Bond symphonique

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Le Grand Rex – 1, boulevard Poissonnière, 75002 Paris.
Les 15 et 16 mars 2024.
Renseignements et réservations sur le site du Grand Rex et sur la page Facebook du spectacle. Billetterie : 01 42 64 49 40.

Bond sym­phonique est le pre­mier con­cert sym­phonique d’après les thèmes musi­caux et les chan­sons des films de James Bond, inter­prétés par 50 musi­ciens de l’Orchestre Colonne et Musidra­ma et deux chanteurs.

Lors du con­cert Bond sym­phonique, vous retrou­verez les thèmes les plus con­nus, dont le fameux « James Bond Theme », musique instru­men­tale qui appa­rait dans l’in­tro­duc­tion de tous les films. Mais aus­si les titres dont la seule évo­ca­tion vous fait tout de suite fre­donner l’air : « Goldfin­ger », « Dia­monds Are For­ev­er », « Gold­en­Eye », « Sky­fall », « Live and Let Die », « Die Anoth­er Day », « The Liv­ing Day­lights », « A View to a Kill », « You Only Live Twice », « Nobody Does It Better »…

Notre avis : Cette année encore, nous ne tarirons pas d’éloges sur Bond sym­phonique. Comme en 2020 et en 2023, ce con­cert-spec­ta­cle réus­sit à la fois à nous diver­tir, à nous cul­tiv­er et à nous en met­tre plein les oreilles. L’en­t­hou­si­asme et l’en­gage­ment de l’Orchestre Colonne insuf­flent une énergie qui fait plan­er le pub­lic tout au long de la soirée. Doryan Ben et Gwen­dal Mari­moutou rivalisent de pop atti­tude dans «The Liv­ing Daylinghts » et « You Know My Name ». Prisca Demarez, magis­trale dans le chant – au point de pou­voir col­or­er son tim­bre un peu à la façon des inter­prètes d’o­rig­ine – dégage un charisme irré­sistible par l’in­ter­pré­ta­tion qu’elle puise dans les paroles – trag­ique dans « Sky­fall », coquine dans « Nobody Does It Bet­ter », ironique dans « Goldfin­ger ». À la baguette et en maître de céré­monie, Samuel Sené dirige inten­sé­ment toutes ces pages sym­phoniques si expres­sives et, par des expli­ca­tions claires et des anec­dotes sou­vent humoris­tiques, nous en fait décou­vrir les orig­ines et les sub­til­ités – donc, en plus d’é­couter de la grande musique, on en apprend les rouages, on repère les inter­ven­tions de tel ou tel instru­ment et on décou­vre des con­nex­ions avec la comédie musi­cale… Nous ne remercierons donc jamais assez toutes les forces vives qui se sont mobil­isées in extrem­is pour assur­er la tenue de ces deux soirées excep­tion­nelles tan­dis que la pro­duc­tion d’o­rig­ine quit­tait le navire. Car le pub­lic debout et en liesse réserve un tri­om­phe mille fois mérité à Bond sym­phonique.

Notre avis (paru lors des représen­ta­tions de févri­er 2023) : Nous étions déjà euphoriques il y a trois ans au même endroit (voir notre avis plus bas dans l’ar­ti­cle 👇) et c’est un nou­veau tri­om­phe. Le mag­nifique orchestre de cinquante musi­ciens jubile vis­i­ble­ment de jouer les sai­sis­santes pages des films du plus célèbre espi­on bri­tan­nique – déjà 61 ans depuis la sor­tie de James Bond con­tre Dr No. Même sans les images, on se prend à revivre inten­sé­ment des pour­suites à ski, des mani­gances spa­tiales ou des épopées sous-marines… et on s’at­tend à voir débar­quer des cin­tres Sean Con­nery, George Lazen­by, Roger Moore ou Daniel Craig – choi­sis­sez celui qui vous plaira.

Prisca Demarez, Samuel Sené, Gwen­dal Mari­moutou ©ReC

Samuel Sené fait bien plus que diriger : il tient le pub­lic en haleine en dis­til­lant anec­dotes savoureuses et secrets de com­po­si­tion, en atti­rant son atten­tion sur tel motif exo­tique ou tel solo d’in­stru­ment, en nous sen­si­bil­isant à l’évo­lu­tion du style musi­cal depuis six décen­nies. C’est un régal d’être éveil­lé à la musique de façon si magistrale.

