Avignon OFF 2018 — La cigale sans la fourmi (Critique)

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Un spec­ta­cle de Gaé­tan Borg et Stéphane Laporte
Met­teur en scène : Mari­na Pan­gos
Choré­graphe : Julia Ledl
Interprète(s) : Vin­cent Gilliéron, Simon Heulle, Cloé Hor­ry, Camille Nico­las, Angélique Rivoux, Jacques Verzi­er
Habilleuse/Coiffeuse/Maquilleuse : Pauline Legros

Résumé :

Une journée comme  les autres au Roy­aume de Fab­u­lie. Chaque per­son­nage des grandes Fables de La Fontaine inter­prète son rôle avec un sérieux admirable : pour la 23 743e fois, Renard vole le camem­bert de Cor­beau, Lièvre fait le fou pen­dant que la Tortue se traîne lam­en­ta­ble­ment… Soudain, c’est la panique : Four­mi fait irrup­tion et annonce le kid­nap­ping de Cigale par Méchante Femme ! Quel hor­ri­ble des­tin attend la pau­vre Cigale ? Pas d’autres solu­tions pour Renard, Lièvre, Grenouille et Four­mi que de par­tir à sa recherche. Les voilà embar­qués par la force des choses dans une folle épopée qui les entraîn­era en Basse-Moral­ité, au pays des fables oubliées, des per­son­nages loufo­ques… et de la comédie musi­cale ! Une adap­ta­tion mod­erne de grande qual­ité pour décou­vrir ou re décou­vrir l’incroyable richesse de textes de Jean de la Fontaine écrits au 17e siè­cle.

Notre avis : Par­mi le large pan­el des spec­ta­cles jeune pub­lic du Off d’Av­i­gnon, on trou­ve cette année le nou­veau spec­ta­cle de Stéphane Laporte et Gaé­tan Borg après le très réus­si 31 l’an­née dernière. Le par­ti-pris de remet­tre au goût du jour les fables de La Fontaine vise juste, et la salle rit aux éclats des frasques d’un renard séduc­teur, un lièvre hyper­ac­t­if ou encore une tortue un brin mol­las­sonne. Le spec­ta­cle est aus­si bien adap­té aux enfants qu’aux par­ents grâce à une dou­ble lec­ture intel­ligem­ment mesurée mais tou­jours déjan­tée. La pièce passe à cent à l’heure, ryth­mée par des chan­sons aux orches­tra­tions jouis­sives n’ayant rien à envi­er aux spec­ta­cles musi­caux « pour adultes ». Ce voy­age aux pays des fables est porté par de tal­entueux comé­di­ens, qui ne man­quent pas de nous sur­pren­dre tout au long de la pièce de par leur endurance et leurs tal­ents mul­ti­ples. La mise en scène mil­limétrée de Mari­na Pan­gos ne laisse rien au hasard, enchaî­nant choré­gra­phies, chants, change­ments de décors et de cos­tumes dans une cadence effrénée, à l’im­age des deux comé­di­ens mul­ti-rôles pour qui le spec­ta­cle devient une véri­ta­ble course de fond. La cigale sans la four­mi est, plus qu’un autre spec­ta­cle jeune pub­lic, une comédie musi­cale de qual­ité, qui nous rep­longe dans une sit­u­a­tion à laque­lle petits et grands ont tous été con­fron­tés au moins une fois : une fable réc­itée, les genoux trem­blants, devant la classe…