Le Bracelet

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Théâtre des Nouveautés – 24, boulevard Poissonnière, 75009 Paris.
À partir du 14 février 2024.
Du jeudi au samedi à 21h, le samedi à 16h30, le dimanche à 16h00.
Pour plus d'informations, cliquez ici.

Après dix-huit ans de taule, André revient chez lui, un bracelet élec­tron­ique à la cheville. Son retour n’est pas accueil­li avec ent­hou­si­asme, loin de là ! Sa femme ne sup­porte pas sa présence, sa belle-mère est envahissante et sa fille de 20 ans, qu’il n’a pas vue grandir, refuse de l’appeler papa. André a‑t-il mérité ces années d’emprisonnement ? Inno­cent ? Coupable ? Et quel est ce mys­térieux homme à tout faire qui vient de se faire embauch­er juste au moment où André est de retour chez lui ?

Notre avis : Nous pou­vons véri­ta­ble­ment par­ler d’antre du théâtre de boule­vard, quand on recense le nom­bre impres­sion­nant de pièces représen­tées au petit Théâtre des Nou­veautés depuis la fin du XIXe siè­cle. Fey­deau y a vu naître ses pre­miers suc­cès, Yvain d’é­cla­tantes opérettes, puis tous les grands auteurs de la scène du XXe siè­cle tels Roussin, Achard ou bien encore Robert Thomas. C’est aujour­d’hui au tour d’Is­abelle Mer­gault, une habituée des lieux, de nous présen­ter sa nou­velle créa­tion, Le Bracelet. Pour mémoire, citons par­mi les divers­es pièces qu’elle a créées ici : La Rai­son d’Aymé (avec Gérard Jug­not), qui vit le jour en 2018.

Nous pénétrons dans le salon joli­ment décoré (par la tal­entueuse Sté­fanie Jarre) de notre hôtesse, grâce à une amu­sante vidéo sur fond musi­cal d’opérette – inter­prétée par Georges Gué­tary ! La pre­mière scène donne le ton : la mère (Vir­ginie Pradal en grande forme) et sa fille (Isabelle) échangent des pro­pos, au cours d’une joyeuse chamail­lerie, qui lais­sent devin­er que la comédie va bien fonc­tion­ner. L’ar­rivée soudaine du mari taulard (Jean-Luc Reich­mann) va créer un vent de panique et remet­tre en ques­tion la vie calme de cette famille dev­enue matri­ar­cale. Ajou­tons à cela que la fille et petite-fille (Ninon More­au, jeune actrice déjà dotée d’un fort tem­péra­ment), per­suadée que son père est mort, devien­dra mal­gré elle une pré­cieuse alliée.

Rebondisse­ments et coups de théâtre s’en­chaîneront à un rythme d’en­fer, jusqu’à la sur­prise finale –.où bracelet élec­tron­ique et dia­mants dis­parus joueront un rôle cap­i­tal. Le met­teur en scène Serge Posti­go dirige habile­ment ses comé­di­ens. La comédie se révèle bien con­stru­ite, par­faite­ment équili­brée – cha­cun des rôles trou­vant sa juste place dans l’in­trigue. Citons au pas­sage Lionel Laget en ban­dit com­plice, dont les appari­tions amusent.
Jean-Luc Reich­mann, atten­du par son pub­lic, ne le déçoit nulle­ment : il se mon­tre tout à fait crédi­ble et la dernière scène avec Isabelle Mer­gaut s’avère touchante. Vir­ginie Pradal, dont la fan­taisie et le punch sont indé­fectibles, nous ren­voie à toutes ces comé­di­ennes dis­parues (Jacque­line Mail­lan, Maria Pacôme et autres Sophie Des­marets) que nous aimions tant – non sans une cer­taine nostalgie.

Le théâtre de boule­vard con­stitue un genre qu’il con­vient de respecter, quand il est servi avec tal­ent. Salu­ons donc celui d’Isabelle Mer­gault, sans oubli­er Hervé Devold­er qui crée pour l’occasion la musique orig­i­nale, laque­lle con­tribue réelle­ment à notre plaisir ! Ce Bracelet, qui représente une jolie sur­prise, sem­ble bien par­ti pour ne pas quit­ter les boule­vards de sitôt : nous nous en réjouissons !

Le Bracelet, saluts ©Philippe Pocidalo
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