Et, bien enten­du, on est venu pour les célébris­simes chan­sons des génériques, dont on savoure sans retenue l’in­ter­pré­ta­tion par deux artistes d’ex­cep­tion. Gwen­dal Mari­moutou, qui rem­place Damien Sar­gue vu en 2020, met un peu de temps à vain­cre sa ner­vosité et trou­vera son meilleur dans les pages les plus pop rock, notam­ment dans un « You Know My Name » élec­trisant. Prisca Demarez, peut-être encore plus bluffante qu’il y a trois ans, sou­veraine d’une voix colos­sale, à la fois hiéra­tique et sen­suelle, reprend avec maes­tria les tubes immor­tal­isés par Nan­cy Sina­tra, Shirley Bassey, Car­ly Simon, Tina Turn­er et Adele : « Dia­monds Are For­ev­er », « Goldfin­ger », « Nobody Does It Bet­ter », « Gold­en­Eye » et – on a un gros faible pour – « Sky­fall ». On rêve évidem­ment d’une ver­sion longue avec encore plus de titres – et pourquoi pas une inté­grale des 25 films ?

Prisca Demarez ©ReC

Le con­cert part en tournée dans plusieurs villes de France. Et ren­dez-vous est déjà pris pour l’an prochain : les 14, 15 et 16 mars 2024, Bond sym­phonique sera de retour au Grand Rex. À ne rater sous aucun prétexte.

Notre avis (paru lors des con­certs au Grand Rex en févri­er 2020) : En assis­tant à ces deux soirées excep­tion­nelles, le pub­lic – des bon­dophiles aver­tis mais aus­si des fans de musique de film, des nos­tal­giques du ciné­ma d’es­pi­onnage, des amoureux du con­cert… – ne cachait pas sa gour­man­dise. Celle de venir enten­dre de près et d’en fris­son­ner – magie du spec­ta­cle vivant oblige –,  le fameux thème d’ou­ver­ture et les indé­mod­ables génériques immor­tal­isés par Shirley Bassey, Tina Turn­er, Duran Duran, a‑ha, Paul McCartney…

On pou­vait compter sur Prisca Demarez et Damien Sar­gue pour insuf­fler de nou­veaux et puis­sants accents à ces chan­sons que tout le monde a dans l’or­eille. Lui finit par pren­dre la pleine mesure de sa rock atti­tude en livrant un « You Know My Name » ful­gu­rant. Elle con­voque les icônes aux voix rauques qui l’ont précédée pour se révéler rugis­sante dans « Gold­en­Eye », envoû­tante dans « Dia­monds Are For­ev­er » et absol­u­ment irré­sistible dans « Sky­fall ».

À cette petite dizaine d’in­con­tourn­ables s’en­tremê­lent d’in­tens­es et somptueuses pages orches­trales, moins con­nues, mais qui savent recréer, sans l’aide des images, ces ambiances si typ­iques de l’u­nivers de James Bond. Celles qui nous tien­nent en haleine : les pour­suites à ski, les bal­lets de cap­sules spa­tiales, les com­bats aqua­tiques, cet inquié­tant pétroli­er qui absorbe des bateaux… on s’y croirait ! Mais aus­si le charme et la sen­su­al­ité avec « We Have All the Time in the World », « Licence to Kill », « Mr. Kiss Kiss Bang Bang ».

Surtout que Samuel Sené – grand tri­om­pha­teur de la soirée – se mon­tre impec­ca­ble en maître de céré­monie qui sait charmer son pub­lic. À la tête de cinquante musi­ciens – un orchestre sym­phonique com­plété par une sec­tion ryth­mique – vis­i­ble­ment enjoués, il redonne vie à toute la diver­sité de la fran­chise 007. Pas­sion­nant, un peu à la façon d’un Bern­stein dans les Young Peo­ple’s Con­certs, il explique quelques secrets ingré­di­ents de la com­po­si­tion musi­cale. Pas­sion­né, il prend un plaisir man­i­feste, non sans humour et à tra­vers de tru­cu­lentes anec­dotes, à racon­ter la genèse des morceaux présen­tés et à faire le lien entre les dif­férents com­pos­i­teurs qui ont mis la main à la pâte. John Bar­ry en tête, mais aus­si d’autres venus du monde de la comédie musi­cale, comme Lionel Bart (« From Rus­sia with Love ») et Mar­vin Ham­lisch (« Nobody Does It Bet­ter »), respec­tive­ment con­nus pour Oliv­er! et A Cho­rus Line.

Après les ova­tions nour­ries du pub­lic, le chef con­fie avec mal­ice qu’il a déniché dans l’après-midi la par­ti­tion de la chan­son du prochain opus, No Time to Die, dévoilée seule­ment la veille au monde entier, et, généreuse­ment, il s’in­stalle au piano pour, accom­pa­g­né de deux col­lègues musi­ciens, l’of­frir en bis qua­si impro­visé, met­tant ain­si en transe les spec­ta­teurs. Un événe­ment triomphal.

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