Les Feux de la rampe par les élèves de dernière année de l’ECM

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Quelques jours seulement après la Classe libre du Cours Florent, c'était au tour, les 18 et 19 mai (nous étions à cette dernière), des élèves de troisième – et donc dernière – année de l'École de comédie musicale de Paris (ECM) de se présenter en public. Dans la salle rouge du Lucernaire pleine et chauffée à blanc, les seize artistes en fin de cycle ont enchaîné pendant près de deux heures un quart pas moins de trente-neuf numéros regroupés sous le titre Les Feux de la rampe.

Ces scènes de théâtre et airs issus du répertoire (voir programme détaillé plus bas), auxquels s'ajoutent des séquences chorégraphiées (par plusieurs des élèves eux·elles-mêmes), ont été choisis afin de mettre en valeur les talents individuels (chacun·e a son solo), et les capacités à jouer à plusieurs ou à évoluer en formation de troupe.

Saluons le travail de Stéphanie Gagneux à la conception et à la mise en scène : l'intelligence dans le choix et l'agencement des numéros, permet, sans temps mort et avec beaucoup de fluidité, de passer du joyeux au sérieux, et inversement. Au théâtre de boulevard, aux sketches à l'humour absurde, aux gags et aux paroles désopilantes répondent des moments graves ou tristes, voire des situations malaisantes. Cet équilibre entre drame et comédie, que ne renierait pas renié par Shakespeare – figure omniprésente du spectacle –, s'installe dans une efficace mise en abyme. Chaque pastille est en effet l'occasion d'évoquer une facette de la vie d'artiste, au point que la résonance et la possible confusion entre la réalité et le parcours, bref mais déjà riche, des seize élèves sur scène sont troublantes : l'irrésistible envie de vivre sous les feux de la rampe jusqu'à sa mort ; l'apprentissage, avec son lot d'émulation mais aussi de désillusion et d'enseignants toxiques don't le harcèlement pousse les plus fragiles au suicide ; les auditions, l'envie de réussir, de s'affirmer tel qu'on est vraiment, mais aussi le stress, la compétition, les recruteurs qui se révèlent des prédateurs sexuels ; les répétitions, le plaisir du travail par la recherche parfois laminé par des metteurs en scène autoritaires ou des mentors condescendants ; le statut de star, la reconnaissance puis la déchéance ; la relation à l'entourage...

©Regard en Coulisse

Chacun·e des artistes sur scène déploie, dans des styles différents et affirmés, ses qualités de jeu et d'interprète musical·e, son aisance à danser, sa sensibilité, sa flamme. Le public, riant aux éclats, ému, surpris, intrigué, stimulé, se retrouve du début à la fin captivé par ce spectacle joliment ficelé et rythmé, riche d'énergies multiples. Sur scène également pour les accompagner, le pétillant Simon Froget-Legendre au piano et Luka Conflant à la guitare. Et, en amont des représentations, ils ont pu compter sur Mark Marian (coach vocal), Charline Loiseau, Rachel Immel et Roxane Paradinas (assistantes à la mise en scène), Clémence Lesaicherre (assistante à la mise en scène et à la communication) et Roxane Paradinas (assistante musicale).

Bonne chance à Alice Grenier, Aurélien Frey, Candice Champagne, Hélia Naji, Léon Foisy, Lisa Vos, Manon Lucas, Marlies Ungersböck, Nirina Sievert, Noa Ganansia, Noa Massoutié, Roxane Castaing, Samuel Perraudin, Sasha De Gélis, Tania Vega et Valentine Mallet, en leur souhaitant de s'épanouir sous les feux de la rampe. Et avant qu'ils·elles ne quittent tout à fait l'ECM pour plonger dans le grand bain de la vie professionnelle, vous pourrez les retrouver les 28 et 29 juin au Théâtre des Variétés dans Footloose.

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