L’Écume des jours

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de Boris Vian
adap­ta­tion:  Paul Emond
mise en scène: San­drine Molaro et Gilles-Vin­cent Kapps

avec:
Rox­ane Bret
Maxime Boutéraon
Antoine Paulin

Résumé: L’éc­ume des jours, uni­verselle his­toire d’amour, pied de nez magis­tral à tous les immo­bil­ismes de la pen­sée, hom­mage drôle et poignant à nos rêves d’en­fant, à l’imag­i­naire, à la poésie de l’ex­is­tence. Une oeu­vre à la moder­nité inso­lente où musique et lit­téra­ture se ren­con­trent au coeur de Paris !

Notre avis : Que ce soit pour le théâtre ou pour le ciné­ma, adapter L’Ecume des jours de Boris Vian relève du défi. Le roman dépeint un univers absurde et poé­tique et laisse une grande place à l’imaginaire du lecteur qu’il est très dif­fi­cile de retran­scrire. Boris Vian invente des objets que cha­cun voit à sa façon, il fait vivre les décors. Le for­mat théâ­tral ou ciné­matographique donne for­cé­ment une représen­ta­tion définie voire réal­iste de ces inven­tions.
L’intelligence de la mise en scène de San­drine Molaro et Gilles-Vin­cent Kapps est d’avoir gardé cet imag­i­naire intact. Rien n’est mon­tré, tout est sug­géré. Le décor et les cos­tumes sans être totale­ment neu­tres ont juste ce qu’il faut de détails pour créer une atmo­sphère par­ti­c­ulière. Les acces­soires sont qua­si­ment inex­is­tants, tout repose sur l’interprétation des comé­di­ens.
Rox­ane Bret, Maxime Boutéraon et Antoine Paulin sont excel­lents. Ils sont tour à tour nar­ra­teurs et inter­prè­tent à eux trois tous les per­son­nages du roman. Ils don­nent beau­coup d’énergie sur scène, ren­dent le réc­it très vivant et sont très con­va­in­cants dans cha­cun de leurs rôles. Antoine Paulin arrive même à faire à lui seul un dia­logue entre deux per­son­nages d’une grande pré­ci­sion. Les per­son­nages sont très bien dess­inés et le pas­sage de la nar­ra­tion aux dia­logues se fait avec naturel.
Une musique envoutante com­plète le décor. Elle créé un habil­lage sonore dont les par­ties chan­tées sont un véri­ta­ble pro­longe­ment des par­ties par­lées.
L’Ecume des jours est un spec­ta­cle inat­ten­du, drôle et émou­vant qui plonge lit­térale­ment le spec­ta­teur dans le roman, une belle réus­site.