quelles on s’at­tache rapi­de­ment. Elles seront tuées tour à tour par Jack et ne sauront plus à qui se fier. 

La par­ti­tion de Michel Frantz, longtemps directeur musi­cal de la Comédie Française, traduit effi­cace­ment l’atmosphère lon­doni­enne de l’époque et l’an­goisse sus­citée par l’af­faire. On salue la présence d’un orchestre com­posé d’un piano, d’un vio­lon­celle et de per­cus­sions. Les instants musi­caux alter­nent entre numéros d’ensem­ble jouis­sifs aux har­monies énergiques et balades met­tant en valeur les voix des très tal­entueux artistes de la troupe. Bien que cer­tains morceaux ressor­tent plus que d’autres, l’ensem­ble est très cohérent. Les choré­gra­phies, min­i­mal­istes, s’ac­cor­dent avec justesse aux dif­férents tableaux. La pièce est servie par un livret auda­cieux de Guil­laume Bouchède, jouant sur les rup­tures, à l’im­age du duo bur­lesque for­mé par l’in­specteur et son fidèle assis­tant Morty, joué par l’ex­cel­lente Julie Costan­za, très crédi­ble en jeune garçon. Ces rup­tures par­ticipent à nour­rir le rythme de la pièce, en s’al­liant à une mise en scène sim­ple et effi­cace. On recom­mande donc ce musi­cal qui même si il n’est pas révo­lu­tion­naire pro­pose une vision nou­velle de cette his­toire mythique et emporte le spec­ta­teur au rythme de ses tableaux var­iés. Une men­tion spé­ciale revient aux jeunes comé­di­ens, forts de tal­ents mul­ti­ples, et ser­vant avec brio cette créa­tion orig­i­nale.

La pièce se joue encore pour deux dates, same­di 3 juin à 15h et dimanche 4 juin à 19h, à la Générale de Mon­treuil.