Coquelicot

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Théâtre de la Contrescarpe — 5, rue Blainville, 75005 Paris.
Les 16, 22, 23 et 27 juillet 2022 à 19h, ainsi que les 3 et 10 août à 21h.
Succès prolongation du 16 septembre au 29 décembre 2022.
Renseignements et réservations sur le site du Théâtre de la Contrescarpe.

« Je ne suis pas une rose qu’on coupe pour la laiss­er mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! »

Com­ment rester fidèle à soi-même quand, dès la nais­sance, le monde entier cherche à nous cat­a­loguer ? Com­ment trou­ver sa joie ?

Dans ce one-woman musi­cal, Prisca nous dévoile les couliss­es de sa vie d’artiste et de femme pour nous pos­er ces ques­tions avec humour, folie et poésie.

Après avoir été pre­mier rôle dans Cats, Oliv­er Twist, Avenue Q, la tru­cu­lente Clé­men­tine de Papri­ka nous entraîne dans un tour­bil­lon d’é­mo­tions. Une autodéri­sion irré­sistible qui fait du bien.

Notre avis : Deux ans après son pre­mier one-woman-show musi­cal VRAIe !, c’est dans un con­texte bien par­ti­c­uli­er et priv­ilégié que nous avons pu décou­vrir le Coqueli­cot de Prisca Demarez. Un soir de juil­let, nous nous sommes ren­dus dans la salle de spec­ta­cle de L’Île-d’Yeu afin d’as­sis­ter à ce nou­veau seule en scène. Le pub­lic ami­cal s’y était amassé afin de soutenir la chanteuse et l’on s’y sen­tait presque en famille !

Nous étions ravis de retrou­ver Prisca Demarez sur scène dans un spec­ta­cle qui reprend le for­mat et des sujets sim­i­laires à son pre­mier seule en scène. Après un démar­rage en trombe avec un « Don’t Rain on My Parade » exal­tant, ce sont les lignes « But whether I’m the rose of sheer per­fec­tion, A freck­le on the nose of life’s com­plex­ion » de cette chan­son qui seront util­isées comme le fil rouge du spectacle.

Forte de ses expéri­ences, Prisca a défini­tive­ment choisi son camp : elle est la tache de rousseur sur le teint immac­ulé de la vie, la tache de couleur dans un champ de blé. Elle est coqueli­cot et non la rose. Le coqueli­cot, d’ap­parence frag­ile avec ses jolis pétales de soie, incar­ne pour elle la force : la force d’être différent.e, de ne pas vouloir coller à cette image par­faite que l’on veut nous attribuer depuis qu’on est tout petit. Dans ce spec­ta­cle, elle nous exhorte donc à faire de même, à embrass­er nos dif­férences et ne pas nous per­dre dans une per­son­ne que l’on est pas.

Ce mes­sage est bien sûr illus­tré par de nom­breuses anec­dotes plus que croustil­lantes : de ses petites hontes jusqu’à ses grands rêves, elle nous racon­te tout, et nous livre son chemin pour nous accepter, croire en nos rêves et nous assumer. Nous sommes sûrs que si vous la suiv­ez, son mes­sage réson­nera en vous comme il a pu réson­ner en nous ce soir de juil­let et vous sor­tirez prêts à soulever des mon­tagnes. Le risque en effet serait de rester extérieur à ce dis­cours qui peut quelque­fois vers­er dans un trop plein de bienveillance.

Véri­ta­ble coqueli­cot, droite dans ses bottes et sa jolie robe rouge, Prisca fleu­rit sur scène et demeure impres­sion­nante. Soix­ante-quinze min­utes durant, elle ani­me la salle et fait preuve d’une excel­lente palette de jeu (et d’im­i­ta­tion), tout comme sa tech­nique vocale qui n’é­tait plus à prou­ver. On entend avec plaisir les quelques clins d’œil à sa car­rière dont elle parsème le spec­ta­cle : on la retrou­ve par exem­ple en Sal­ly Bowles le temps d’un « Mein Herr » enflam­mé et d’un « Cabaret » puis­sant. Mais elle explore aus­si d’autres réper­toires comme celui de Dal­i­da ou même de Bar­bara Pravi.

Prisca rafraichît quelques chan­sons iconiques de comédies musi­cales. Elle livre cer­taines lignes comme nous ne les avions jamais enten­dues aupar­a­vant. Elle fait d’ailleurs écouter au pub­lic ce qu’il se con­tente sou­vent d’en­ten­dre, en révélant les secrets des paroles de grands airs du réper­toire. Ces anec­dotes sont sûre­ment déjà con­nues du pub­lic aver­ti, mais la démarche reste très intéres­sante pour les novices.

On a donc décou­vert une Prisca explo­sive, qui se fait plaisir et nous fait beau­coup rire. Bref, c’est un moment de bon­heur partagé, un spec­ta­cle à fleur de peau qui nous rap­pelle qu’il est beau d’être coquelicot !

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