Le Chat du rabbin

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1933

Théâtre de l'Œuvre – 55, rue de Clichy, 75009 Paris.
Du 9 au 25 septembre 2022.
Renseignements et réservations sur le site du théâtre et sur le site des Frivolités Parisiennes.

Inspiré de la bande dess­inée à suc­cès de Joann Sfar, cette créa­tion musi­cale des Friv­o­lités Parisi­ennes réu­nit dix-sept inter­prètes sur des lyrics d’Oldelaf, une musique orig­i­nale de Matthieu Michard, dans une adap­ta­tion et une mise en scène de Pas­cal Neyron.

On y suit la quête amoureuse d’un chat qui fait écho à notre pro­pre ques­tion­nement iden­ti­taire. Joyeux et pro­fond à la fois, ce spec­ta­cle d’apprentissage des­tiné à tous nous per­met d’explorer notre rap­port aux autres.

Notre avis : Adap­té des ban­des dess­inées éponymes, signées Johan Sfar, dont les pre­mières ont été pub­liées voilà vingt ans, ce spec­ta­cle musi­cal court (une heure vingt) reprend les prin­ci­paux per­son­nages et com­pile divers­es actions des pre­miers albums. Un pari fou, assuré­ment. Une fois encore, il est relevé haut la main par les Friv­o­lités Parisi­ennes. L’oreille tout d’abord est char­mée par la for­mi­da­ble par­ti­tion de Math­ieu Michard qui con­voque divers­es références tout en imposant sa pat­te. Ce pianiste/compositeur fait preuve d’une vir­tu­osité sub­tile. Sa par­ti­tion se trou­ve mag­nifiée par les douze musi­ciens sur scène, tou­jours impec­ca­bles de justesse et de finesse.

Le spec­ta­teur en quête d’un spec­ta­cle doté d’une nar­ra­tion forte en sera pour ses frais. Le pro­pos ici est tout autre : l’univers de Sfar est joli­ment resti­tué. Le chat qui a pour par­tic­u­lar­ité de par­ler après avoir cro­qué le per­ro­quet de la mai­son est bien au cen­tre du réc­it, ain­si que ses inter­ro­ga­tions sur la reli­gion juive et cet amour pour Zlabya, la fille du rab­bin qui lui échappe… Si la scéno­gra­phie et la mise en scène ne peu­vent totale­ment être appré­ciées à leur juste valeur tant la scène du Théâtre de l’Œuvre les com­prime par sa petitesse, ce désagré­ment est large­ment com­pen­sé par la dis­tri­b­u­tion, sen­sa­tion­nelle. À com­mencer par Richard Delestre qui campe un chat hâbleur, au verbe haut. Le tout dou­blé d’une dex­térité vocale remar­quable. Neï­ma Naouri séduit facile­ment de sa voix chaude et envelop­pante. Jean-Michel Fournereau incar­ne avec con­vic­tion ce rab­bin un rien dépassé par la sit­u­a­tion et Sinan Bertrand endosse de nom­breux rôles avec dextérité.

Les Friv­o­lités Parisi­ennes, en marge de leur remar­quable tra­vail d’exhumer des œuvres du passé, pos­sè­dent cette même rigueur pour les créa­tions orig­i­nales – on se sou­vient de la belle réus­site des Bains macabres. Mesurons donc notre chance et ren­dez-vous au Théâtre de l’Œuvre pour décou­vrir ce nou­veau spec­ta­cle qui, nous l’espérons, sera promis à un bril­lant avenir.

L’émission « Généra­tions France Musique, le live » pro­pose dans son édi­tion du same­di 10 sep­tem­bre de décou­vrir plusieurs airs du spec­ta­cle. À retrou­ver en cli­quant ici.

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