The Wild Party (Critique)

0
622

Théâtre de Ménilmontant - 15, rue du Retrait, 75020 Paris.
Du 11 au 13 avril 2017 à 20h.

L’action se situe dans l’Amérique des années 20, époque mar­quée par la pro­hi­bi­tion et les roar­ing twen­ties. La pièce racon­te les affres d’un cou­ple mau­dit, incar­né par deux per­son­nages emblé­ma­tiques : Quee­nie, une artiste de cabaret ratée, et Burrs, un clown alcoolique, vio­lent et per­vers. Leur pas­sion destruc­trice les con­duisant inex­orable­ment vers le point de non-retour attein­dra son parox­ysme à l’occasion d’une « fête sauvage » pen­dant laque­lle les deux amants vont ten­ter de sauver leur amour. Dans cette quête dés­espérée, ils crois­eront la route de Kate, amoureuse tran­sie qui ten­tera de con­quérir le cœeur de Burrs, et de Black, l’inconnu en qui Quee­nie plac­era ses espoirs pour échap­per à Burrs. Les rela­tions ambiguës de ce quatuor vont pré­cip­iter le cou­ple vers une issue fatale.

Notre avis : Pour trois soirs seule­ment, les 27 Sav­ille ont présen­té The Wild Par­ty au Théâtre de Ménil­montant, une comédie musi­cale inédite en France, écrite par Andrew Lip­pa. L’intrigue se déroule lors d’une fête organ­isée par Quee­nie et Burrs qui souhait­ent sauver leur cou­ple de l’ennui et de la vio­lence qui se sont instal­lés entre eux. Nous décou­vrons les invités au fur et à mesure, jusqu’à l’ar­rivée de Kate, accom­pa­g­née d’un mys­térieux jeune homme, Mr. Black, qui fera chavir­er Quee­nie et mèn­era le quatuor au naufrage.

The Wild Par­ty est une comédie musi­cale peu con­nue, voire incon­nue, en France et c’est agréable de décou­vrir de nou­velles œuvres.

Dès qu’il pénètre dans la salle, le spec­ta­teur est plongé dans une atmo­sphère sexy. Les lumières sont tamisées et la troupe est déjà présente sur scène et dans la salle, en cos­tumes des années 20 (inspi­ra­tion charleston, nuisettes et désha­bil­lés, cheveux coupés au car­ré ou gom­inés). La présence des musi­ciens sur scène va de pair avec l’ambiance par un clin d’œil aux cabarets de l’époque.

On regret­tera que la com­pag­nie ait décidé de garder les chan­sons en anglais et de traduire unique­ment les par­ties par­lées. Ce choix nuit mal­heureuse­ment à la com­préhen­sion de l’histoire. Qui plus est, l’histoire est très sérieuse et les touch­es d’humour sont surtout présentes dans les chan­sons. Les spec­ta­teurs qui ne sont pas à l’aise avec l’anglais ne com­pren­dront pas for­cé­ment toutes les sub­til­ités de l’œuvre, ce qui est dégrade l’une des forces de la pièce.

Heureuse­ment, la com­pag­nie se rat­trape sur d’autres points, notam­ment les choré­gra­phies qui impres­sion­neront les spec­ta­teurs. C’est vrai­ment l’un des aspects posi­tifs du spectacle.

On saluera égale­ment la qual­ité des chan­sons orig­i­nales dont le style plonge les spec­ta­teurs dans une ambiance Années folles admirable­ment portée par le dynamisme de la troupe.

Mal­gré quelques prob­lèmes d’interprétation et une baisse de rythme ressen­tie au sec­ond acte, l’histoire se laisse suivre.

La comédie musi­cale pro­posée par les 27 Sav­ille reste agréable à décou­vrir. Anglo­phones ou non, l’ambiance est au ren­dez-vous. La com­pag­nie a su mon­tr­er qu’elle n’a pas peur des défis et de se con­fron­ter aux spec­ta­cles musi­caux. Si vous n’avez pas pu assis­ter à The Wild Par­ty, la com­pag­nie nous pro­pose dans le même théâtre How to Suc­ceed in Buiss­ness With­out Real­ly Try­ing le 9, 10 et 11 mai. Les places sont disponibles sur billetreduc.com et sur le site du Théâtre de Ménilmontant.

- Publicité -