20 ans de REC : les artistes de la 42e rue du 8 septembre : Cerise Calixte

0
344

Quelle fut votre pre­mière émo­tion, ou votre plus grande émo­tion liée à une comédie musi­cale ?
Je dirais La Belle et la bête à Mogador. Un soir je joue rôle le rôle de Belle. A un moment, je monte en haut de la tour, là où se trou­ve la rose. A cet instant pré­cis, je me suis ren­due compte en étant qua­si­ment seule sur scène que quelque chose venait de se pro­duire. J’étais là où j’avais rêvé d’être, dans ce con­te que je con­nais­sais par cœur par le biais du dessin ani­mé. Tout en inter­pré­tant le rôle, j’étais rem­plie d’émotion, impres­sion­née, fière de cet accom­plisse­ment : j’y suis, je suis à ma place, ça colle à ce que je veux faire de ma vie.

Pour vous quels sont les ingré­di­ents pour une comédie musi­cale par­faite ?
A mon sens l’élément essen­tiel pour qu’une comédie musi­cale soit réussie, c’est la pré­ci­sion. Pré­ci­sion que l’on doit trou­ver à tous les niveaux, tant artis­tiques que tech­niques. Un change­ment de décor mal réglé peut faire sor­tir le spec­ta­teur du spec­ta­cle, tout doit être au mil­limètre. Et j’aime lorsqu’un thème de chan­son revient plusieurs fois. Cette par­tie musi­cale per­met de s’attacher aux chan­sons. Ensuite, j’aurais ten­dance à dire que, comme dans toute œuvre, il faut mélanger divers ingré­di­ents comme l’humour, l’émotion, le sus­pens, mais tou­jours avec… pré­ci­sion.

Vous faites par­tie de la généra­tion émer­gente, quel sens cela a‑t-il pour vous ?
C’est très fort. Quand j’ai com­mencé, j’ai eu cette chance d’avoir immé­di­ate­ment des rôles chou­ettes comme celui dans Foot­lose. Ce fut une expéri­ence géniale, mais je débar­quais. Aujourd’hui, je prends du recul et mesure tout le chemin par­cou­ru. Je me sou­viens des artistes que je regar­dais avec grands yeux, qui m’ont impres­sion­née et inspirée. Et voilà ça y est, j’ai mené mon petit bout de chemin et suis fière de toutes mes expéri­ences.

Quel rôle rêvez-vous d’incarner et pourquoi ?
Sans aucune hési­ta­tion Ephal­ba dans Wicked, ne serait-ce que pour mon­ter sur le bal­ai à la fin du 1er acte ! Je dois avouer que ce spec­ta­cle, que j’ai vu 4 ou 5 fois aus­si bien à Lon­dres qu’à New York représente un gros moment d’émotion en tant que spec­ta­trice. Je peux dire que ce spec­ta­cle est à l’origine de la force de ma voca­tion : un jour je veux faire ça. Délivr­er ces émo­tions puis­santes au pub­lic, notam­ment grâce à la musique, m’enthousiasme, c’est pour cela que je fais ce méti­er. C’est vrai­ment ma comédie musi­cale préférée. Main­tenant j’incarnerais volon­tiers Jas­mine dans Aladdin. Cela cor­re­spond davan­tage à un rêve de petite fille, comme pour le rôle de Belle. En out­re sa chan­son est très jolie.

Si vous pou­viez deman­der à un auteur com­pos­i­teur d’écrire un rôle spé­ciale­ment pour vous, quel serait-il ?
(rires) Je pense avoir beau­coup de chance car cela s’est déjà un peu pro­duit avec le rôle de Vaiana, le dessin ani­mé de Dis­ney, à qui je prête ma voix. Je con­sid­ère que, dans une car­rière de comédie musi­cale, un moment nous appar­tient : ce fut celui là, même si ce fut avant tout du dou­blage. Mais si on pou­vait m’écrire cette comédie musi­cale rien que pour moi, ce serait mer­veilleux !