Londres — Bat Out Of Hell The Musical (Critique)

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De Jim Stein­man (musique, paroles et livret)
Avec Andrew Polec, Christi­na Ben­ning­ton, Rob Fowler, Sharon Sex­ton, Aran Macrae, Danielle Steers, Dom Hart­ley-Har­ris, Gio­van­ni Spanó, Patrick Sul­li­van.

Résumé : Dans un futur dystopique, sur un fond de rebel­lion et jeunesse en colère, Frat (un jeune adulte mutant qui ne vieil­lit pas) tombe amoureux de Raven, la fille adorée d’un entre­pre­neur odieux à la tête de la ville. Vont-ils pou­voir s’aimer mal­gré tout ce qui les sépare ?

Notre avis : En arrivant devant le Lon­don Col­i­se­um, théâtre accueil­lant à demeure la com­pag­nie d’opéra nationale anglaise, l’affiche de Bat Out Of Hell est… décon­cer­tante. Le bâti­ment est très cos­su, et surtout con­nu pour avoir à l’affiche des clas­siques comme Casse-Noisette, Aida, ou Le Mariage de Figaro (tous prévus sur la sai­son 2017–2018). Donc for­cé­ment, cette moto en feu au look très “eight­ies” détonne.

Bat Out Of Hell est avant tout un album de Meat Loaf, datant de 1977, et ven­du à plus de 43 mil­lions d’exemplaires dans le monde. Après qua­tre décades pen­dant lesquelles plusieurs pro­jets ont été abor­dés, Jim Stein­man (auteur notam­ment du Bal des Vam­pires) et Meat Loaf ont fini par s’accorder sur le meilleur hom­mage pos­si­ble pour cet album mythique : une adap­ta­tion sur scène. Nous voici donc en 2017, et après quelques semaines de rodage à Man­ches­ter, Bat Out Of Hell a fait sa pre­mière mon­di­ale à Lon­dres en juin dernier. Le spec­ta­cle utilise donc la plu­part des chan­sons de l’album orig­i­nal, mais égale­ment des deux suites sor­ties en 1993 et 2006. Et finale­ment, Bat Out Of Hell pâtit du prin­ci­pal défaut des spec­ta­cles de type “juke-box” : un livret très faible. On sent la peine qu’a eue Stein­man à faire que tout ceci ait un sens.

Dans un futur dystopique, sur un fond de rebel­lion et jeunesse en colère, Frat (un jeune adulte mutant qui ne vieil­lit pas) tombe amoureux de Raven, la fille adorée d’un entre­pre­neur odieux à la tête de la ville. A mi-chemin entre Mad Max et Roméo et Juli­ette, on ne peut pas dire que cela réin­vente le genre. Du coup, l’ac­cent est sur la mise en scène : décor spec­tac­u­laire (encore une fois, surtout pour une salle comme le Col­i­se­um) occu­pant l’espace en trois dimen­sions, pyrotech­nie, usage d’écrans et de caméras en direct, il y a quelques idées plutôt drôles (notam­ment une moto qui tombe dans la fos­se des musi­ciens, qui mon­trent leur mécon­tente­ment) et on ne peut pas nier que le résul­tat est très diver­tis­sant. Si le fil con­duc­teur est qua­si-inex­is­tant, cer­tains tableaux pris un à un sont excel­lents ; quelques chan­sons sont des tubes, et la troupe a une ré-inter­pré­ta­tion très fraîche et mod­erne mal­gré l’ambiance 80’s. Et au final, ils arrivent à échap­per à la com­para­i­son (pour­tant assez présente en tête en début de spec­ta­cle) avec l’ambiance ringarde de We Will Rock You, qui avait tout de même tenu douze ans dans le West End, sans que l’on sache trop com­ment.

Le cast est impec­ca­ble, des deux jeunes pre­miers, aux par­ents, ain­si que les per­son­nages sec­ondaires. Les voix sont solides (il le faut, la par­ti­tion est très rock), les gestes sont pré­cis. La musique est forte, aus­si, ce qui a claire­ment sur­pris cer­tains spec­ta­teurs — les baf­fles sont à plein vol­ume et par moment on se croit plus à un con­cert que dans un théâtre. La choré­gra­phie est par­fois un petit peu répéti­tive, et vu la scéno­gra­phie on en attendait plus, mais l’énergie de la troupe nous fait vite oubli­er cela. En con­clu­sion, Bat Out Of Hell est à part dans le paysage actuel du West End. Sans être une œuvre d’exception, le con­cept est intéres­sant et le tal­ent sur scène est indé­ni­able. A voir, pour les curieux et les fans de rock opéra mais si vous êtes plus Rodgers et Ham­mer­stein que le Rocky Hor­ror Pic­ture Show, passez peut être votre chemin. La dernière à Lon­dres sera le 22 Août prochain, et la troupe ira ensuite s’in­staller à Toron­to pour tout l’Au­tomne. Pour 2018, mys­tère, mais il n’est pas impos­si­ble que la pro­duc­tion itinérante con­tin­ue son chemin et vienne pos­er ses valis­es ailleurs.

Pour plus d’in­for­ma­tion con­cer­nant la pro­duc­tion cana­di­enne, cliquez ici.

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