Les Vilaines

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Théâtre Lepic - 1, avenue Junot - 75018 Paris.
Deux représentations exceptionnelles : les 4 et 25 février 2020.

Le temps d’un show de cabaret, le spec­ta­cle des­sine l’ambiance si par­ti­c­ulière du quo­ti­di­en des show­girls. L’espace scénique passe suc­ces­sive­ment de l’espace intime des loges à celui de la scène du music-hall. Le spec­ta­cle fait alors l’objet d’une mise en abyme. Il s’appuie sur les car­ac­téris­tiques spa­tio-tem­porelles d’un show de cabaret et élar­git l’exposition des artistes jusqu’à l’espace des loges. Le mythe des inac­ces­si­bles show­girls tombe par un trav­el­ling de la scène aux couliss­es.

Notre avis : C’est une véri­ta­ble ova­tion qu’a reçue le char­mant trio des Vilaines au Théâtre Lep­ic, et cela est mérité ! Rien de bien extra­or­di­naire a pri­ori : le spec­ta­cle dévoile l’envers du décor et la vie en coulisse de trois char­mantes chanteuses-danseuses de cabaret. Seule­ment voilà… l’écriture drôle et pro­fonde, leurs car­ac­tères bien trem­pés et la beauté des corps et des mots font que ce show est tout à fait réus­si. Les numéros s’enchaînent, sans se ressem­bler, pour s’inscrire dans une lec­ture, un peu décousue mais très bien assumée, d’instants de vie, où cha­cune à sa manière relate son intim­ité et partage ses déboires amoureux et autres « prob­lèmes de filles », pour le plus grand plaisir du pub­lic qui en rede­mande.

Toutes en plumes et en pail­lettes, elles éblouis­sent les spec­ta­teurs de leurs anec­dotes, de leur com­plic­ité et de leurs voix suaves et jazzy qui char­ment et envoû­tent dès les pre­mières notes. Dans une con­fig­u­ra­tion intimiste, sans micros ni orchestre, l’émotion est bel et bien là : les cœurs sont con­quis et les masques tombent, les per­son­nages se révè­lent alors sous leur plus beau jour, frag­iles et sincères, loin du paraître que le monde du music-hall leur impose. Elsa Bon­tem­pel­li, fille de Guy Bon­tem­pel­li — paroli­er des plus grands de la chan­son française des années soix­ante et soix­ante-dix, Dal­i­da et Aznavour entre autres —, s’appuie sur l’héritage lit­téraire de son père, retran­scrit à mer­veille ses années de meneuse de revue et rav­it, par sa plume et sa mise en scène, le pub­lic, à qui elle offre ain­si un spec­ta­cle haut en couleur, « vilaine­ment » effi­cace et diver­tis­sant.

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