Mariage(s) (Critique)

0
82

d’après Une demande en mariage et l’Ours d‘ Anton Tchekhov

L’équipe Rozet
Jeu et chant Corinne Mer­ic, Bernard Rozet, Pas­cal Hild
Piano Pas­cal Hild
Lumière et régie générale
Xavier Davoust
Mise en scène et con­cep­tion
Bernard Rozet

Par­lons d’amour ! Par­lons d’amour avec légèreté ! Par­lons d’amour avec drô­lerie et une pointe de grav­ité. Par­lons de ce mys­tère insond­able qui unit deux êtres, deux corps, deux âmes.

Mariage(s) s’articule autour de deux pièces en un acte d’Anton Tchekhov, deux petits bijoux clas­siques dont le bril­lant, la drô­lerie et l’impertinence ne cessent encore aujourd’hui de nous éblouir.

Pour abor­der le “t’aime“, des séquences muettes et bur­lesques vien­dront émailler l’action mais aus­si de drôles de chan­sons d’amour, des réc­its comiques, des fan­tasmes, des his­toires de mariages hautes en couleurs, des his­toires sans lende­main ou pour toute une vie, le tout en musique et en chan­sons…
Alors, oui ! Par­lons d’amour !

« Mon pre­mier c’est désir, mon deux­ième du plaisir, mon troisième c’est souffrir,…c’est pourquoi je te fais ma non demande en mariage. Embrasse-moi, idiot ! Comme un oura­gan qui pas­sait sur moi l’amour a tout emporté. Non, ne me quitte pas, il faut oubli­er tout peut s’oublier, avec le temps va tout s’en va. L’amour c’est du pipeau, c’est bon pour les gogos ! »

Notre avis :

L’E­quipe Rozet est une habituée du théâtre des Mar­ronniers (Cabaret Can­ni­bale, Rideau !…) et l’an­nonce des représen­ta­tions de Mariage(s) augu­rait de bons moments de spec­ta­cle. Mariage(s) présente dif­férentes séquences évo­quant le thème de l’amour en général et du mariage en par­ti­c­uli­er. De l’amour pas­sion à la haine en pas­sant par dif­férentes formes de désil­lu­sions, les hommes et les femmes sont cha­cun leur tour égratignés par l’E­quipe Rozet.

Le spec­ta­cle s’ou­vre sur un mono­logue con­sti­tué de nom­breuses phras­es extraites de chan­sons d’amour. Ce « détourne­ment de paroles » est réus­si et donne le ton : l’amour sera traité avec humour. L’en­chaîne­ment des dif­férentes tranch­es de vies jouées se fait avec flu­id­ité et on ne s’en­nuie pas face à la galerie de per­son­nages présen­tées.

La troupe s’ap­puie entre autres sur deux pièces de Tchekhov, l’Ours (en par­tie) et surtout Une Demande en Mariage. Cette demande effec­tuée avec mal­adresse et qui prend une tour­nure inat­ten­due est un régal. Corinne Méric, Pas­cal Hild et Bernard Rozet sont par­faits dans les rôles de ces per­son­nages exces­sifs. Les chan­sons drôles inter­prétées (avec Pas­cal Hild au piano) con­tribuent égale­ment à faire de Mariage(s) une réus­site. On dira de nou­veau volon­tiers « oui » à la troupe menée par Bernard Rozet !